RAULO Paul Henri Bernard

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 6 août 1918 à Tours (Indre-et-Loire), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin) ; militaire de carrière ; résistant du réseau SR Alliance.

Paul Raulo était le fils de Bernard Jean Marie, notaire suppléant et de Léontine Marie Pauline Brillouet et le frère d’Armel Raulo* assassiné avec lui. Il fut adopté par la nation par jugement du Tribunal civil de la Marne le 31 mai 1929. Il était célibataire et demeurait chez ses parents, à Malicorne (Sarthe).

Sous-officier d’active, prisonnier de guerre et évadé en 1941, il entra dans la Résistance en mars 1942 comme chargé de mission de 2e classe (lieutenant) à l’état-major du réseau Alliance à Paris, secteur "Grand hôtel". Il était cartographe de la centrale de renseignements et agent de liaison sous les pseudonymes de "Gnou" ou "Arthur".

Capturé par la police française le 16 mars 1944 à Paris, à la sortie du métro "Concorde", suite à l’infiltration du réseau par le SD, il fut transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Il fut déporté le 19 mai vers Strasbourg puis emmené en camionnette à destination du camp de Schirmeck (Bas-Rhin), où il arriva par le convoi du 20 mai 1944 et il fut interné au block 10 avec les autres membres masculins du réseau. Son dossier fut transmis par la Gestapo de Strasbourg le 26 juin 1944 avec l’accusation d’espionnage et aide aux puissances alliées, au Tribunal de guerre du Reich, qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus", ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le jugement n’eut jamais lieu.

Devant l’avance alliée les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Paul Raulo et son frère Armel, furent sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque à la chambre d’exécution puis incinérés directement dans le four crématoire du camp, situé dans le même bâtiment.
Comme tous les autres détenus du camp il fut remis à disposition de la Gestapo de Strasbourg le 10 septembre 1944 mais il était déjà trop tard !
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 24 octobre 1946, le titre de déporté résistant le 14 octobre 1952 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 25 octobre 2012.

Il fut décoré de la Croix de guerre avec palme le 27 novembre 1946 et de la Médaille de la Résistance (JO du 13 juillet 1947), à titre posthume.

Son nom figure sur les monuments aux morts de Brou (Eure-et-Loir) et de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique), sur la plaque commémorative de l’Institution Saint-Étienne, à Châlons-en-Champagne (Marne) et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzwiller (Bas-Rhin).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188306, notice RAULO Paul Henri Bernard par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 4 janvier 2017, dernière modification le 19 septembre 2018.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : DAVCC dossier 21 P 132191.— Marie-Madeleine Fourcade L’Arche de ¨Noé Fayard 1968.— Auguste Gerhards Tribunal du 3e Reich, Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éditions du Cherche-Midi, Paris 2014.— Livre Mémorial des Déportés de France de la F.M.D. tome 2.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— Wikipédia « Réseau Alliance » et « camp de concentration de Natzweiler-Struthof ».— État civil.

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