GUILLEMAU Étienne [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy

Né le 16 avril 1904 à Paris (XIVe arr.), mort le 16 juillet 1999 à Bouloc (Haute-Garonne) ; restaurateur végétarien ; anarchiste de Toulouse.

Pendant l’Occupation Etienne Guillemau (parfois orthographié Guillemot ou Guillemeau) était à Toulouse où, entre autres avec Alphonse et Paule Tricheux*, René et Marcelle Clavé, il participait à la reconstruction clandestine du mouvement libertaire. Il tenait à l’époque un petit restaurant végétarien et c’est lui qui, lors de la réunion clandestine tenue le 19 juillet 1943 dans la ferme des Tricheux, avait assuré le ravitaillement des congressistes.

Après la guerre Guillemau, qui demeurait 55 rue de la Pomme, fut l’administrateur du Libertaire, où il remplaça Robert Joulin, de juillet 1950 à juin 1951. Lors du congrès de la Fédération anarchiste tenu à Paris les 27-29 mai 1950, il avait été élu secrétaire à l’organisation du nouveau Comité national dont les autres membres étaient G. Fontenis (secrétaire), G. Vincey (administrateur), Jo Lanen* (secrétaire à la propagande), [Charles Devançon–>228586] (secrétaire à l’éducation), Maurice Fayolle (relations extérieures), René Lustre (archives), André Moine (comité de l’entraide). Il était à la même époque le responsable du bulletin intérieur de la Fédération anarchiste Le Lien (5e série, 5 numéros et un supplément de juillet 1950 à avril 1951). Il fut ensuite remplacé par René Lustre. Au printemps 1952, il fut poursuivi et condamné avec G. Fontenis, suite à des articles parus dans le Libertaire à propos de l’affaire du hold-up commis à Lyon en février 1951 par des militants espagnols.

Lié au mouvement espagnol en exil, E. Guillemau, secrétaire du groupe FA de Toulouse, a été le gérant de la collection La Nouvelle idéale (Toulouse, 1954-1962, au moins 58 fascicules), supplément littéraire de l’hebdomadaire anarchiste espagnol CNT. Il a été ensuite l’administrateur à partir de 1956 du bulletin A.I.T. (Paris-Toulouse, 1956-1965). Militant de la CNT, il a collaboré régulièrement aux pages en français de l’hebdomadaire Espoir (Toulouse, 1962-1982). Il fut également le responsable de la nouvelle série du journal espérantiste et libertaire Senstatano (1953).

En tant que directeur gérant du bulletin La Mèche (Toulouse, 4 numéros d’avril 1969 à mai 1970), il fut poursuivi pour « outrages aux bonnes mœurs par voie de presse » et pour « provocation directe, non suivie d’effets, au crime de meurtre et au délit de coups et blessures ». Il fut condamné à un mois de prison avec sursis et 2000 francs d’amende. Un autre collaborateur du journal, Jules Celma, suite à un article où il relatait une expérience de pédagogie non directive, avait été condamné à deux mois de prison et 1000 francs d’amende. Un comité de soutien animé par Antoine Alvarez publia à l’époque un dossier de soutien (24 p.) et une pétition de soutien.

En juillet 1981, Guillemau fut délégué au congrès de l’organisation de travailleurs espérantistes SAT tenu à Bâle.

Dans les années 1990 il fut le directeur de l’hebdomadaire Cenit, organe de la CNT en exil.

Etienne Guillemau, dont la compagne Rose milita à ses côtés dans le mouvement libertaire, est décédé à Toulouse le 16 juillet 1999.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article156730, notice GUILLEMAU Étienne [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 24 février 2014, dernière modification le 18 septembre 2022.

Par Rolf Dupuy

SOURCES : R. Bianco « Un siècle de presse…. », op. cit. — Bulletin du CIRA, Marseille, n° 23/25, 1985, « Témoignages… » — G. Fontenis, L’autre communisme…, op. cit. — Le Combat syndicaliste, décembre 1999 --- Cenit, 7 décembre 1999.

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