FOUQUET Victor [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis]

Par Michel Cordillot

Mineur ; marié et père de faille ; militant anarchiste, puis socialiste ; propagandiste actif, collaborateur occasionnel de L’Ami des ouvriers et de La Tribune libre ; exerça des responsabilités locales au sein du Parti socialiste américain.

Militant anarchiste de Weir City (Kansas), Victor Fouquet était en mai 1895 au nombre des lecteurs-souscripteurs de L’Ami des ouvriers. Collaborateur occasionnel de ce journal, il y fit paraître plusieurs correspondances.

En février 1897, Victor Fouquet signa dans les colonnes de La Tribune libre un appel à souscription pour hâter la libération de Julien Bernarding et Henri Evertz. En l’espace d’un mois, les contributions reçues des différents groupes anarchistes s’élevèrent à 57 dollars 75. Il versa également son écot à la souscription permanente destinée à contenir le déficit de La Tribune libre.

En novembre 1898, Victor Fouquet tomba gravement malade. Des collectes furent effectuées parmi les compagnons de Midway et de Frontenac qui produisirent au total près de 10 dollars. Après un début de guérison, il rechuta et dut lancer un nouvel appel à l’aide au printemps 1898 qui fut appuyé personnellement par Louis Goaziou. Quelques mois plus tard, Victor Fouquet perdit également une petite fille.

Lorsque Louis Goaziou reprit le contrôle de la rédaction de La Tribune libre au printemps 1900, Victor Fouquet reprit immédiatement contact avec lui pour lui dire sa joie, et lorsque L’Union des travailleurs fut lancée, Victor Fouquet fut l’un des tout premiers abonnés.

En décembre 1902, Victor Fouquet envoya à la rédaction de L’Union des travailleurs la somme de 1 dollar pour la propagande, déclenchant le même coup le lancement d’une campagne de grande envergure en direction des ouvriers canadiens-français de Nouvelle Angleterre qui devait se prolonger durant plusieurs mois : « Avec votre dollar nous enverrons cent copies du journal pour distribuer dans le Massachusetts où il y a des milliers de Canadiens français qui n’ont encore aucune idée de ce qu’est le socialisme. »

Rallié au Parti socialiste américain, Victor Fouquet adhéra à la section locale de Pittsburg (Kansas), mais cette dernière se débanda début 1904. Il rejoignit alors le groupe socialiste francophone L’Avenir de Fleming-Chicopee, et il en fut élu secrétaire en juin 1904, en remplacement d’Henri Degruson, au moment où cette section s’ouvrait aux socialistes non-francophones. Il se plaignit toutefois rapidement et publiquement du peu d’empressement des adhérents à se réunir et à agir. Militant actif et dynamique, il plaça personnellement dans son entourage un très grand nombre d’abonnements à L’Union des travailleurs.

Après plusieurs années durant lesquelles il ne donna pas signe de vie, Victor Fouquet réapparut brièvement en 1908 à Mechanicsburg (Illinois), puis durablement en 1912 dans la région de Skidmore (Kansas). En septembre de cette année-là, il assista à une conférence de Julien Bernarding qui attira un auditoire de 75 personnes (dont 20 dames) et au cours de laquelle 3 dollars 10 furent collectés pour L’Union des travailleurs. Peu après une section socialiste comprenant 25 adhérents fut formée. Aux élections de novembre 1912, les socialistes de Columbus (Kansas), localité où il résidait, obtinrent la majorité absolue avec 213 voix sur 413 votants.

Stimulé par cette dynamique de victoire, Victor Fouquet plaça l’année suivante 19 abonnements à L’Union des travailleurs (dont 15 nouveaux). Il se porta également volontaire pour effectuer un versement mensuel de 10¢ afin de permettre la constitution d’un fonds de réserve financier pour le journal. En novembre, il fut l’un des propagandistes mis à l’honneur pour avoir recueilli au total 10 dollars en coupons d’abonnements.

En janvier 1914, Victor Fouquet annonça le décès de son beau-fils et quelques semaines plus tard la naissance d’un nouveau fils (qui coïncida avec l’extinction — très provisoire — du déficit). Toujours aussi actif, il reçut fin mars une prime pour avoir placé pour plus de 9 dollars d’abonnements en un mois. Il fut encore l’organisateur du meeting tenu par Louis Goaziou à Scammon Mineral le samedi 11 avril dans le cadre de sa tournée au Kansas. À cette occasion, la somme de 5 dollars 85 fut collectée au profit de L’Union des travailleurs.

Dès l’éclatement des hostilités en août 1914, ce propagandiste hors pair qu’était Victor Fouquet fut contraint de reconnaître que ses démarches en faveur de L’Union des travailleurs se heurtaient désormais à une forte incrédulité et il ne plaça plus qu’une nombre réduit d’abonnements. Lui-même demeura un lecteur fidèle de l’hebdomadaire socialiste jusqu’à la disparition de ce journal en septembre 1916.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article159631, notice FOUQUET Victor [Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis] par Michel Cordillot, version mise en ligne le 8 juin 2014, dernière modification le 8 juin 2014.

Par Michel Cordillot

SOURCES : L’Ami des ouvriers, mai, septembre 1895, 15 mai 1896. — La Tribune libre, 4 février, 4 mars 1897, 3 février, 7 avril, 17 novembre, 1er décembre 1898, 20 avril, 10 août 1899, 29 mai 1900 entre autres. — L’Union des travailleurs, 18 avril 1901, 11 décembre 1902, 10 mars, 23 juin, 14 juillet, 25 août 1904, 30 avril, 18 juin 1908, 5 septembre, 14 novembre 1912, 20 mars, 3 avril, 14 août, 13 novembre, 20 novembre, 18 décembre 1913, 22 janvier, 12 mars, 26 mars, 23 avril, 24 septembre 1914, 22 avril, 23 septembre 1915 entre autres.

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