CANIVET Nestor, Élisée, Charles, Hubert

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

Né le 28 septembre 1907 à Emerchicourt (Nord), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; officier de carrière ; résistant réseau SR Alliance.

Fils de Bénoit Canivet, charron, et de Juliette Coudeur, ménagère, Nestor Canivet était capitaine dans l’armée d’active. Il s’était marié le 9 décembre 1930 à Fontainebleau (Seine-et-Marne) avec Aimée Renée Marielle Landié dont il eut une fille, Christiane née en 1936. La famille résida à partir de janvier 1938, à Paris, 64, rue des Mathurins (8ème arr.). En août 1943, Nestor Canivet y était toujours domicilié. Il exerçait alors la profession de publiciste (sans doute après la dissolution de l’armée d’armistice). Nestor Canivet était auparavant capitaine dans l’armée d’active..
Il entra dans la Résistance comme agent de renseignement du réseau Alliance sur la Région Méditerranée, au secteur de Nice sous le pseudonyme de Max rejoignant ainsi (vraisemblablement grâce à des liens établis de longue date) un grand nombre d’officiers et sous-officiers d’active de la région (le réseau fondé par Georges Loustanau-Lacau étant de forte culture militaire et de tendance droite nationaliste, ce que le recrutement dans les Alpes-Maritimes marque clairement). Les Alpes-Maritimes étant sous occupation italienne, il fut arrêté conjointement par les autorités italiennes et la SIPO-SD suite à dénonciation par un agent double le 20 août 1943 à l’hôtel Ruhl, à Nice. Interné à la prison de Menton le 19 septembre, il fut transféré à celle de Cimiez, à Nice le 16 novembre 1943 et à celle de Marseille le 18 décembre. Il fut transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 19 mars 1944 et déporté le 28 avril 1944 à destination de Strasbourg puis du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il fut mis au block 10 avec les autres agents masculins du réseau. Le dossier d’accusation d’espionnage et aide aux puissances alliées concernant également Jean Chaudière*, André Berson*, André Dujat des Allimes*, Jean Autran et Maurice Chapeleau* (affaires n° 286) fut transmis le 7 juillet par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus » et le classa "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard"). Aucun procès n’eut lieu. Lorsque les inculpés furent remis le 10 septembre à disposition de la Gestapo de Strasbourg leur sort s’était déjà joué.

Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Nestor Canivet, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés dans le four crématoire du camp, situé juste à côté, dans le même bâtiment.
Nestor Canivet fut homologué comme agent P2 des FFC (Forces françaises combattantes) avec le grade de capitaine par arrêté du 30 juin 1947.
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 11 mai 1946 et "Mort en déportation" par arrêté du 12 juillet 2007 ainsi que le titre de "Déporté résistant" attribué le 7 septembre 1953. Il obtint la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance à titre posthume en 1947 ainsi que le certificat du mérite britannique.
Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178659, notice CANIVET Nestor, Élisée, Charles, Hubert par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault, version mise en ligne le 4 avril 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

SOURCES : Dossier DAVCC Caen.— MémorialGenWeb. — Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof". — Marie-Madeleine Fourcade in "L’Arche de ¨Noé", Ed. Fayard 1968. — Auguste Gerhards in "Tribunal de guerre du 3e Reich", Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 2. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément