EMONIN Marceline [Née FORT Marceline]

Par Ponnavoy Jean-Louis, Michel Thébault

Née le 6 avril 1905 à Saint-Denis-d’Oléron (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; exécutée sommairement le 2 septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; résistante réseau Alliance en Charente-Maritime.

Marceline Emonin était la fille de Antoine Fort, marin, et de Marie Drouillard. Marcelline Fort se maria le 25 juillet 1925 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) avec Georges Emonin dont elle eut un fils Max, né le 30 juin 1926.
Marceline Emonin entra dans la Résistance au réseau Alliance avec son mari. Ce réseau, dont l’agent principal pour le secteur de La Rochelle (Charente-Maritime), région sud-ouest « Hangar », était Christian de la Motte Rouge était constitué majoritairement autour de Léonce Vieljeux, armateur, colonel de réserve et maire de La Rochelle. Il avait principalement pour objectif la surveillance de la côte atlantique et en particulier la surveillance du trafic de l’importante base de sous-marins de La Rochelle.
Marceline Emonin fut arrêtée en même temps que son mari, et que son fils Max âgé de 17 ans, et elle l’accompagna dans ses diverses détentions puis fut déportée en avril 1944 sous la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard") à destination de Strasbourg et du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où elle arriva par le convoi du 29 avril 1944 et y fut internée avec les autres femmes du réseau dans « le garage », une ancienne remise à voitures. Leur fils Max, âgé de 17 ans fut déporté le 21 décembre 1944 à destination de Dachau puis de Sachsenhausen, le 18 janvier 1945 et survécut à la guerre mais amputé d’une jambe.
Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Marceline Emonin et son mari, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.

Elle obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 27 novembre 2009. Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) et sur le monument aux morts de La Rochelle.
Elle partage avec son mari le nom d’une rue de La Rochelle (Charente-Maritime).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178713, notice EMONIN Marceline [Née FORT Marceline] par Ponnavoy Jean-Louis, Michel Thébault, version mise en ligne le 6 avril 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Ponnavoy Jean-Louis, Michel Thébault

SOURCES : Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé", Éd. Fayard 1968.— Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof".— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— État civil.

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