ROARD Clément

Par Tony Legendre

Né le 19 août 1917 à Signy-le-Petit (Ardennes), mort le 17 janvier 2010 à Mougins (Alpes Maritimes) ; instituteur puis directeur d’école ; militant communiste ; maire de Dammard (Aisne).

Fils d’Émile Roard, cheminot chef mécanicien puis contremaître, socialiste SFIO à Tergnier (Aisne), et de Clémence Baudoin, repasseuse, Clément Roard, après des études à Tergnier et à l’école primaire supérieure de Chauny, passa avec succès le brevet supérieur en juin 1936. Il commença sa carrière d’instituteur en 1936 à l’école de Renansart (Aisne), puis, toujours dans l’Aisne, à Brissay-Choigny (1937) et à Boué et Autreville (1938) avant d’être nommé professeur remplaçant à l’EPS de Chauny.

Mobilisé de septembre 1939 à août 1940, au dépôt 211 de Maisons-Laffitte, dans le 5e Régiment d’Infanterie, il se maria le 20 août 1940 à Dax (Landes) avec Lucette Capblanch, née en 1919, institutrice, fille d’une mère française et d’un père républicain espagnol, arrêté pour ses opinions politiques et interné dans le sud de la France. Lucette Roard, destituée en 1943 par les lois du régime de Vichy en raison de la nationalité de son père et de son incarcération, n’eut plus le droit d’enseigner jusqu’à la Libération où elle fut réintégrée. Le couple eut cinq enfants.

Clément Roard passa l’année scolaire 1940-1941 comme surveillant puis comme professeur remplaçant à l’École normale d’instituteurs de Dax après obtention d’un examen spécialisé. Le couple revint en 1941 dans le sud de l’Aisne. Clément Roard enseigna alors comme instituteur à Chézy-en-Orxois puis comme directeur à Saint-Gengoulph, Monnes et Dammard (1949 à 1972) où il prit sa retraite.

A Dammard, avec son épouse, il participa à l’animation sportive et culturelle du Foyer rural, avec cours de théâtre, spectacles, concours de danse classique et folklorique et soirées dansantes. Des cours ménagers furent mis en place pour les jeunes filles du village après leur sortie de l’école, Lucette Roard étant détachée pendant plusieurs années dans ce but par l’Éducation nationale. Secrétaire de mairie, elle était également engagée au niveau politique et syndical mais surtout connue pour la défense des réfugiés républicains espagnols. Après la guerre, elle était bien connue pour la défense des ouvriers saisonniers et des travailleurs espagnols. Elle leur servait d’interprète, montait et exposait souvent les dossiers devant les tribunaux.

A l’été 1932, Clément Roard adhéra aux Jeunesses socialistes de Tergnier-Quessy et participa activement aux réunions à Tergnier puis à Chauny. Il se rapprocha des militants des Jeunesses communistes en participant avec eux aux manifestations des Jeunesses Révolutionnaires de la Seine. Il participa à la préparation de la campagne des élections législatives de 1936 et assista à une réunion avec Maurice Thorez à Saint-Quentin. En 1936, dès son premier poste d’instituteur, il se syndiqua se rapprochant des anciens militants de la CGTU. En août 1937, il participa à l’essor du mouvement des auberges de jeunesse et à la rénovation d’une ancienne maison forestière de la forêt de Folembray. En 1938, il s’occupa d’aider les premiers républicains réfugiés d’Espagne.

Après la Libération, adhérent du Syndicat national des instituteurs, il s’engagea dans le courant « cégétiste » puis dans la tendance « Unité et Action ».

Il milita activement au Parti communiste français avec Robert Pénit de Gandelu, Pierre Lemret de Château-Thierry, Emile Tournay* et Raymond Lefranc de Saint-Quentin.

Il devint maire de Dammard, sous l’étiquette communiste, du 26 janvier 1958 à mars 1965. Il fut à l’origine avec son épouse, d’une garderie d’enfants pendant les vacances scolaires d’été, d’une colonie de vacances à Stella Plage (Pas de Calais) puis dès 1962 à Vallauris (Alpes-Maritimes) reposant entièrement sur du bénévolat, de la première classe de neige pour les écoliers, de la mise en place le soir d’études surveillées non payantes et du jumelage de Dammard et Teichwolframsdorf, en République démocratique allemande avec échanges franco-allemands. Il contribua à l’essor et à l’animation sportive et culturelle du Foyer rural. Il fut à l’origine des premiers essais de réception de la télévision avec Roger Louis. Il prépara les plans d’agrandissement de l’école. Avec l’aide des jeunes de la commune, des travaux de terrassement d’une piscine municipale furent menés en vue de l’opération « 1000 piscines » subventionnée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, excavation qui fut rebouchée par la municipalité suivante.

En 1974, avec son épouse, installés à Mougins, il milita activement dans l’association « Ensemble Vivre Mougins » dont il fut nommé membre d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article167081, notice ROARD Clément par Tony Legendre, version mise en ligne le 2 novembre 2014, dernière modification le 14 janvier 2019.

Par Tony Legendre

SOURCES : Mairie de Dammard. — Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par les cinq enfants. — Mémoires manuscrites de Clément Roard. — Hommage de Pierre Desriaux, président de l’association « Ensemble Vivre Mougins ». — Notes de Jacques Girault et de Bernadette Wachnicki.

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