VAGLIANO Hélène

Par Antonio Bechelloni, Jean-Louis Ponnavoy

Née le 3 juillet 1909 à Paris (XVIe), exécutée sommairement 15 août 1944 à Nice (Alpes-Maritimes) ; travailleuse caritative ; résistante FFI, membre du réseau Tartane-Masséna.

Hélène Vagliano était la fille de Marino, rentier, âgé de 27 ans et de Danaë Vagliano, sans profession, âgée de 24 ans, domiciliés à l’époque 26 avenue Victor-Hugo, à Paris. Elle partit faire ses études à Ascot, près de Windsor (Royaume-Uni) et revint s’installer en 1927 chez ses parents, dans le quartier de la Californie, villa "Champ Fleury", à Cannes.
Lorsque la guerre éclata en septembre 1939, Hélène entra avec sa mère dans les associations caritatives et devint après la défaite de juin 1940 l’organisatrice locale de la Maison du prisonnier. En 1943, elle fut attachée au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) et fit partie du réseau de renseignements Tartane-Masséna sous le pseudonyme de veilleuse. Le 29 juillet 1944 à 11 heures 30, Hélène fut arrêtée par la Gestapo au centre d’entraide pour les familles et pour les enfants de prisonniers, rue Teisseire à Cannes et conduite aux Nouvelles Prisons, à Nice où elle fut interrogée et torturée. Elle était restée célibataire.
« Le New York Times publia le récit du martyre infligé par la Gestapo de Nice à Hélène Vagliano, fille d’immigrés italiens antifascistes » (d’après Pia Leonetti Carena, mais rien n’est moins sûr étant donnés le lieu et la date de sa naissance que Pia Leonetti ignorait ; Hélène Vagliano appartenait en fait à une richissime famille de constructeurs navals franco-grecs et avait fait une partie de ses études dans le très huppé college anglais de Ascot) et membre des F.F.I. qui faisait parvenir en Amérique des messages destinés à aider des Français dans leur fuite en Afrique du Nord. Ce récit est ainsi résumé dans une lettre de la mère de la jeune fille : « Des Français de la milice de Vichy – en fait des membres de la Légions de Volontaires Français contre le Bolchévisme de Jacques Doriot – nous ont transportées, ma fille et moi, de la prison de la Gestapo de Cannes à Cannes, où ma fille fut enfermée dans une cellule séparée…A ses refus de faire des révélations, les miliciens répondaient en la frappant avec des cannes flexibles et des fouets à trois lanières…De Cannes, nous fûmes transportées à Grasse, où j’entendis les Allemands torturer ma fille toute une soirée…Le 15 août 1944, dernier jour où je vis ma fille, ses bras, ses jambes, son cou, son visage, tout n’était qu’une plaie. On ne me permit pas de l’embrasser. Je ne la revis jamais plus ! »

Ce même jour les Allemands, fous de rage à cause du débarquement des Alliés dans le Midi de la France, firent sortir de leurs cellules Elena Vagliano et 22 autres prisonniers politiques, qu’ils conduisirent en camion dans un terrain vague du quartier de l’Ariane au nord-est de la ville, le long du fleuve Paillon et fusillèrent en même temps à la mitraillette, dès leur descente.
Une rue et une école de Cannes portent son nom ainsi que le monument aux morts de la même ville, tout comme la stèle du Carré des fusillés d’Ariane à Nice, ainsi que sur une plaque commémorative, à l’école Saint-Georges d’Ascot.
Elle est inhumée dans la crypte de l’église orthodoxe de Cannes.
Hélène Vagliano fut nommée chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume et décorée de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre avec palme. Elle obtint la mention "Morte pour la France" par décision du ministère des Anciens Combattants le 11 mai 1965.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169873, notice VAGLIANO Hélène par Antonio Bechelloni, Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 14 janvier 2015, dernière modification le 10 novembre 2019.

Par Antonio Bechelloni, Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Pia Leonetti Carena, Les Italiens du Maquis, Paris, Editions mondiales, 1968 — Mémorial GenWeb. — The Death of Hélène Vagliano. — Hélène Vagliano’s story sur le site internet The Riviera REPORTER. — Robert Girod, Les fusillés de l’Ariane éd. Artephis, Cannes 1994. — Internet Wikipédia "Fusillés de l’Ariane". — Mémorial GenWeb. — État civil. — — État civil de Cannes [ ?] — Notes de Jean-Pierre Ravery — Shd de Vincennes GR 16 P 581956 et 583118 (à consulter).

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