MANGEMATIN Adolphe, Constant

Par Yves Le Maner

Né le 10 mai 1892 à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) ; mort le 18 juin 1939 à Harnes (Pas-de-Calais). Militant syndicaliste et communiste (parfois oppositionnel). Maire d’Harnes (Pas-de-Calais).

Dès l’âge de douze ans, Adolphe Mangematin dut travailler à la mine. Sergent pendant la Première Guerre mondiale, titulaire de la Croix de guerre, il affirma avoir refusé la Médaille militaire. Revenu à la vie civile, il se syndiqua et adhéra à la section de Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) du Parti socialiste. Après la guerre, il résida à Harnes.

Syndicaliste et révolutionnaire, Mangematin adhéra aux Comités syndicalistes révolutionnaires puis dès la scission, fonda le syndicat unitaire des mineurs dont il fut le secrétaire. En 1921, il avait été élu délégué mineur suppléant à la fosse 9 des mines de Courrières ; il fut toujours réélu. De 1922 à mi-1924, il fut secrétaire (ou trésorier ?) de l’UD-CGTU du Pas-de-Calais et, début 1928, il aurait été l’un des secrétaires de la Fédération unitaire du Sous-sol.

Militant communiste, assesseur au congrès de Marseille en 1921, il s’éleva par affiches contre l’occupation de la Ruhr en 1923, puis en 1925 contre la guerre du Maroc ; il participa très activement à la préparation de la grève de 24 heures du 12 octobre lancée par le Comité d’action, émanation du Parti communiste et de la CGTU. En 1926, il était membre du comité de rayon de Lens.

Mangematin fut à plusieurs reprises candidat à des élections municipales, cantonales, à Lens-est en 1921, législatives en 1928 dans la 2e circonscription de Béthune. En août 1929, il fut élu conseiller municipal, puis maire d’Harnes (il le demeura jusqu’à sa mort en 1939) mais, pour avoir élargi au second tour sa liste à des socialistes au détriment de membres du parti, il fut violemment pris à partie par Claudius Perrier secrétaire du rayon de Lens et, finalement, radié pour six mois (du 15 septembre 1929 au 15 mars 1930) par le comité de rayon et sa cellule fut réorganisée.

En mai 1930, Mangematin signa le manifeste de l’Opposition unitaire constituée en tendance à l’intérieur de la CGTU. L’année suivante, il fit partie du Comité des 22 organisé en vue de refaire l’unité syndicale. Il subit pendant ces années de violentes attaques, que ce soit dans les Cahiers du bolchevisme en mai 1930 ou dans l’Enchaîné, journal régional du PC.

Mangematin revint finalement au Parti communiste au prix d’une "reconnaissance publique de ses erreurs" et il en demeura membre jusqu’à sa mort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article119835, notice MANGEMATIN Adolphe, Constant par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 avril 2016.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat. F7/13117, 13791. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 177, M 182 et Z 261. — Bibliothèque marxiste de Paris. — J.-M. Lemaire, Mémoire de Maîtrise, op. cit.L’Enchaîné, 1928-1932. — La Tribune des mineurs,1921-1922. — La Vérité, 1930 et 20 mars 1931. — Renseignements fournis par la mairie de Harnes, novembre 1980.

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