CHAUVET Etienne, Charles, Simon [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né à Lyon le 21 novembre 1896 ; monteur en charpentes métalliques ; militant pendant l’occupation du groupe d’A. Arru à Marseille.

Le militant anarchiste lyonnais Étienne Chauvet était en janvier 1939 le responsable de l’un des comités pour les victimes politiques d’Italie Comitato anarchico Pro Vittime Politiche de Marseille dont le siège se trouvait à son domicile, 36 Avenue de Toulon (6e).

En rupture de Service du Travail Obligatoire (STO), il était en 1943 à Marseille où il travaillait à l’atelier de réparation de cycles de Jean-René Saulière, alias André Arru. Il participait aux activités clandestines du groupe (impression de tracts et affiches, de faux papiers, etc.) organisé par ce dernier. Le 1er août 1943, alors que la police venait d’arriver à l’atelier où elle avait arrêté Arru et sa compagne Julia Viñas et saisit tout le matériel d’impression et diverses tracts et affiches, Étienne Chauvet arrivait au local où il était à son tour immédiatement arrêté. Il était ensuite interrogé avec André au commissariat de l’Évêché pendant cinq jours où il ne fera que répéter «  Je suis anarchiste et j’approuve tout ce qu’a fait André ».Il devait faire la diffusion des tracts trouvés chez Arru. Un arrêté d’internement pour le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe fut signé pour les deux militants le 16 août 1943. Les deux compagnons, dont la feuille d’écrou portait la mention « à isoler, dangereux », étaient ensuite emprisonnés à la prison Chave, d’abord avec les droits communs puis, au bout de quinze jours, dans le quartier politique. Lors de l’évasion des 21-22 mars 1944 organisée par la résistance, Étienne Chauvet et André Arru seront laissés dans leurs cellules sur ordre de responsables communistes en raison de leur « non patriotisme » : lors d’une manifestation le 7 novembre à la prison Chave pour commémorer la Révolution d’octobre, Étienne et André, solidaires face à la répression, avaient refusé d’arborer des cocardes tricolores qu’ils avaient remplacé par une cocarde rouge et noire et avaient refusé de chanter la Marseillaise.

Transférés à la prison d’Aix-en-Provence, ils étaient cette fois libérés dans la nuit du 24 au 25 avril 1944 lors d’une évasion organisée par les FTP avec la complicité d’un des gardiens. Puis Étienne Chauvet partira pour aller chez un ami dans le Vaucluse, tandis qu’André allait à Toulouse chez René et Marcelle Clavé.

Y-a-t-il identité avec Étienne Chauvet qui était en Espagne à l’été 1937 sous-officier dans le Bataillon international de choc de la 26ème Division (ancienne Colonne Durruti) ? Stationné avec la colonne à Bujaraloz, il avait été hospitalisé pour rhumatisme à l’hôpital de Lérida du 19 au 21 novembre 1936.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article155390, notice CHAUVET Etienne, Charles, Simon [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 13 avril 2014, dernière modification le 23 juillet 2020.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 173 (internement). —Archivio General de la Guerra Civil, Salamanque, PS Aragon AR64 et PS Barcelona-Generalitat 338.2, Relaciones de bajas y altas de enfermos del hospital intercomarcal de Lerida.— Bulletin du Cira, Marseille, n°23-25, 1985 (Témoignages…, op. cit.) - S. Knoerr-Saulière & F. Kaigre Jean-René Saulière dit André Arru, un individualiste solidaire (1911-1999), Ed. Amis d’André Arru, Libre Pensée autonome, CIRA, 2004 - Archives A. Arru - Notes de Françoise Fontanelli - Notes de Thierry Bertrand et Jean-Marie Guillon.

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