DANAN Alexis

Par Michel Dreyfus

Né le 17 juillet 1890 à Gelma (Algérie), mort en novembre 1979 ; socialiste, l’un des précurseurs de l’action en faveur de l’enfance malheureuse.

En 1921, Alexis Danan faisait une tournée de conférences dans les Ardennes pour l’Université Floréal, fondée par Paul Boncour. Il était délégué pour l’Est de ce mouvement.
Journaliste à Paris-Soir, animé par l’idéal socialiste, Alexis Danan consacra une partie très importante de son activité au problème de l’enfance malheureuse. Depuis plusieurs années, dans le courant des années 1930, il avait consacré des reportages et des articles à cette question. Le 30 mai 1936 il publia dans Paris-Soir un reportage sur « La ronde des enfants perdus » qu’il termina par cet appel : « Voulez-vous contribuer au sauvetage de l’enfance malheureuse ? ». Il appelait à la création « dans chaque quartier (de Paris), dans chaque ville, dans chaque village d’un Comité de vigilance et d’action qui se charge principalement soit de recevoir avec toutes les garanties de discrétion désirables les témoignages relatifs à des détresses d’enfants ; d’instruire rapidement et par ses propres moyens ces dénonciations et, si, elles s’avèrent fondées, de les transmettre aux autorités avec son aval officiel aux fins de solution immédiate ». Une centaine de comités se créèrent donc en France. Quelques mois après, Alexis Danan participa à une « Commission de l’enfance en danger moral », mise sur pied à l’initiative de Suzanne Lacore*, sous-secrétaire d’état à l’enfance puis, en 1937, à un « Conseil supérieur de l’enfance » créé par Marc Rucart. Cependant ces initiatives n’eurent d’abord qu’un effet limité.
Avec Albert Londres dont il fut l’ami, il combattit le bagne de Cayenne dont la suppression fut décidée en 1938 mais ne fut effective qu’en 1947.
Ce fut surtout après la Seconde Guerre mondiale que le mouvement pour l’enfance malheureuse ou victime de sévices, impulsé par Alexis Danan, obtint des résultats tangibles. En 1951 une pétition nationale des Comités de vigilance recueillit 50 000 signatures ; elle visait à la création d’un Office national de l’adoption. Alexis Danan fut aussi le fondateur et le directeur de la revue les Cahiers de l’enfance. Jusqu’à la fin de sa vie, il continua à consacrer son activité à cette question.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21360, notice DANAN Alexis par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 27 octobre 2018.

Par Michel Dreyfus

ŒUVRE : La voie douloureuse (poèmes), Picart. — L’apprenti corsaire (roman), La Renaissance du livre. — Mauvaise graine, éditions des Portiques. — L’armée des hommes sans haine, Attinger. — Cayenne, Fayard. — L’ennemi aux cent visages, Fayard. — Maternité, Albin Michel. — Maison de supplices, Denoël. — L’enfant qui vient d’ailleurs, Fédération nationale des Comités de vigilance et d’action pour la protection de l’enfance malheureuse. — Vingt ans de bataille au service de l’enfance (Cahiers de l’enfance, n° 27, juin-juillet 1956, p. 9-24). — Collaboration à Paris-Soir (1921-1940), à Libération (1945-1948), à Franc-Tireur (1948-1955).

SOURCES : L’enfant qui vient d’ailleurs, op. cit. — Vingt ans de bataille au service de l’enfance, op. cit. — Les enfants malheureux vous appellent, Fédération nationale des Comités de vigilance et d’action pour la protection de l’enfance malheureuse, 1954, 20 p. — Journaux et revues cités dans la biographie. — Le Monde, 15 novembre 1979.

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