CHONAVEL Jacqueline [née CHARTRAIN Jacqueline, Rose]

Par Céline Lenormand, Nadia Ténine-Michel

Née le 7 juillet 1924 à Paris (Ve arr.) ; sténodactylo ; membre du secrétariat fédéral du PCF ; maire de Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis) de 1959 à 1986, conseillère générale de Seine-Saint-Denis (1967-1970), députée de Seine-Saint-Denis (1968-1981).

Jacqueline Chonavel
Jacqueline Chonavel
[Assemblée nationale, Notices et portraits]

Issue d’une famille ouvrière, Jacqueline Chonavel fut élevée par son père nourricier, compagnon de sa mère, Jean Duflot*, chaudronnier au Gaz de Paris, trésorier adjoint de la Fédération CGT de l’Éclairage, mort à Mauthausen en 1943. Elle avait une sœur, assistante sociale, et un frère cadet, mécanicien. Elle souhaitait devenir institutrice, mais dut travailler comme ouvrière dans la maroquinerie dès après le certificat d’études où elle fut reçue première du canton. Elle avait fait une première année de cours supérieur. Elle résidait à Bagnolet depuis sa naissance et fréquentait l’association sportive de cette ville administrée par le communiste Paul Coudert* depuis 1928.

Sans activité jusqu’au début 1944, Jacqueline Chonavel se lia alors à un ouvrier juif et communiste, Serge Wainfeld, qui fut arrêté et disparut en juillet 1944. Peu après, elle apprit la mort de son père. Cette double perte détermina sa vocation militante. Elle indique les dates de septembre 1944 pour son adhésion à la JC, d’octobre 1944 pour la CGT (syndicat des employés) et de mai 1945 pour le PCF. Elle suivit une école élémentaire de section en août-septembre 1945 et une école centrale des élus municipaux en novembre 1948. Elle entra en 1946 au comité de section de Bagnolet et en 1947 au secrétariat de section.

Après la Libération, elle fut sténodactylo et travailla notamment chez les communaux, puis au journal Vaillant, fut responsable locale de l’Union des jeunes filles de France (UJFF), secrétaire du foyer de Bagnolet, et coopéra avec Georges Valbon*, secrétaire du cercle de Bagnolet de l’UJRF. Elle se maria en février 1947 avec Roger Chonavel*, typographe, ancien déporté et militant communiste, plus tard journaliste à l’hebdomadaire France nouvelle. Ils adoptèrent deux enfants.

Jacqueline Chonavel fut élue, en 1947, 4e adjointe de Bagnolet, puis 3e adjointe en 1953, coopérant avec Henri Vaysse*. Lors de la conférence fédérale de la Seine, en mars 1950, elle fut élue à la commission fédérale de contrôle financier, réélue l’année suivante après avoir suivi les cours de l’école centrale de quatre mois du PCF. À l’issue de l’école, les responsables de la formation qui apprécièrent ses qualités intellectuelles et ses efforts pour vaincre une certaine timidité, la destinaient au travail parmi les femmes. En 1953, elle entra au comité fédéral de la Seine, puis, lors de la création des fédérations de banlieue, dans les mois suivants, elle entra au secrétariat de la fédération Seine-Nord-Est du PCF. Entre 1957 et 1959, elle fut détachée auprès de l’UFF tout en gardant officiellement cette responsabilité, qu’elle quitta finalement pour succéder à Paul Coudert comme maire de Bagnolet, devenant la première femme à administrer une ville de plus de 30 000 habitants. Elle passa alors au bureau fédéral, puis, en 1968, au comité de la fédération devenue Seine-Saint-Denis en 1966. Depuis 1962, elle était responsable de la commission féminine fédérale et siégeait à la commission féminine du comité central du PCF. En 1958, elle était secrétaire de l’Union des femmes françaises du département de la Seine, puis, en 1964 et 1965, était membre du conseil départemental de la Seine de cette organisation.

Jacqueline Chonavel fut élue, en 1967, conseillère générale du nouveau département de Seine-Saint-Denis au premier tour avec 70,65 % des suffrages exprimés et devint vice-présidente du conseil général. Suppléante de Jean Lolive* dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis de 1958 à 1968, elle devint députée le 9 septembre 1968 à la mort de celui-ci. Elle fut réélue en 1973 et 1978, mais devancée en 1981 par le socialiste Claude Bartolone ; elle se désista en faveur de celui-ci. En 1970 et 1971, elle fut secrétaire de l’Assemblée nationale, en fut vice-présidente de 1975 à 1976 et siégea, de 1973 à 1978, au bureau du groupe communiste. Elle appartint d’abord à la commission des lois, puis à celle des affaires culturelles, familiales et sociales et ses interventions portèrent essentiellement sur les questions familiales et les droits des femmes.

Maire de Bagnolet de 1959 à sa démission le 23 juin 1986 en faveur de Daniel Mongeau (auquel elle avait cédé son siège de conseiller général en 1970), elle mit en place un service de crèches qui n’existait pas auparavant et sa municipalité développa les activités culturelles, créant notamment le concours chorégraphique international de Bagnolet.

Jacqueline Chonavel reçut les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 20 février 1986, des mains de Madeleine Vincent*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19945, notice CHONAVEL Jacqueline [née CHARTRAIN Jacqueline, Rose] par Céline Lenormand, Nadia Ténine-Michel, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 24 mars 2011.

Par Céline Lenormand, Nadia Ténine-Michel

Jacqueline Chonavel
Jacqueline Chonavel
[Assemblée nationale, Notices et portraits]
Jacqueline Chonavel parlant dans un congrès de l'Union des jeunes filles de France
Jacqueline Chonavel parlant dans un congrès de l’Union des jeunes filles de France

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Saint-Denis, 16 W 1, 20, 25, 42. — Service de Documentation de l’Assemblée nationale. — Arch. du comité national du PCF. — Voix de l’Est, 27 octobre 1971. — Le Monde : dossiers et documents, mars 1978 et juin 1981. — L’Humanité, 8 avril 1970, 30 octobre 1974, 21 mars 1975, 10 mai 1976. — Entretiens de Céline Lenormand avec Jacqueline Chonavel, janvier 2000. — Lettre de Jacqueline Chonavel, 17 juin 2002. — Notes de Claude Pennetier. — Paul Boulland, Acteurs et pratiques de l’encadrement communiste à travers l’exemple des fédérations PCF de banlieue parisienne (1944-1974), thèse de doctorat d’histoire, Paris 1, 2011.

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