PAQUEREAUX Marius, Auguste

Par Nadia Ténine-Michel

Né le 18 décembre 1885 à Paris (Xe arr.), mort le 22 septembre 1943 à Juvisy (Seine-et-Oise) des suites d’un attentat ; ouvrier tourneur ; militant socialiste puis communiste ; secrétaire de la Fédération de Seine-et-Oise ; membre du Comité directeur puis membre du Bureau politique du PC ; maire d’Athis-Mons ; exclu du PC en 1930 ; membre du Parti d’unité prolétarienne ; membre du Parti populaire français en 1936 puis du Front révolutionnaire national en 1939.

Fils d’une giletière, Marius Paquereaux fut d’abord conseiller municipal radical-socialiste d’Auvers-sur-Oise (Seine-et-Oise) pendant douze ans. Puis, mobilisé au début de la Première Guerre mondiale comme adjudant au 48e régiment d’artillerie et ensuite affecté spécial aux usines Rateau de La Courneuve où il travaillait depuis 1912, il adhéra en 1918 à la section locale du Parti socialiste et devint secrétaire de Marcel Cachin. Membre de la commission administrative à partir de 1919, il choisit de rallier les rangs du Parti communiste après le congrès de Tours (décembre 1920). Secrétaire de la section d’Auvers-sur-Oise, puis secrétaire à la propagande et secrétaire de la Fédération de Seine-et-Oise où il remplaça René Bureau, il organisa les sections communistes de Pontoise, Enghien-les-Bains, Le Raincy, Montmorency, Neuilly-Plaisance et fonda le groupe de Seine-et-Oise des Pupilles communistes intitulé « l’Églantine ».

Délégué en décembre 1921 au congrès national du PC, à Marseille, Marius Paquereaux fut élu membre suppléant du Comité directeur et en devint titulaire lorsque Louis Bouët démissionna en février 1922. Il fut reconduit dans cette fonction au congrès de Paris en octobre suivant et désigné pour faire partie de la commission des conflits. En octobre 1922, il entra au Bureau politique où il défendit les positions du centre. Délégué au mois de novembre au IVe congrès de l’Internationale communiste à Moscou, adhérent, à son retour, au Comité d’action contre l’impérialisme et la guerre, contre l’occupation de la Ruhr, il assista au début de l’année 1923 à la conférence d’Essen.

Arrêté le 22 janvier 1923 à Méry-sur-Oise pour attentat à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, écroué le lendemain à la prison de la Santé, il fut mis en liberté provisoire le 13 février et bénéficia d’un non-lieu le 13 juin. Marius Paquereaux s’était présenté trois jours avant avec Jean Marty aux élections législatives complémentaires dans le département de la Seine-et-Oise.

Sa carrière politique connut un tournant en 1924. Non réélu membre du Comité directeur au congrès de Lyon, en janvier 1924, il fut remplacé en avril par Alice Brisset au secrétariat de la Fédération de Seine-et-Oise mais fit toutefois partie de sa commission des conflits. En 1925, il présida le comité d’escompte de la Banque ouvrière et paysanne, des coopératives de France, de l’association régionale des coopératives de la région parisienne et entra aux conseils d’administration de La Bellevilloise et de La Famille sise à Fontenay-sous-Bois. Secrétaire depuis mai 1926 de la commission coopérative du PC, chargé de représenter avec André Marty la presse coopérative, puis contrôleur et administrateur de la « Vente populaire », Marius Paquereaux fut élu en 1927 au comité central de l’ARAC à l’issue du congrès de Clichy et siègea à la commission administrative du journal, le Feu.

Élu en janvier 1928 conseiller municipal d’Athis-Mons, il fut désigné comme maire mais il vit son élection annulée en 1929 car il n’était ni électeur ni contribuable dans la commune. Il enleva le siège de conseiller d’arrondissement en octobre 1928 dans le canton de Longjumeau et retrouva son fauteuil de maire après le scrutin de mai 1929. Il collaborait alors à l’Humanité, à la Vie ouvrière et au Coopérateur.

Mais bientôt des désaccords avec le PC survinrent. Exclu le 2 mars 1930 « pour s’être mis en rapport avec des adversaires politiques du PC », Marius Paquereaux rallia alors le Parti d’unité prolétarienne. Obligé de démissionner de ses fonctions de maire en mai 1931, n’ayant plus la majorité au sein du conseil, il fut réélu conseiller municipal mais Besson, communiste, reprit la mairie et la crise se prolongea jusqu’à la dissolution de la municipalité en juillet 1932. Paquereaux reconquit la mairie à la tête d’une assemblée municipale élue sur une liste d’unité prolétarienne mais il perdit en 1934 son siège de conseiller général au profit de Besson. Réélu conseiller municipal en mai 1935, son élection fut annulée pour propagande abusive.

En 1936, il se présenta aux élections législatives de 1936 dans la seconde circonscription de Corbeil comme USR sous le patronage de Déat, Paul-Boncour et Viollette contre le candidat communiste sortant, Midol. Il obtint moins de 7 % des voix. Il était alors devenu inspecteur des Assurances sociales. Marius Paquereaux adhéra alors au Parti populaire français de Jacques Doriot et devint responsable du secteur sud. Il assura la direction de ce parti pendant la mobilisation de Doriot puis en fut chassé, pour visées personnelles, lorsque ce dernier revint le 29 mars 1940. Il rejoignit alors le Front révolutionnaire national et aurait adhéré au RNP en 1942.

Sous-chef de service aux Plats cuisinés et restaurants communautaires, à Paris (101 rue de Richelieu), Marius Paquereaux fut victime d’un attentat le 21 septembre 1943 à proximité de son domicile. Blessé grièvement, il mourut le lendemain à l’hôpital de Juvisy. Quelques jours auparavant, des tracts du Front national désignaient à des représailles des personnalités locales parmi lesquelles il figurait en tant que « renégat des renégats ».

Il s’était marié en 1908 à Auvers-sur-Oise et, père d’une fille, était veuf depuis 1931.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article124821, notice PAQUEREAUX Marius, Auguste par Nadia Ténine-Michel, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 23 septembre 2014.

Par Nadia Ténine-Michel

SOURCES : RGASPI, 495 270 7424, 517 1 846. — Arch. Nat. F7/13118. — Arch. PPo. fiche Batal. — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 16 M 47-48, 4 M 2/71, 92, série M, non classé. — Bulletin communiste, 16 février 1922 et 12 juillet 1923. — Le Travailleur (canton de Longjumeau), 13 octobre 1928. — Arch. André Marty, BX. — J. Humbert-Droz, op. cit..

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