DÉSIRAT Charles, Louis

Par Claude Pennetier

Né le 2 mai 1907 à Paris (Ve arr.), mort à la mi-février 2005 à Cahors (Lot) ; secrétaire national du Secours populaire français ; militant communiste.

Fils de Charles Désirat, instituteur socialiste et syndicaliste, Charles Désirat naquit dans le Ve arr. mais fut élevé dans le XVIIIe arr. de Paris, aussi on le présente donc souvent comme natif de cet arrondissement. Orphelin de père dès 1914, il prépara l’entrée à l’école Polytechnique mais, après un échec, entra comme dessinateur chez Thomson puis à la Ville de Paris (commis dessinateur à la préfecture de la Seine, dit sa femme). Les manifestations du 6 février 1934 le décidèrent aussitôt à adhérer au rayon de Puteaux du Parti communiste. Il s’occupa particulièrement du Secours rouge. Il était, en 1939, un des secrétaires nationaux du Secours populaire français avec Jean Chauvet*, Émile Bureau*, François Vittori* et M. Raimond*.

Il s’était marié le 10 février 1930 à Paris, avec Marcelle Solaire, dactylographe, devenue membre du bureau de la section communiste du VIIe arr. de Paris en 1938 et un temps secrétaire du groupe communiste à la Chambre des députés. Le couple eut un premier enfant, Claude, né le 27 octobre 1930, qui fut très proche de son père pendant toute sa vie.

Le Parti communiste le chargea, en 1940, de reconstituer le Secours populaire avec Jules Dumont* et Auguste Gillot. Il fut arrêté après la manifestation du 13 janvier 1941 au métro Solférino, envoyé à la prison de Fresnes, et condamné en correctionnelle, le 12 février 1941, à dix-huit mois de prison. Il s’évada du camp de Compiègne dans la nuit du 21 au 22 juin 1942. Jules Crapier et Désirat se cachèrent chez Suzanne Gérard dans le XIIIe arr. de Paris. Envoyé dans les Vosges sous le nom de Roger, il fut arrêté à Nancy en 1943, torturé et incarcéré à la prison Charles III. Finalement déporté à Sachsenhausen, il dirigea, avec François, Eugène Bagard*, Léon Depollier* puis Roger Guérin*, la résistance française.

Dès son retour, il participa à nouveau à la direction du Secours populaire qu’il aurait quitté au début des années cinquante. Il avait repris la vie commune avec Marcelle Désirat qui revenait également de déportation. Un deuxième enfant était né en prison, le 6 décembre 1941 (Michel), une fille, Annie, vit le jour le 15 août 1946. Marcelle et Charles se séparèrent en 1952 et divorcèrent en décembre 1977.

En 1980, Charles Désirat, retiré et domicilié à Cahors (Lot), présidait l’Amicale des Anciens du camp d’Oranienburg-Sachsenhausen et le Comité international du camp.

Lors de sa mort, un hommage lui fut rendu à la Bourse du travail de Cahors, avant sa crémation à Allassac.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article22476, notice DÉSIRAT Charles, Louis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er février 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 4546. — Aug. et S. Gillot, Un couple dans la Résistance, op. cit. — G. Cogniot, Parti pris, t. 1, Paris, 1976. — Jean Bezaut, Mémorial d’Oranienburg-Sachsenhausen, 1980. — Témoignage de Jules Crapier. — Témoignage de Charles, Louis Désirat, mai 1999. — Notes de sa petite-fille, Sylvie Désirat et de la belle fille de son fils Claude, Aurelia Dufour.

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