LEFÈVRE Pierre, Robert

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 22 janvier 1898 à Paris (XXe arr.) ; ouvrier mécanicien-dentiste ; secrétaire de l’Union départementale CGT de la région parisienne ; secrétaire de la Fédération nationale des Services publics et de Santé.

Apprenti mécanicien-dentiste à douze ans, ouvrier à quinze, Robert Lefèvre adhéra au syndicat des mécaniciens-dentistes de la Seine en mai 1920, à sa sortie du service militaire. Il entra très vite au conseil syndical et se vit confier la fonction de trésorier. En 1923, il en devint secrétaire général, poste qu’il occupa jusqu’à la fin des années soixante-dix.

Fin 1921, Robert Lefèvre avait opté avec son syndicat pour la CGTU mais l’influence grandissante du Parti communiste l’inquiéta et, en 1926, il ramena son syndicat à la CGT. En 1930, Gaston Guiraud le fit entrer au secrétariat de l’Union des syndicats de la région parisienne pour en faire son second. Il entra également à la Commission administrative de la CGT en 1933 (suppléant) et exerça, au titre de la CGT, diverses fonctions : inspecteur départemental de l’enseignement technique, membre du conseil supérieur de l’enseignement technique, administrateur et membre de la commission permanente de l’Office de placement de la Seine, administrateur de la Caisse d’assurances sociales.

En 1937, Robert Lefèvre quitta le secrétariat de l’UD pour accéder à la fonction de secrétaire de la Fédération nationale des Services publics de Santé. Il adhéra au groupe des Amis de Syndicats, journal créé par René Belin pour combattre la progression des communistes dans la CGT.

Mobilisé en 1939, libéré en juillet 1940, il fut chargé de faire fonctionner la Fédération des Services publics et de Santé dans la zone non occupée et s’installa à Lyon. Administrateur des hospices de Lyon, Lefèvre apporta une collaboration active à son ami René Belin ministre du Travail. Il était, en juin 1941, président national des amis du journal Au Travail. Il assista au 1er congrès de cette association à Nîmes en juin 1941 et à deux journées d’études syndicales : en août 1941 et en novembre 1942. En 1943, revenu à Paris, il devint vice-président de la Famille professionnelle de la Santé créée par la Charte du Travail.

Son attitude pendant la guerre lui valut d’être exclu du mouvement syndical à la Libération. Le syndicat des mécaniciens-dentistes de la région parisienne se solidarisa avec son secrétaire général et décida de passer à l’autonomie sous le nom de Fédération nationale indépendante des syndicats des techniciens de laboratoire dentaire et d’assistantes dentaires. Cette fédération fut renforcée en 1947 par la scission de sept syndicats de province. Elle fit preuve d’une importante activité jusque dans les années 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107795, notice LEFÈVRE Pierre, Robert par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 14 novembre 2010, dernière modification le 14 novembre 2010.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. PPo. Ba/1686. — D. Stéphany, Le personnel de la CGT de 1936 à 1939, op. cit.Le Peuple, 23 décembre 1929. — La Révolution prolétarienne, 25 janvier 1936 et 25 octobre 1937. — Le Travailleur parisien, 1930-1936. — État civil de Paris (XXe arr.) : recherches infructueuses. — CGT, Compte rendu des travaux de la commission nationale de reconstitution des organisations syndicales des travailleurs, 1946. — Témoignage écrit de Robert Lefèvre, 1976.

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