ROQUET Albert Marie Prosper

Par Jean Louis Ponnavoy, Michel Thébault

Né le 7 juillet 1903 à Chauvigny (Vienne) ; exécuté sommairement le 2 septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; sous-directeur d’entreprise ; résistant réseau Alliance.

Albert Roquet était le fils d’Achile René, ferblantier, âgé de 31 ans et de Marie Léontine Églantine Caillaud, sans profession, âgée de 29 ans. Il était le cousin d’Edith Augustin et les deux familles étaient voisines à Chauvigny. Après son service militaire, il partit quelques années travailler en Sierra Leone. A son retour, il se maria le 9 décembre 1929 à Poitiers (Vienne) avec Marie Eugénie Tillet, une amie de sa cousine Edith Augustin avec laquelle elle étaitt associée dans un magasin de modiste à Poitiers. Il devint sous-directeur d’une entreprise de travaux publics, La Fraternelle.
En 1942, un cousin de Marie Roquet, Orner Parnaudeau, membre du réseau "Alliance", séjournant à Poitiers avant de franchir la ligne de démarcation le convainquit de rejoindre le réseau. Un groupe poitevin d’Alliance se constitua alors autour du noyau familial, Edith Augustin, Albert Roquet et ses beaux-parents Eugène et Marie Tillet. Albert Roquet intégra le réseau Alliance de la région Sud-Ouest "Hangar" sous le pseudonyme "Sylvio" et le matricule "N72", comme agent de renseignements et refuge d’agents. Bon dessinateur, il dressa les plans de terrains destinés à des parachutages. Les renseignements obtenus étaient communiqués à Londres par un poste émetteur caché chez ses beaux-parents.
En septembre 1943, un agent double livra aux Allemands les noms de 200 résistants appartenant au réseau "Alliance", notamment les agents de la région sud-ouest. Les arrestations à Poitiers furent effectuées à partir de la mi-décembre. Albert Roquet fut l’un des premiers arrêtés le 21 décembre 1943. Une perquisition, effectuée au siège de La Fraternelle où il était employé, permit de découvrir, dans le coffre-fort de la société, sept kilos de cheddite et quatre cents détonateurs qui auraient été amenés à Poitiers, quelques jours auparavant en provenance d’un chantier situé à Availles-Limouzine.
D’abord incarcéré prison de la Pierre Levée. Il fut transféré avec tout le groupe le 29 février 1944 vers la prison de Fresnes et déporté sous la classification "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard") à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva par le convoi du le convoi du 29 avril 1944 et fut interné dans le block 10 avec les autres hommes du réseau.
Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Albert Roquet, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 1er avril 1998. Après la guerre, Albert Roquet comme Edith Augustin, Eugène et Marie Tillet furent nommés sous-lieutenants à titre posthume. Ils reçurent la Légion d’honneur, la Croix de guerre, la médaille de la Résistance et un Certificate of service, signé du Maréchal Montgomery, pour avoir donné leur vie afin que l’Europe puisse être libre. Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181047, notice ROQUET Albert Marie Prosper par Jean Louis Ponnavoy, Michel Thébault, version mise en ligne le 23 mai 2016, dernière modification le 23 mai 2016.

Par Jean Louis Ponnavoy, Michel Thébault

SOURCES : État civil — Marie-Madeleine Fourcade L’Arche de ¨Noé Fayard 1968 — Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, 2014.— Mémorial de l’Alliance, 1948" — Vienne Résistance Internement Déportation, article de Jean-Marie AUGUSTIN professeur à l’Université de Poitiers — Mémorial Genweb.— Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof".

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