ROUSSEL Pierre, Jean, André

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 11 avril 1935 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mort le 1er septembre 2014 à Lillebonne (Seine-Maritime) ; PEGC en Seine-Maritime ; militant socialiste ; conseiller général, maire de Bolbec.

Roussel, instituteur en 1954
Roussel, instituteur en 1954

D’une famille catholique du centre de Perpignan dont un des fils fut prêtre-ouvrier, Pierre Roussel milita à la Jeunesse étudiante chrétienne. Bachelier, ancien élève de l’École normale d’instituteurs de Casablanca (Maroc), il devint instituteur en 1954 dans la banlieue de Casablanca, enseignant aux enfants marocaines tout en appartenant au cadre français. Pendant son service militaire, élève officier de réserve à Antibes (Alpes-Maritimes), sous-lieutenant à Blois (Loir-et-Cher), il termina son temps à Fès (Maroc) et lutta contre la pratique de la torture au début de la guerre d’Algérie. Rentré en France en 1957, instituteur à Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime) en 1958, inscrit avec son épouse en faculté, il fut intégré dans le corps des professeurs d’enseignement général (lettres-histoire-géographie) et nommé au collège d’enseignement général Roncherolles.

Son mariage religieux en avril 1958 à Gruchet-le-Valasse se déroula, avec l’approbation épiscopale, sous une forme nouvelle avec des francs-maçons chantant des psaumes préparés à l’école laïque et la disposition en cercle des chaises. Son épouse Madeleine, dite “Maddy“ Batard, native de Gruchet-le-Valasse, était la fille d’un expert-comptable et d’une employée des postes (téléphoniste) originaires de Rouen. Élève de l’École normale d’institutrices de Rouen, en 1958, elle était aussi institutrice à Gruchet-le-Valasse. Elle devint PEGC d’Anglais. Leurs deux enfants reçurent les premiers sacrements catholiques.

Le couple appartenait aux “Equipes enseignantes“ regroupant des chrétiens se réclamant d’une orientation sociale et de l’école laïque. Ils ne pratiquaient pas et militaient tous deux au Comité local d’action laïque et au Secours populaire dont elle était la responsable locale. Ils adhéraient au Syndicat national des instituteurs. Personnellement il était trésorier cantonal du SNI. Lors de sa formation en 1990, il adhéra au Syndicat des enseignants.

Roussel, membre, avec son épouse, de l’Union de la gauche socialiste en juin 1958, secrétaire de la section du Parti socialiste unifié à sa fondation en 1960, il était membre du bureau de la fédération en 1967. Maddy Roussel faisait partie du comité exécutif fédéral. Il en fut de même dans le Parti socialiste auquel ils adhérèrent au début des années 1970 puis démissionnèrent de la section de Bolbec en raison de désaccords avec les dirigeants locaux tout en gardant leurs convictions socialistes.

Candidat aux élections législatives en 1962, dans la cinquième circonscription (Fécamp), il obtint 2 742 voix sur 63 460 inscrits. Il se retira. En 1967, il réunit 4 687 voix sur 64 238 inscrits, le candidat de droite étant réélu au premier tour. En 1968, il mobilisa 6 219 voix sur 64 435 inscrits. En 1973, il obtint 2 873 voix sur 68 295 inscrits.

Aux élections cantonales de 1964 et 1970 à Bolbec, Roussel fut élu conseiller général de Bolbec de juin 1982 à 2008, gagnant un siège détenu par les communistes jusqu’en 1982. En 1988, avec au premier tour 33,3 % des voix, il fut élu après le désistement du candidat communiste. Durant son premier mandat, membre de la commission des finances et de la commission d’action sociale, il fut actif dans les questions de solidarité, d’action sociale et de coopération internationale. Il devint président de la commission d’action sociale par la suite. Sous sa responsabilité fut réalisé notamment le schéma gérontologique. En désaccord avec les orientations du PS dans le département, il le quitta, tout en conservant ses idées socialistes et laïques. Affirmant dans sa campagne électorale qu’il n’appartenait “plus à aucun parti politique », il fut réélu au deuxième tour, en 2001, avec 54 % des voix battant le candidat communiste Michel Havard et la Préfecture le classait comme “divers gauche“ dans une majorité souvent élue avec l’étiquette “Alternance 76“. Il fut choisi de 2001 à 2004 comme vice-président du Conseil général orienté à droite, chargé des affaires sociales, tâche pour laquelle son épouse l’assista ; la Préfecture le classa alors parmi les “divers droite“ ce qui ne correspondait pas à ses opinions.

Roussel animait avec son épouse des associations locales à orientation laïque, sociale (“insertion-réhabilitation“, aides ménagères notamment), culturelle (dont l’Office du tourisme et comité de jumelage), ou de solidarité avec le Burkina-Fas, créé plus tard (août 1998).

Roussel fut candidat à toutes les élections municipales de Bolbec à partir de 1959 où, le 8 mars, il obtint 978 voix sur la « Liste des Républicains de Gauche pour la défense des travailleurs ». Candidat sur la « Liste d’entente pour la défense des intérêts de la ville de Bolbec », au deuxième tour, il fut élu conseiller municipal le 21 mars 1965 et réélu, au deuxième tour, le 21 mars 1971, conseiller municipal d’opposition sur la « liste d’Union populaire ». En parallèle, il présida la Maison de la jeunesse et de la culture en 1970-1971 puis resta membre de son conseil d’administration. Puis aux élections municipales du 13 mars 1977, élu en troisième position sur une liste « d’union démocratique pour une nouvelle gestion municipale » présentée par le Parti communiste français et le Parti socialiste à direction communiste, il devint deuxième adjoint au maire, délégué au logement et au cadre de vie, membre des commissions des finances, de l’administration, du bulletin municipal, de l’urbanisme. Responsable de la commission administrative du bureau d’aide sociale, il représentait la ville aux conseils d’administration de SEMINOR et de la société d’HLM de la Basse-Seine, au Syndicat intercommunal à vocation multiple du canton de Bolbec et au Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Bolbec-Cruchet-le-Valasse. Il intégra en décembre 1980 le groupe de travail sur le Plan d’occupation des sols. Le 6 mars 1983, il conduisait une liste présentée par le Parti socialiste qui arriva derrière celle du PCF et pour le deuxième tour, il fut réélu sur la liste « d’union de la gauche pour Bolbec ». Le matériel de propagande mettait alors en même position le maire sortant Paul Belhache, et le chef de file du PS, Pierre Roussel. Confirmé comme deuxième adjoint, sa délégation se modifia : au logement s’ajouta l’action sociale. Après le décès du maire, en février 1988, une crise commença. A la suite d’un désaccord avec les élus communistes, la démission des élus socialistes et la dissolution de la municipalité s’ensuivirent. Aux élections municipales du 27 mars 1988, Roussel conduisait la liste « Bolbec maintenant », affrontant la liste composée par le PCF qui la devançait au premier tour. Réélu au deuxième tour, il conserva son poste de deuxième adjoint et fit partie du conseil d’administration du Centre communal d’action sociale. La même situation se reproduisit l’année suivante et la liste conduite par Michel Havard, communiste, l’emporta sur la liste « Bolbec Maintenant » reconduite. L’union se fit pour le deuxième tour. Il conserva son poste de deuxième adjoint dont la délégation devint l’emploi, la formation et le développement économique. Membre des commissions des finances, de l’administration et de l’urbanisme, il conserva sa participation aux syndicats intercommunaux avec celui de l’électrification de la région de Bolbec-Lillebonne. L’année suivante, il fit aussi partie du conseil communal de la délinquance.

Roussel fut élu maire de Bolbec de 1995 à 2001, sa liste, qualifiée « divers droite » par la presse, l’emportant sur la liste Havard. Ses responsabilités municipales s’étendirent. Notamment fut créée la Communauté des communes du canton de Bolbec. Il ne se représenta pas en fin de mandat et Havard redevint maire. Roussel fut à nouveau battu aux élections municipales de 2008 obtenant 14, 8 % des voix au premier tour à la tête d’une liste “divers gauche“, « Gagner pour Bolbec », puis 9 % le dimanche suivant. En mars 2014, lors des élections municipales, il soutint la liste « pour une nouvelle dynamique pour Bolbec » à direction communiste.

Roussel décéda à l’hôpital de Lillebonne. Ses obsèques religieuses à Bolbec, célébrées par l’aumônier des Équipes enseignantes, regroupèrent des personnalités d’opinions très diverses. Un non-chrétien lut l’Évangile ; un maire communiste des environs lut l’hommage écrit par Sébastien Jumel, maire-conseiller général communiste de Dieppe.

Son épouse collabora à son activité, participant avec lui aux actions de coopération décentralisée pour la formation professionnelle des adultes organisées par le Conseil général.

Iconographie :

R idem

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171024, notice ROUSSEL Pierre, Jean, André par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 26 février 2015, dernière modification le 26 février 2015.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Roussel, instituteur en 1954
Roussel, instituteur en 1954
Roussel et son épouse en 1987
Roussel et son épouse en 1987
Roussel, militaire
Roussel, militaire
Roussel au Conseil général en 1987
Roussel au Conseil général en 1987

SOURCES : Arch. Nat., 581AP/135/488, 19890523/15, 20040455/13. — Arch. mun. Bolbec (Cathetine Tocqueville). — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé. — Ministère de l’Intérieur, Les élections législatives de 1962 et 1967, La documentation française. — Tribune Socialiste, 14 mars 1964, 2 février 1967. — Fichiers adhérents de l’UGS. — Le Trombinoscope des régions, départements et DOM-TOM, La Gazette du Parlement, tome 2, Paris, 1991. — Presse nationale et locale.

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