RAULO Armel François, Albert

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 21 mai 1917 à Brou (Eure-et-Loir), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; précepteur à l’Institut catholique : résistant du SR réseau Alliance.

Armel Raulo était le fils de Bernard Jean Marie, notaire suppléant et de Léontine Marie Pauline Brillouet et le frère de Paul Raulo*, assassiné avec lui. Il était célibataire.
Précepteur à l’Institut catholique et étudiant en droit, il fut mobilisé comme caporal au 24è régiment d’infanterie et fait prisonnier puis libéré comme pupille de la Nation. Il demeurait chez ses parents à Malicorne (Sarthe). Il entra au réseau de renseignements militaires "Alliance" le 1er avril 1942, comme chargé de mission de 3ème classe (sous-lieutenant) avec le matricule "S.73", sur la région Bretagne "Chapelle", secteur de Rennes, et adjoint de Le Tullier, chef du secteur. Il fut interprète d’allemand aux usines Jalet d’août à décembre 1943.

Arrêté par la Gestapo le 16 décembre 1943 sur son lieu de travail aux usines Jalet à Nantes, à la suite d’une dénonciation, il fut incarcéré à la prison Lafayette, à Nantes puis transféré à la prison de Fresnes le 11 mars 1944 où il fut mis au secret. Il fut déporté le 24 avril (selon le dossier DAVCC), vers Strasbourg, en attendant son transfert en camionnette à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva par le convoi du 20 mai 1944 (selon la FMD) et fut interné au block 10 avec les autres membres masculins du réseau. Le dossier d’accusation pour espionnage et aide aux puissances alliées fut transmis le 17 juin par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa le tampon « secret » et la mention "NN" ("Nacht und Nebel"-"Nuit et Brouillard") mais le jugement n’eut jamais lieu

Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Armel Raulo et son frère Paul, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Comme tous les autres détenus du camp il fut remis à disposition de la Gestapo de Strasbourg le 10 septembre 1944 mais il était déjà trop tard !

Armel Raulo obtint la mention "Mort pour la France" le 24 octobre 1946, le titre de déporté résistant le 14 octobre 1952 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 25 octobre 2012.

Il fut décoré à titre posthume de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Médaille militaire le 3 septembre 1946, de la Médaille de la Résistance le 13 juillet 1947.
Il fut homologué en 1952 comme agent P2 des FFC (Forces françaises combattantes).
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique), et sur la plaque du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188304, notice RAULO Armel François, Albert par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 4 janvier 2017, dernière modification le 15 avril 2018.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : DAVCC dossier 21 P 132 188.— Marie-Madeleine Fourcade L’Arche de ¨Noé Fayard 1968.— Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éditions du Cherche-Midi, Paris 2014.— Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Jean-Pierre Sauvage, Xavier Trochu, Mémorial des victimes de la persécution allemande en Loire-Inférieure 1940-1945, Nantes, 2001. — Mémorial GenWeb.— Wikipédia « Réseau Alliance » et « camp de concentration de Natzweiler-Struthof ».— État civil.

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