FERRAND Bernard Marie Joseph Albert

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 20 janvier 1900 à Vassy-lès-Avallon, commune d’Etaule (Yonne), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; prêtre ; résistant SR Alliance.

Bernard Ferrand était le fils de Marie Aimé Octave, âgé de 44 ans, propriétaire et de Marie-Ernestine Goupilleau, âgée de 34 ans.

Il fut ordonné prêtre en 1923 et nommé à Joigny, puis devint vicaire à la cathédrale d’Auxerre en 1927 et aumônier de l’école Jeanne d’Arc en 1929. Il fonda la colonie de vacances des Florimontains de Tamié, à Plancherine (Savoie). Malgré une vue déficiente à cause d’une maladie, il s’engagea dans la Résistance sous le pseudonyme de "Pintade", et devint chef du secteur de l’Yonne. Autour de la société sportive de la Jeune garde, à Avallon, il forma un groupe de Résistance qui fut rattaché le 1er janvier 1943 au réseau Alliance de l’Yonne, région Est. Avec son groupe, il communiquait des renseignements à Londres et il recueillait des pilotes alliées et des juifs dont il organisait l’évasion en lien avec le "Bureau de Recherches sur l’Aide Apportée aux Evadés Alliés" (B.R.A.A.E.A Section britannique) et le réseau Mithridate.

A la suite d’un vaste coup de filet des allemands sur le réseau Alliance, il fut arrêté le 22 septembre 1943 à Avallon et interné à la prison de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) puis à celle de Dijon (Côte-d’Or) en novembre 1943. Il fut déporté le 20 mars 1944 sous la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard") à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva par le convoi du 29 avril 1944 et fut interné au block 10 avec tous les hommes du réseau.

Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Bernard Ferrand, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.

Il obtint les mentions de "Déporté résistant" le 30 juin 1954, "Mort pour la France" le 25 juin 1946 et "Mort en déportation" par arrêté du 13 septembre 1993.

Il fut nommé à titre posthume chevalier de la Légion d’honneur le 27 juillet 1946 et capitaine en date du 1er novembre 1947.

Bernard Ferrand a reçu plusieurs éloges posthumes dont celui de Marie-Madeleine Fourcade, responsable du réseau Alliance : « Bernard Ferrand a largement contribué à soutenir le moral des détenus de la baraque 10 en disant clandestinement la messe (…) Par son exemple et par son sacrifice, il compte parmi les meilleurs artisans de la Victoire ».

Son nom figure sur la plaque commémorative des anciens élèves de Saint-Marc, à Lyon, sur la plaque commémorative des écrivains, au Panthéon, à Paris, sur la plaque commémorative de la basilique Saint-Lazare et sur la stèle commémorative 1939-1945 de la Jeune Garde au stade municipal, à Avallon (Yonne), sur les monuments aux morts d’Avallon (Yonne), du hameau de Vassy, à Étaule (Yonne), sur le monument commémoratif de Quarré-les-Tombes (Yonne), sur le monument aux fusillés et déportés, à Auxerre (Yonne) et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin). Une place de Vassy-lès-Avallon (Yonne) et une rue d’Avallon portent son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180728, notice FERRAND Bernard Marie Joseph Albert par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 14 mai 2016, dernière modification le 30 octobre 2018.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier P 183639 transmis par Delphine Leneveu.— Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968.— Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, 2014.— "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 2.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof".— "Biographie".— État civil.

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