GRILLOT André, Henri, dit RICHOUX

Par Claude Pennetier

Né le 2 juillet 1906 à Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne), mort le 1er décembre 2004 à Choisy-le-Roi ; ouvrier mécanicien ; responsable national des Jeunesses communistes, dirigeant communiste de Choisy-le-Roi.

André Grillot
André Grillot
Choisy infos, janvier 2005

Fils de Louise Grillot, sans profession, André Grillot assista à six ans, à l’arrestation de la bande à Bonnot dans sa ville natale. Il quitta l’école à treize ans et fit divers petits métiers (dans une entreprise de fourrures puis de papeterie, comme porteur de pain puis livreur de charbons) avant de devenir mécanicien. Il travailla chez Delaye à Paris, chez Renault dont il fut licencié pour avoir fait la grève du 1er Mai 1924, à la CAM d’Ivry (Seine, Val-de-Marne), avant d’entrer à l’usine des eaux de Choisy.
Membre des Jeunesses communistes (JC) depuis 1922, il dirigea le groupe de Pupilles de Choisy et, en 1924, après avoir suivi une école de huit jours, il accéda à la fonction de secrétaire du 7e rayon des JC (Ivry, Vitry, Choisy, Thiais, Orly). Son action fut particulièrement active en 1925 dans le cadre de la lutte contre la guerre du Maroc. La même année, les JC le déléguèrent en URSS pendant trois semaines puis lui demandèrent de faire une tournée de propagande, notamment en Bretagne.

André Grillot fit son service militaire chez les Sapeurs pompiers de Paris où il créa des groupes de jeunes communistes. À sa libération, il devint un responsable national du travail antimilitariste ce qui l’amena à travailler étroitement avec le groupe de la Jeunesse, dit « groupe Barbé-Celor » et lui valut une convocation à Moscou, auprès de l’Internationale communiste, en 1931. Il quitta la direction de la Fédération des JC au congrès de Montigny-en-Gohelle (juin 1932) et fut victime d’accusations calomnieuses qui visaient à l’écarter des postes de directions nationales.

Il vivait alors avec une militante allemande, Olges Bedario, qui travaillait pour le KIM. C’était une révolutionnaire expérimentée qui avait réussit à faire évader un des ses anciens compagnons, en 1923, en menaçant les gardiens d’un revolver. Après un an de vie commune, elle fut envoyée au Brésil où elle devint la femme de Carlos Prestes, le dirigeant communiste brésilien. La police brésilienne l’aurait livrée à la Gestapo qui la fit décapiter (témoignage d’André Grillot).

En 1933, la CGTU l’envoya soutenir — sous le nom de Richoux — la longue grève des ouvriers et ouvrières de la chaussure de Fougères (Ille-et-Vilaine). Il travailla quelque temps comme chauffeur de taxi, notamment chez Citroën, où il anima la grève de février 1934 puis entra à l’usine des Eaux de Choisy et fut aussitôt le secrétaire de la section CGTU. André Grillot était également un des secrétaires de la section communiste locale à l’époque du Front populaire. Il se maria le 31 juillet 1934 avec Maria Hocquard, née le 18 juillet 1912, dactylographe, qui milita sous le nom de Marinette Grillot et fut secrétaire à l’Humanité. Ils divorcèrent en 1957.

Mobilisé en 1939 et libéré en juillet 1940, il reconstitua le Parti communiste clandestin à Choisy. La police l’arrêta avec une douzaine de militants le 5 octobre 1940. Il fut interné à Aincourt, Fontevrault, Clairvaux, Voves, puis déporté à Mauthausen.

N’étant pas rentré de camp lors des élections municipales d’avril 1945, c’est son épouse, Marinette qui fut élue conseillère municipale communiste de Choisy. Il lui succéda lors des municipales de 1947 et resta pendant trente ans conseiller et adjoint. Le PCF lui confia pendant trois ans la responsabilité de l’importante commission de l’enfance et de la jeunesse auprès du Comité central (1946-1948) sous le contrôle direct d’André Marty dont il ne garda pas un mauvais souvenir, même si leur coopération ne s’acheva pas sous les meilleurs hospices. Ce compagnonnage avec André Marty ne contribua pas à son retour dans les instances centrales du PCF.

Après la guerre, agent de la Compagnie générale des Eaux, il fut secrétaire du syndicat CGT de l’entreprise et durant trente ans vice président du syndicat des eaux de l’Ile de France. Il était dans les années 1990, le président de l’Amicale des vétérans du Val de Marne. Militant énergique et passionné, André Grillot resta au-delà même de l’an 2000 le responsable du comité de jumelage de Choisy-le-Roi. À sa mort en décembre 2004, Choisy infos titra « André Grillot s’est éteint à l’âge de 98 ans. Une légende locale s’en va. » (Choisy infos, janvier 2005).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23743, notice GRILLOT André, Henri, dit RICHOUX par Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 novembre 2008, dernière modification le 5 février 2011.

Par Claude Pennetier

André Grillot
André Grillot
Choisy infos, janvier 2005
André Grillot au bureau municipal
André Grillot au bureau municipal
Arch. com. Choisy-le-Roi

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 7449. — Arch. Nat. F7/13090. — Jacques Varin, Jeunes comme JC, Éditions sociales, 1975. — Interview d’André Grillot par Claude Pennetier. — Choisy infos, article de Rahim Talbi, janvier 2005. — Renseignements communiqués par les archives communales de Choisy-le-Roi. — État civil de Choisy-le-Roi. — Notes de Jean Maitron et Jean-Pierre Besse. — Marc Giovaninetti, 50 ans au cœur du système communiste : Raymond Guyot, un dirigeant du PCF, thèse d’histoire, Paris 13, 2009.

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