PALOMÉRA de (Madame)

Par Sara Teinturier

Directrice d’une école catholique à Cognac (Charente) ; fondatrice du Syndicat des institutrices libres de l’Ouest.

Avec Gonzalve Delsuc, moine capucin de Toulouse (en religion : Gonzalve de Salviac) Madame de Paloméra fonda le Syndicat des institutrices libres de l’Ouest en novembre 1904. En 1905, elle présidait ce syndicat qui n’était pas, à cette date, affilié à l’Union locale des syndicats professionnels de l’Abbaye.

En 1928, directrice de l’école Sainte-Colette, elle présidait toujours ce syndicat.

De huit membres au moment de sa création, le Syndicat en comptait 97 en septembre 1906, 106 en 1908. Le bulletin correspondant (Bulletin du syndicat des institutrices libres de l’Ouest, 1905-1908) parut à partir de juillet-août 1905 et jusqu’en mars 1908 (?), moment où il fusionna avec le Bulletin du Syndicat des instituteurs et institutrices privés du Poitou dont la publication s’arrêta en 1911. Les deux syndicats restaient cependant distincts. Dans un premier temps, le Syndicat de l’Ouest n’apparut pas d’abord comme une organisation professionnelle, mais ce que A. Lanfrey désigna sous le nom de "syndicat-tiers ordre" : les activités relèvaient surtout de retraites et de conseils spirituels, sous la houlette du P. Delsuc.

De manière assez inattendue, le Syndicat de l’Ouest se rapprocha du Syndicat girondin, fondé à peu près au même moment mais dont l’orientation était fort différente : dirigé par des laïcs — non par un clerc comme l’est le P. Delsuc —, ses membres tiennaient à son autonomie par rapport à la hiérarchie ecclésiastique. La nécessité de regrouper et fédérer la multitude des groupements, la proximité géographique, ont sans doute joué dans ce rapprochement.

À titre d’hypothèse compte tenu de la documentation lacunaire : il semblerait que le P. Delsuc n’ait pas été satisfait de la nouvelle orientation du Syndicat de l’Ouest, puisqu’il fonda lors de la retraite qu’il organisa pour ses membres à l’été 1919 une "Association franciscaine des institutrices" (AFI), co-dirigée par Mlle Ménétrier. L’orientation était cette fois très claire puisqu’il s’agissait d’une sorte de congrégation sans la structure canonique afin de déjouer la législation toujours en vigueur. Il semblerait que le P. Delsuc n’ait fondé le Syndicat de l’Ouest en 1903 que pour bénéficier de la structure légale offerte par la loi de 1884, mais non dans l’objectif d’une défense d’intérêts professionnels. Il utilisa le même procédé pour l’AFI en la dotant, en 1927, de la forme juridique de syndicat professionnel (Association professionnelle syndicale des institutrices franciscaines) "pour obtenir la personnalité civile et le droit de posséder".

Le mari de Mme de Paloméra était proche de l’Action libérale populaire de Jacques Piou.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124715, notice PALOMÉRA de (Madame) par Sara Teinturier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 25 octobre 2012.

Par Sara Teinturier

SOURCES : La Ruche syndicale, octobre-décembre 1905, mars 1928. — Bulletin du Syndicat des institutrices de l’Ouest. — Notes de Joceline Chabot. — André Lanfrey, thèse Les catholiques et l’école, 1902-1914 est accessible en ligne : http://theses.univ-lyon2.fr/documents/lyon2/1987/lanfrey_a#p=0&a=top
Elle a été publiée ensuite en 2003 : Sécularisation, séparation et guerre scolaire : les catholiques français et l’école, 1901-1914, Paris, Éd. du Cerf, coll. « Cerf-Histoire », 2003, 638 p. — Archives des Capucins de France (Bibliothèque Franciscaine, Paris). — Vauchez André, "Mouvements franciscains et société française : XIIe-xxe" siècles études présentées à la table ronde du CNRS, 23 octobre 1982, Paris, Beauchesne, coll. « Beauchesne religions », n˚ 14, 1984, 198 p. — Jean-Marie Burno, Le mouvement social franciscain en France à la suite de « Rerum novarum » : 1893-1901, Paris, Éd. franciscaines, 1991, 191 p. — Les Voix franciscaines (Toulouse). — Notes de Sara Teinturier.

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