BARD René

Né le 20 novembre 1897 à Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme) ; secrétaire national de la Fédération CGT du sous-sol.

Fils d’Auguste Bard, mineur et de Marie née Raynard, sans profession, René Bard fut mineur de Brassac-les-Mines (Puy-de-Dôme). Il était secrétaire de l’Union départementale CGT du Puy-de-Dôme, en 1922. Il fut secrétaire national de la Fédération du sous-sol pendant trois mois, en 1923. Il quitta cette fonction pour se consacrer à la direction des syndicats de mineurs de son département.
Bard présidait le conseil d’administration du journal Au Travail dans les années 1920.
Bard représenta les mineurs confédérés lors de l’enquête sur la catastrophe de Roche-la-Molière en 1928. Il tint une réunion publique dans cette ville le 13 février 1928, mais ne put parler compte tenu de l’obstruction des unitaires.
Membre suppléant du Conseil national économique, comme secrétaire de la Fédération des mineurs, de 1925 à 1936, il garde son mandat dans cette assemblée réorganisée en 1936. Alors secrétaire adjoint de la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol, il siège à la fois en assemblée générale et dans la section des industries extractives jusqu’en 1940.
Secrétaire adjoint puis secrétaire de la Fédération nationale CGT des mineurs, René Bard participa à la création de la revue dirigée par René Belin*, Syndicats, dont le premier numéro parut le 16 octobre 1936. Munichois, au moment des accords de Munich, il figure parmi les responsables syndicaux pacifistes qui prennent contact, le 23 septembre 1938, avec Anatole de Monzie au ministère des Travaux publics. Il fit partie de la fraction du bureau et de la commission administrative de la CGT qui vota, en septembre 1939, la résolution dénonçant le « pacte Staline-Hitler » et « ceux qui n’ont pas voulu ou pas pu » le condamner. Désigné par le gouvernement de Vichy à la Commission d’études de la zone non occupée vers l’automne 1940, il fit partie du Comité d’organisation professionnel qui prépara la Charte du Travail. Il aurait manifesté un certain « désappointement » devant le résultat final (Le Rouge et le Bleu, 20 décembre 1941). Il présida le congrès national des Amis du journal Au Travail, à Nîmes, le 1er juin 1941 et fut élu au conseil d’administration. Le gouvernement de Vichy le nomma au Conseil national le 2 novembre 1941. Le 23 juin 1941, un arrêté du secrétaire d’État Pierre Pucheu le porte au conseil consultatif du Centre d’information d’interprofessionnel. En septembre, il aurait été pressenti pour un poste de « commissaire » proche du gouvernement, mais il aurait dû décliner cette offre, faute d’avoir obtenu « l’autorisation de ses camarades ».
Membre de la commission d’études de la Constitution qui tient session à Vichy du 8 au 19 juillet et du 14 au 22 octobre 1941, il y défend avec Auguste Savoie l’autonomie du mouvement syndical face aux prétentions des anciens combattants et de la Légion en matière de représentativité. La position des deux syndicalistes est d’ailleurs soutenue par vingt voix contre deux.
Le 2 novembre 1941, Bard est nommé membre du conseil national en tant que secrétaire général de la Fédération des mineurs, mais il remet sa démission dès le 2 décembre suivant. Une dépêche de Vichy, mise en valeur par la presse, signale qu’il « a demandé au Maréchal de bien vouloir l’autoriser à consacrer toute son activité à l’organisation à laquelle il appartient et de le dispenser pour le moment de toute autre fonction. Le Maréchal, prenant en considération l’important effort accompli par M. Bard au sein des organisations ouvrières et son désir de participer activement à la mise en application de la Charte du Travail, a consenti volontiers à (lui) donner satisfaction ». On peut penser que René Bard n’avait pas eu l’aval de sa Fédération pour entrer à l’assemblée consultative de l’État français, dont faisait toutefois partie Pierre Vigne*, ancien secrétaire général.
Par arrêté ministériel du 15 septembre 1943, René Bard devient membre de la commission d’hygiène dans les mines.
R. Bard fut exclu à vie de toutes les organisations syndicales le 18 novembre 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15682, notice BARD René, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 28 février 2019.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13027. — Arch. J. Maitron (épuration). — Le Cri du Peuple, février 1928. — Marie-France Rogliano, « L’anticommunisme dans la CGT : Syndicats », Le Mouvement social, n° 87, avril-juin 1974. — Congrès national des Amis de Au Travail, 1er juin 1941. — Le Rouge et le Bleu, 20 décembre 1941. — H. du Moulin de Labarthète, Le temps des illusions, 1946. — M. Cointet, Le Conseil national de Vichy, 1989. — L’Écho du Nord, 7 décembre 1941. — Notes d’André Caudron.

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