SOCHACZEWSKA Janina (Jeannette dite aussi Yamina) dite parfois GOLDMAN Yamina

Née en 1914 à Lodz (Pologne) ; militante communiste et de la MOI ; résistante à Lyon.

Née en 1914 à Lodz (Pologne) dans une famille juive très pratiquante, bien que ses papiers indiquent 1913 et qu’elle soit parfois présentée comme née en 1914, Yanina Goldman fut, dès l’adolescence arrêtée dans une manifestation communiste et condamnée, en 1928, à un an de prison. À sa sortie, elle adhéra aux Jeunesses communistes, puis partit à Berlin où elle milita au « Rote Front ». Elle arriva en France en 1929 et devint bientôt permanente du Parti communiste, section polonaise.

Elle milita à Saint-Denis (chimie), Boulogne-Billancourt (Renault), puis dans le Nord, le Pas-de-Calais (1932-1933) où elle travailla à l’organisation syndicale des mineurs polonais. Poursuivie par la police, elle fut envoyée à Alès où elle fut arrêtée à la suite d’une réunion publique au Martinet. Relâchée après une manifestation de mineurs, elle s’installa à Saint-Étienne (Loire) jusqu’à une nouvelle arrestation en 1939. Jeannette Sochaczewska fut élue membre du comité de rayon de Saint-Étienne en 1935. Au congrès de rayon du 29 décembre 1935, elle souligna les succès de propagande de la cellule communiste du Puits-Villiers, qui avaient amené, en un an, près de quatre cents mineurs, principalement polonais, au syndicat unitaire. Elle représentait la ville de Saint-Étienne au comité de la région en 1936.

Lorsqu’elle fut menacée d’expulsion en 1938 pour son activité militante à la CGT, le syndicat des ouvriers mineurs de Villars et l’Union départementale CGT de la Loire protestèrent. Au nom du comité régional des Amis du quotidien populaire polonais, Trybuna ludu, elle signala au préfet, quelques semaines après, en pleine crise de Munich, « l’activité des organisations fascistes polonaises » qui, écrivait-elle, « déshonore l’immigration polonaise » à Saint-Étienne.

Quand, en 1938, l’Internationale communiste décida de dissoudre le Parti communiste polonais, on lui retira ses fonctions.


Liée à un militant communiste polonais, elle donna naissance à une fille en 1933.

Internée administrativement en Lozère, au camp de Rieucros, au début de la Seconde Guerre mondiale, elle obtint l’autorisation d’émigrer au Mexique, comme veuve d’un combattant de la Guerre d’Espagne. Elle choisit cependant de rejoindre la Résistance juive communiste à Lyon où elle séjourna sous une fausse identité (Josefa Legrand). Responsable du service technique central de la zone sud FTP-MOI (avril 1942-février 1943), elle mit sur pied neuf imprimeries clandestines, s’occupe des groupes de combat de l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide de Lyon et Grenoble. De mai à août 1944, elle assura le secrétariat du comité de section juif du PCF. Présente à Grenoble au moment de la Libération de la ville en 1944, elle rejoignit Paris en juin 1945 et quitta l’appareil du Parti communiste. Liée à Alter Mojsre Goldman, elle donna naissance à Pierre Goldman le 22 juin 1944.
Elle a un eu un fils avec Alter Goldman, mais n’a jamais porté son nom ; ils ont vécu sous le pseudonyme de Legrand et se sont séparés après la guerre.

Rentrée en Pologne en 1948, elle devint professeur dans un lycée de Varsovie sans rôle politique. Elle s’éloigna du régime après 1968. Son fils Pierre Goldman, après avoir milité à l’Union des étudiants communistes dans les années soixante puis vécu en Amérique latine avec l’intention de participer à une guérilla, se rendit responsable en France de plusieurs agressions et fut accusé de meurtre. D’abord condamné à la prison à vie, il écrivit pendant sa détention un livre qui obtint un grand succès, Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France, et qui l’aida à faire reconnaître son innocence. Libéré le 5 octobre 1976, il mourut assassiné le 20 septembre 1979. Le groupe « Honneur de la police » revendiqua cet acte.

Revenue à Paris en 1979, Janina Sochaczewska prit la défense de son fils et s’occupa de son petit-fils Manuel. Naturalisée française sous le nom de Janine Socha, elle mourut en décembre 1993.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article131373, notice SOCHACZEWSKA Janina (Jeannette dite aussi Yamina) dite parfois GOLDMAN Yamina , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 février 2019.

SOURCES : Arch. Dép. Loire, 3 M 75. — Le Cri du peuple, 1er septembre 1938. — La Tribune républicaine, 1er septembre 1938, 29 septembre 1938. — « Le rêve stalinien d’une juive polonaise », interview de Yanina Goldman par Catherine Chaine, Le Monde dimanche, 26 avril 1981. — Jean-Yves Potel, Quand le soleil se couche à l’Est, Editions de l’Aube, 1995, p. 285-300. — Michel Bydlowski, entretien, « La Mémoire du siècle », France culture, 58’, 1993. — Notes de Jean-Yves Potel.

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