BELOOUSSOFF Paul, Basile, dit MENNIER, écrit parfois par erreur BELOUSOF

Par Claude Pennetier

Né le 16 juillet 1893 à Saint-Pétersbourg (Russie) ; dessinateur industriel dans la métallurgie ; militant communiste parisien ; président de l’Union de rapatriement en URSS. ; retourné à Léningrad avec sa famille française, arrêté, déporté.

Fils d’un technicien dans la métallurgie à Saint-Pétersbourg qui mourut en 1912, sa mère travailla avec sa famille dans une mercerie, Paul Belooussoff suivit une école technique jusqu’à dix-sept ans puis fut mobilisé, envoyé pendant quatre mois dans une école militaire d’où il sortit avec le grade d’aspirant. Blessé deux fois, nommé lieutenant, il fut envoyé en France en mai 1917 dans le corps expéditionnaire et lut l’Armée nouvelle de Jean Jaurès. En 1919, il refusa le retour dans l’armée de Dénikine et resta en France.

Paul Belooussoff soutint le comité de la IIIe internationale, et particulièrement Souvarine, mais ce n’est qu’en avril 1925 qu’il adhéra au Parti communiste. « Quand Souvarine s’est déclaré trotskyste il a été mort pour moi » écrit-il en 1933. Il milita à la cellule de la gare de Reuilly puis à la cellule TCRP de Championnet. Il s’attacha particulièrement au travail parmi l’immigration russe : Union des ouvriers russe en France et section russes des métaux. Il organisa les sections syndicales russes des travailleurs du bois, des typos, des chauffeurs de taxi, sections qui, dit-il, ne furent jamais très fortes.

Il travailla d’abord comme ouvrier à Billancourt, dans le 12e arr., chez Panhard-Levasseur dans le XIIIe arr. et chez Renault à Billancourt. Fin 1922, il put faire valoir sa qualification de dessinateur et fut embauché dans des bureaux d’études.

Il milita également à l’USTICA, au SRI et surtout à l’Union de rapatriement qui organisait le retour en URSS. Il était le président depuis 1925. Elle devint devenue Union des amis de la patrie soviétique, en avril 1937 ; son siège était 12 rue de Buci à Paris (VIe arr.). Les autres animateurs de l’association, soutenue par l’Ambassade soviétique, étaient Georges Chibanoff, Constantin Koupavkine et surtout Alexandre Tveritinoff . Voir aussi Léon Narvitch.

Sa longue autobiographie de 1933 fut bien accueillie (« Biographie détaillée et bonne ») puis on ajouté A1 « à vérifier ». Une autre évaluation le dit « mou, manque de fermenté. Se laisse facilement influencer sentimentalement. Pas très combatif mais dévoué […] Homme de confiance de … » « Sa femme est plutôt adversaire du Parti ».

Veuf, il s’était remarié à Paris, Ier arr., le 30 avril 1927 avec Gabrielle Dannerolles, née le 11 juillet 1901 à Aurillac (Cantal). Ils eurent trois filles, nées à Paris : Hélène en 1925, Olga en 1926 et Eliane en 1929. Sa femme n’était pas communiste. De 1936 à 1939, ils furent domiciliés 41, rue de Plaisance, à Nogent-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne).

Menacé d’arrestation en France, retourna avec sa famille (sa femme avait pris la nationalité soviétique depuis plusieurs années), à Léningrad en mai 1939, fut recommandé par André Marty pour le transfert du PCF au Parti bolchevique, et fut arrêté le 5 juillet 1941 puis dirigé vers la Sibérie. Le 17 juillet et le 23 juillet sa femme fit appel à André Marty qui se tourna vers Stella Blagoeva. On ignore les suites mais on les devine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article136111, notice BELOOUSSOFF Paul, Basile, dit MENNIER, écrit parfois par erreur BELOUSOF par Claude Pennetier, version mise en ligne le 6 janvier 2011, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 1075, autobiographie du 28 juin 1933, 10 pages ; lettre de sa femme ; textes en russe. — Arch. PPo GA U1. — Notes de Daniel Grason.

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