CLÉMENT Jean-Baptiste.

Par Jean Puissant

Boulogne (département de la Seine, France), 31 mai 1836 – Paris, 23 février 1903. Chansonnier, membre de plusieurs associations, dirigeant socialiste.

Jean-Baptiste Clément est le parolier de la célèbre chanson, Le temps des cerises, « née » à Bruxelles de sa rencontre avec Antoine Renard, ancien ouvrier fondeur, devenu chanteur (ténor) à qui il propose deux textes, dont celui-ci devenu célèbre. Il croise la Belgique à diverses reprises. Chansonnier pauvre, Clément vient à Bruxelles fin 1867 pour quatre mois. C’est l’époque de son ralliement à l’opposition ouverte à Napoléon III. Y a-t-il des contacts suivis ? Du moins, il y revient quelques semaines en mars 1870, pour échapper à une peine de prison.

Après avoir participé à la Commune de Paris, c’est par Bruxelles que Jean-Baptiste Clément gagne Londres où il vit en exil. Il y revient en août 1879 en provenance de Londres et fréquente diverses associations, le Cercle démocratique, le Cercle des études sociales d’Emmanuel Chauvière avec qui il a été incarcéré à la prison de Sainte-Pélagie en 1870. Le 7 septembre, par exemple, il déclare : « quoique je sois communiste et anarchiste, je ne suis pas aussi effrayant que vous le pensez » et estime que la révolution est en marche. Gustave Bazin dont nous avons dit l’importance dans l’avènement d’un socialisme démocratique à Bruxelles, écrit le 11 septembre 1879 à son propos : « Il paraît que Clément a quelque chose contre moi… il est très, très, très révolutionnaire ».

Surveillé par la police, Jean-Baptiste Clément quitte Bruxelles au mois d’octobre 1879, après avoir noué des contacts avec Laurent Verrijcken à qui il confie des brochures à vendre et promet de collaborer au nouvel organe, Le Drapeau rouge. Il collabore à La Trique à ce moment.

Rentré en France, Jean-Baptiste Clément parcourt le pays comme propagandiste, proche paradoxalement de Paul Brousse dans un premier temps, puis de la Fédération des travailleurs socialistes allemanistes. Après plusieurs passages, il se fixe en 1888 dans les Ardennes où il devient le principal dirigeant socialiste. C’est là, à Charleville qu’il est le mentor d’un jeune ouvrier couvreur liégeois, appelé à un important avenir militant, Léon Troclet*, de 1893 à 1894.

En 1897 encore, le nom de Jean-Baptiste Clément apparaît dans les colonnes de La Bataille de Namur, devenu organe d’opposition au Parti ouvrier belge (POB).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article138922, notice CLÉMENT Jean-Baptiste. par Jean Puissant, version mise en ligne le 16 novembre 2011, dernière modification le 17 décembre 2019.

Par Jean Puissant

SOURCES : WOUTERS H., Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Ie Internationale (1866-1880), deel I, deel III, Leuven-Paris, 1970-1971 (Cahiers du Centre interuniversitaire d’histoire contemporaine, 60) – BIGORGNE D., Jean-Baptiste Clément, une page d’histoire ardennaise, Charleville-Mézières, 1985.

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