TRÉBOURG Eugène

Né le 19 mars 1879 à Fougères (Ille-et-Vilaine), mort le 18 août 1947 à Fougères ; ouvrier en chaussures ; militant socialiste, syndicaliste et coopérateur d’Ille-et-Vilaine.

D’une famille ouvrière, Eugène Trébourg entra en 1892 comme apprenti dans une fabrique de chaussures. Il prit une part active au mouvement ouvrier dès son retour du régiment. Membre du comité de grève, lors du lock-out de Fougères en 1906-1907, il y déploya ses qualités d’organisateur — voir Magloire Jousse*. Adhérent du parti socialiste SFIO, de la coopérative de production « l’Émancipation fougeraise » et de la coopérative de consommation « l’Alliance des travailleurs fougerais », c’est au mouvement coopératif que Trébourg allait bientôt consacrer le principal de son activité.

Fondée à la fin de décembre 1897 par quelques militants ouvriers, « l’Alliance des Travailleurs fougerais » avait lentement développé ses affaires jusqu’après le lock-out de 1906. Mais sa situation était définitivement consolidée lorsque le 10 mars 1913, Eugène Trébourg fut élu à son conseil d’administration. Celui-ci lui confia aussitôt sa présidence qu’il allait conserver jusqu’à sa mort en 1947. « L’Alliance » groupait alors environ cinq cents familles. L’année précédente, le 17 novembre 1912, avait été inauguré, rue Charles-Malard, prèt de la Maison du Peuple, l’immeuble qui allais rester son principal magasin et son siège.

Mobilisé pendant toute la durée de la guerre 1914-1918, Eugène Trébourg fut alors suppléé par Henri Lepouriel* — voir ce nom. Il participa activement à la campagne législative d’avril 1914 pour soutenir Vaillant. En 1929, il abandonna son métier pour se consacrer exclusivement à « l’Alliance ». Sous sa direction, celle-ci connut un progrès constant. À son premier immeuble, elle adjoignit en 1931 un grand entrepôt et créa, à Fougères et dans plusieurs villes de la région (Vitré, Dinard, Pontorson, Ernée, Dol, Lanhélin, Saint-Malo) dix-sept succursales. En 1920, elle avait ouvert un restaurant et, en 1928, une boulangerie. En 1947, « l’Alliance » comptait 3 740 sociétaires.

En mars 1919, la première assemblée générale d’après-guerre avait fondé la « Solidarité mutuelle des Coopérateurs de Fougères » qui versait des allocations à près de 2 000 adhérents. Eugène Trébourg en prit la présidence en 1931. Au sein de « l’Alliance » furent en même temps créés un groupe sportif, un groupe symphonique et une chorale et, en 1928, une colonie de vacances pour les enfants des coopérateurs.

Jouissant, comme Victor Svob*, d’une grande autorité dans les milieux coopératifs de Bretagne, Eugène Trébourg fut élu au secrétariat de la fédération régionale en 1935 et à sa présidence en 1945. Par ailleurs, succédant à son ami Lepouriel, tragiquement disparu dans la catastrophe du Saint-Philibert en 1931, il fut nommé par le congrès national membre du conseil central de la FNCC du MDG et de la BCF, poste qu’il dut quitter en 1935 en raison de la réorganisation générale du Mouvement coopératif français. Il fut alors élu au Comité national. En 1946, il fut un des premiers adhérents à l’Association des Amis de la Coopération présidée par le Dr Georges Fauquet* et dont ses camarades Gaston Prache* et Georges Boully* (fils) étaient respectivement secrétaire et trésorier.

Il fut en 1930 fondateur et, depuis lors, administrateur de la Caisse départementale d’Assurances sociales « Le Travail » ; il fut également président du conseil d’administration de la Caisse départementale des Assurances sociales.

En 1925, Eugène Trébourg fut élu conseiller municipal socialiste de Fougères sur la liste du Cartel des gauches et devint adjoint au maire. Réélu en 1929, dès le premier tour et deuxième adjoint, il fut délégué du conseil municipal à la commission des hospices et se consacra au projet de rénovation de l’hôpital. Cependant, il démissionna avec les autres conseillers socialistes en octobre 1933 à la suite d’élections municipales complémentaires. En 1935 il conduisait la liste SFIO et fut élu avec deux autres socialistes seulement, Marie-Joseph Fournier* et Edmond Herbert*. Il fut réélu en 1945 et nommé premier adjoint. Il avait été conseiller prud’homme.

Eugène Trébourg fut aussi candidat aux élections sénatoriales de 1932, aux cantonales à Fougères-sud en septembre 1945 et au Conseil de la République, fin 1946.

Il mourut l’année suivante d’un accident cardiaque à la suite d’une opération délicate.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article133048, notice TRÉBOURG Eugène , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

SOURCES : Histoire de cinquante années d’action coopérative à Fougères, 1898-1948, préface de Gaston Prache, Rennes, 1948. — Enquête à la mairie de Fougères et à l’Alliance des travailleurs fougerais et renseignements par le professeur A. Rébillon. — Arch. Dép. Ille-et-Vilaine, 3 Md 34 et série U (non classée). — L’Aurore d’Ille-et-Vilaine, 1922-1937. — Le Semeur d’Ille-et-Vilaine, 1921. — Jacques Bonhomme, 1935. — L’Aurore socialiste, 1945-1947 (Icon.). — Histoire de cinquante années d’action coopérative à Fougères, 1898-1948, Rennes, 1948. — Enquête d’A. Rébillon.

ICONOGRAPHIE : L’Aurore socialiste, 1945-1947

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