BABAZ Robert Alexandre

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 15 juillet 1924 à Lyon 3e (Rhône), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzweiler (Bas-Rhin) ; photograveur ; résistant réseau Alliance.

D’une famille originaire de Marignier (Haute-Savoie), Robert Babaz était le fils de René Jean, représentant de commerce et de Francine Léontine Penet. Il était célibataire et demeurait chez ses parents. Il entra en 1939 comme apprenti photograveur à l’imprimerie Arnaud, à Villeurbanne, où il fut formé par monsieur Gaston Hemmerlé, directeur du service photogravure, qui pendant l’occupation effectua des travaux professionnels pour des réseaux de Résistance (impression de tracts, reproduction de cachets, signatures, plans, etc.). Robert Babaz aidait son patron dans ces travaux puis affirmant que son père était membre d’un réseau de Résistance, il faisait effectuer pour lui des reproductions de textes ou documents. Effectivement René Babaz faisait partie du réseau de renseignements militaires Alliance en tant que chef du service de sécurité. Ce fut sans doute par son intermédiaire que son fils Robert intégra le réseau fin janvier ou début février 1943, sous le pseudonyme d’"Yves Bernardin" (matricule X.41) et "Couroucou". René Babaz étant recherché par la Gestapo et les services de la police française de Lyon, dut sur ordre de ses chefs se rendre à Paris début septembre 1943 en compagnie de son épouse affectée au réseau comme agent de liaison et de son fils Robert, chargé de l’exécution de clichés, d’impressions et de photographies et loua un appartement dans le 15e arrondissement. Robert Babaz fut affecté à l’État-major "Grand Hôtel" comme agent de liaison au service de sécurité et d’acheminement des courriers. Il fut arrêté à Paris par la Gestapo le 17 mars 1944, en compagnie de Suzanne Brunier, amie de la famille et également résistante, suite à la dénonciation par un agent double et interrogé au siège de cette dernière, rue des Saussaies. Accusé d’espionnage et d’aide aux puissances alliées, il fut interné à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) puis déporté par le convoi du 19 mai 1944 à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin) où il arriva le 20 mai avec la classification NN (Nacht und Nebel, Nuit et brouillard). Il fut interné au block 10 avec les hommes du réseau, dont il était le benjamin.
Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Robert Babaz, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la salle des exécutions puis incinérés dans le four crématoire du camp.
Il fut homologué le 23 juin 1949 comme agent P2 et chargé de mission de 3e classe des FFC (Forces françaises combattantes) avec le grade de sous-lieutenant.
Il obtint à titre posthume la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance ainsi que le titre de déporté résistant le 29 mai 1956 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 26 juin 2004.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Marignier (Haute-Savoie) et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzweiler (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article177623, notice BABAZ Robert Alexandre par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 1er février 2016, dernière modification le 6 février 2017.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Dossier DAVCC Caen.— Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé", Fayard 1968.— Mémorial GenWeb.— Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof".— Mémorial de l’Alliance, 1948.— "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 2.— État civil.

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