CLAVEL Frédéric

Né le 22 septembre 1822 à Paris ; mort à Suresnes le 30 mars 1902 ; fondateur et président de sociétés coopératives et du Comité central de l’Union coopérative.

Clavel était le fils d’un employé de la Chambre des Députés de la Restauration devenu inspecteur du Palais. Lui-même entra en 1839 au service de l’administration de la Chambre, comme inspecteur comptable. En 1848, selon Garnier-Pagès, il avait aidé les nouveaux pouvoirs à remettre de l’ordre dans les services désorganisés par la Révolution. En 1850, Clavel devint sous-chef trésorier à la 3e section du secrétariat de la questure. Promu, sous le régime du coup d’État, chef de bureau à la questure du Corps législatif impérial, il fut élu au conseil municipal de Suresnes, où il avait sa résidence, et l’administration préfectorale le nomma adjoint au maire de Suresnes.
En 1863, Clavel avait fondé une section de la Société philotechnique en assez étroite connexion avec la municipalité voisine de Puteaux. L’année suivante, il fondait encore une société de secours mutuels des ouvriers et en assumait la présidence. En 1866, il créa avec les mutualistes de Suresnes une société coopérative de consommation. Estimant que les mutualistes suresnois étaient trop peu nombreux pour former à eux seuls une société viable, il se joignit tout d’abord aux ouvriers de Puteaux qu’entraînait de son côté à la coopération, à la suite d’une grève vaincue, le teinturier Benoît Malon, pour constituer avec eux et les ouvriers des localités voisines la Société coopérative des ouvriers et ouvrières de Puteaux, Suresnes et pays environnants. Un changement de titre désigna bientôt cette société sous le nom de La Revendication, société civile d’épargne, de crédit mutuel et de solidarité des ouvriers de fabrique de Puteaux, Suresnes et pays environnants. Des dépôts de denrées qu’on désignait du nom anglais de « store », ce qui marque bien l’influence du mouvement anglais sur cette société, furent établis à Puteaux, Suresnes, Clichy et Courbevoie. En 1868, les associés suresnois se retiraient de la société pour fonder leur propre coopérative qu’ils appelaient l’Abeille suresnoise.
En 1871, Clavel devint secrétaire général de la questure de l’Assemblée nationale. Il prit sa retraite en 1879 et se consacra désormais exclusivement à sa coopérative. Il tenta alors de créer une « Union d’achats » avec d’autres sociétés de la région parisienne, mais échoua. Lorsque, en 1885, De Boyve et Fougerousse réussirent à mettre sur pied cet organisme, Clavel entra en rapports avec De Boyve et lui apporta, l’un des premiers, l’adhésion de sa société. Il présida le 29 juillet 1885 la dernière séance du congrès de la fédération naissante.
Son rôle grandit dans le milieu parisien. En mars 1888, il fut nommé président du bureau de la Fédération nationale en remplacement du cheminot Chevalier, de Villeneuve-Saint-Georges, et, en 1889, il fut nommé président à l’unanimité du comité d’organisation du congrès national et international coopératif. À l’issue du congrès, il devint président du Comité central de la nouvelle Union coopérative. Son attitude à ce congrès montra en lui un partisan des idées rochdaliennes de De Boyve et Charles Gide et l’opposa aux partisans de l’économie ménagère, défendue par Fougerousse et Brelay.
Malgré son âge, Clavel demeura plusieurs années à la présidence de l’Union. En 1893, préoccupé de la mauvaise constitution juridique de nombreuses sociétés, il rédigea un modèle de statuts pour la formation d’une société civile coopérative qu’il présenta au congrès de Grenoble (in-16, 19 pages). Au début de cette même année, Frédéric Clavel dut, en raison de son état de santé, abandonner son poste de président du Comité central ; il fut élu président honoraire. En cette qualité, il devait présider encore le congrès de 1896 à Paris. Il mourut en 1902.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article213259, notice CLAVEL Frédéric, version mise en ligne le 11 mars 2019, dernière modification le 11 mars 2019.

SOURCES : Almanach de la Coopération, 1895. — Correspondance de J. Gaumont en 1923 avec le fils et le petit-fils de Frédéric Clavel. — J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t II.

ICONOGRAPHIE : J. Gaumont, Histoire de la coopération, op. cit., t II.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément