VAUDEY Louis

Par Benoit Willot

Né le 20 août 1829 à Vergigny (Yonne), mort le 5 janvier 1890 à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) ; fondeur en cuivre, conseiller municipal de Joinville (1878-1890).

Louis Zéphir Vaudey (dont l’acte de naissance porte le nom de Vaudé) était le fils de Louis Vaudé, maçon et de son épouse Marie Chanvin, l’aîné de leurs dix enfants. Ses parents habitaient dans le village de Lordonnois, rattaché à la commune de Ligny-le-Châtel (Yonne).
Il épousa en septembre 1853 à Lordonnois Justine Hélène Arsand puis, après le décès de sa première épouse en juin 1854, se remaria en janvier 1856 à Paris (2e arr.) avec Joséphine Aldebert. Ils ne semblent pas avoir eu d’enfant. Louis Vaudey était fondeur en cuivre.
Peut-être Louis était-il le Vaudey mentionné par le quotidien Le Siècle qui participa à plusieurs souscriptions en 1862-1863 : en faveur des ouvriers de Lyon et de Saint-Étienne, pour la Pologne, au profit des ouvriers sans ouvrage de l’industrie cotonnière.
Il s’engagea en tout cas en politique et Louis Vaudey fut élu conseiller municipal de Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) en janvier 1878, les républicains délogeant le maire sortant bonapartiste, Louis Ferdinand Rousseau, pour le remplacer par un modéré, Gabriel Pinson.
En septembre 1879, Vaudey participa à la création d’un sous-comité d’aide aux amnistiés de la Commune de Paris, constitué à Joinville avec Alfred Talandier, député de la Seine (1822-1890), classé à l’extrême-gauche de l’Assemblée nationale, et Alphonse Demeestère, conseiller municipal de Joinville-le-Pont (1816-1894). Le comité avait notamment pour objet de soutenir Adolphe Morandy, communard gracié et libéré en août, résidant à Joinville. L’appel à la générosité publique en faveur de ce dernier provoqua une polémique avec le maire, Gabriel Pinson, qui fit voter un blâme en conseil contre Alphonse Demeestère le 27 septembre 1879 ; Vaudey refusa de s’y associer. Il ne fut pas élu en 1881 ni en 1884.
Vaudey avait été désigné le 11 juillet 1885 comme l’un des quatre délégué des électeurs de Joinville-le-Pont auprès du comité central radical-socialiste avec Alphonse Demeestère, Henri Diot, tous deux commerçants et conseillers municipaux et Eugin Thyme, ouvrier bottier. En décembre 1885, à l’occasion d’élections législatives complémentaires, Vaudey prit part avec Baulard, Demeestère, Jullien et Thime à la constitution d’une commission, présidée par Eugène Videpied, projetant la création d’un comité de la Ligue républicaine à Joinville ; le projet n’eut pas de suite.
À l’occasion des élections municipales de 1888, Vaudey reprit un rôle électoral actif. Il participa, avec Pierre Jules Tireau, Eugène Videpied et Henry Vaudémont à la constitution d’un comité d’initiative qui convia les électeurs à demander compte aux conseillers sortants de la façon dont ils avaient rempli leur mandat. Une réunion publique fut convoquée le dimanche 8 avril. Cependant, seuls quatre conseillers municipaux répondirent présent face à 250 électeurs : Alphonse Demeestère, Henri Diot et deux autres qui ne voulaient pas se représenter, Albert Bleunard et Jules Ferdinand Baulard, ce dernier parce qu’il venait d’être élu conseiller général et qu’il appliquait les règles de non cumul des mandats. L’assemblée vota un ordre du jour de satisfaction pour les conseillers municipaux présents et désigna un comité pour présenter des candidatures au prochain scrutin, dont Vaudey fit partie.
Le comité électoral républicain radical-socialiste présenta lors d’une réunion publique devant près de 300 électeurs le 2 mai son programme et une liste, qui s’opposa à celle du maire sortant, Gabriel Pinson. Elle était conduite par Demeestère et Diot ; Vaudey y figurait en huitième position. Au premier tour, le 6 mai, les modérés furent nettement en tête et remportèrent 17 des 21 sièges à pourvoir. Vaudey, qui avait obtenu 207 voix au premier tour, se représenta au second avec trois de ses colistiers, Demeestère, Diot et Aristide Camus. Demeestère, Diot et Vaudey furent élus, ce dernier avec 216 voix soit 51% des quelques 425 suffrages exprimés. En juillet, le décès de Gabriel Pinson, qui avait été reconduit dans son poste de maire, conduisit à élire Eugène Voisin, son ancien adjoint, qui se rapprocha des radicaux-socialistes.
En janvier 1889, Vaudey s’associa à un appel de l’Union des républicains du canton de Charenton et fit partie d’un groupe d’une douzaine de Joinvillais qui soutinrent la candidature d’Édouard Jacques (1828-1900), président du conseil général de la Seine, opposé au général Boulanger ; ce dernier remporta l’élection législative partielle du 27 janvier 1889. Parmi les autres soutiens du candidat radical, on comptait le maire, Eugène Voisin, son adjoint, Nicolas Chéret, le conseiller général, Jules-Ferdinand Baulard, le journaliste Henry Vaudémont ainsi que Demeestère, Diot et Félix Imbault, conseillers municipaux de Joinville.
Toujours opposé au populisme, Vaudey s’associa en mars 1889 à Demeestère, Baulard, Camus, Vaudémont et Videpied pour mettre sur pied un comité communal anti-plébiscitaire comme il s’en était formé dans la plupart des communes de la Seine. Il prépara la campagne des élections législatives générales de septembre. La dernière prise de position publique connue de Vaudey fut en septembre de la même année l’appel de l’Union des radicaux-socialistes du canton de Charenton en faveur de Baulard, qui devint député de la 2e circonscription de l’arrondissement de Sceaux. Vaudey le signa avec notamment Demeestère, Vaudémont, Camus et Thime.
Louis Vaudey vivait sur l’île Beaubourg, aujourd’hui rattachée au quai du Barrage. Son enterrement civil fut l’occasion d’un éloge prononcé par Jules-Ferdinand Baulard et d’un discours d’Honoré Jullien, adjoint au maire et restaurateur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article218844, notice VAUDEY Louis par Benoit Willot, version mise en ligne le 3 septembre 2019, dernière modification le 3 septembre 2019.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. dép. Yonne (état-civil). — Arch. dép. Paris (état-civil). — Arch. dép. Val-de-Marne (état-civil, recensements, élections, listes électorales). — Bulletin municipal officiel Paris, quotidien, 1888. — Basile Nivelet, Joinville-le-Pont, F. Huby, Joinville, 1910. — Conseil général de la Seine, État des communes : Joinville-le-Pont, Paris, 1906. — Le Siècle, quotidien, 1862-1878. — Le Rappel, quotidien, 20 septembre 1879. — Le Petit Parisien, quotidien, 3 octobre 1879 . — La Lanterne, quotidien, 31 janvier 1889 . — Voix des communes, hebdomadaire, 1885-1890.

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