JAFFRÉ Aline née Berkowicz Heinda (francisé en Bercovisse Aline) [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot et Jacques Girault

Née le 2 février 1926 à Tel-Aviv (Palestine sous mandat) ; institutrice, militante communiste à Philippeville (Skikda) ; après l’indépendance, coopérante à Alger.

Le père, juif polonais, sioniste socialiste, installé en Palestine, voulait développer l’implantation kibboutzim ; il meurt en 1926. La mère, d’un milieu aisé, retourna avec son enfant en Pologne puis vint s’installer à Paris, en 1933, auprès de ses trois frères, dont l’aîné avait créé une entreprise de fabrication d’album de photos de luxe où elle trouva un emploi. Aline Berkowicz, qui ne parlait que Polonais, apprit très vite la langue française. Sa mère mourut dans un hôpital parisien au moment de l’arrivée des Allemands.

Prise en charge par sa famille, Aline gagna Bruère-Allichamps (Cher). Elle effectua sa scolarité au collège de Saint-Amand-Mont-Rond, au centre de la France. Après le débarquement de Normandie en 1944, elle échappa aux rafles de la Milice visant les Juifs. Étudiante en lettres et en licence de droit, elle rencontra Jean Jaffré pendant ses études et l’épousa en décembre 1948 à Paris (XIVe arr.). Ils eurent trois enfants. Institutrice suppléante depuis 1948, membre du Syndicat national des instituteurs, elle devint institutrice intérimaire en 1950. Elle avait adhéré au Parti communiste français en 1949 à Bourg-la-Reine (Seine).

Aline Jaffré suivit son mari nommé professeur au lycée de Philipeville (Skikda) et exerça comme institutrice intérimaire. Elle militait au Parti communiste algérien, devenant secrétaire de la cellule communiste Lise Occuli* (1950-1952), du bureau de la section communiste et du comité de la fédération communiste du Constantinois. Elle prit une part active en 1951-1952 dans la campagne du Front algérien pour la défense et le respect des libertés, suscitant l’hostilité violente des milieux coloniaux, et à la campagne de solidarité en faveur des emprisonnés et pour la libération de Messali. Après l’arrestation de son mari (notice suivante), l’inspecteur d’Académie lui conseilla de ne pas reparaître à l’école.

Son mari étant affecté à Saumur (Maine-et-Loire, France), elle devint directrice d’une école à classe unique à Blou, logée dans de mauvaises conditions matérielles. Secrétaire de la cellule communiste qu’elle avait créée à Blou (1955), elle était membre du bureau de la section communiste de la circonscription de Longué en 1956. Elle militait aussi pendant cette période à l’Union des femmes françaises. Aline Jaffré suivit son mari en Seine-et-Marne, enseigna à l’école de Bagneaux-sur-Loing

À l’indépendance, les Jaffré revinrent en Algérie de 1962 à 1967 pour enseigner au lycée Émir Abdelkader à Alger. En 1967, ils s’installèrent en région parisienne. Ils participèrent à Mai 1968, poursuivant leur action militante dans le PCF qu’elle quitta, avec son mari entre 1981 et 1985.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152923, notice JAFFRÉ Aline née Berkowicz Heinda (francisé en Bercovisse Aline) [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot et Jacques Girault, version mise en ligne le 1er février 2014, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par René Gallissot et Jacques Girault

SOURCES : Archives du Comité national du PCF.- Presse. — Notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Maghreb Algérie, par Amar Benamrouche et René Gallissot. —Renseignements fournis par l’intéressée. — M. Harbi, Une vie debout. Mémoires politiques, Tome 1, 1945-1962, Paris, La Découverte, 2002. — Jean Jaffré, L’Engrenage. Un procès exemplaire. Algérie. 1952. Récit autobiographique, Pantin, Le Temps des cerises, 2004. — Renseignements fournis par l’intéressée.

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