FOMBERTAUX Antoine, dit FOMBERTAUX père, ou FOMBERTEAUX Antoine, dit FOMBERTEAUX père

Né le 22 juin 1793 à Neuilly-le-Réal (Allier), mort le 21 décembre 1878 à l’Hospice de Bicêtre (Gentilly, puis Kremlin-Bicêtre, Seine, Val-de-Marne) ; cordonnier, portier, puis teneur de livres ; membre de sociétés secrètes sous la monarchie de Juillet ; communiste révolutionnaire parisien, blanquiste.

Nous n’avons guère d’éléments sur les quarante premières années de la vie d’Antoine Fombertaux qui exerça simultanément ou successivement divers métiers : cordonnier, concierge, sans doute aussi teneur de livres et fut sans doute membre de la Société des Familles.

Il avait épousé, le 26 janvier 1820 à Moulins (Allier), Françoise Meissonnier (1794-† av. 1858), fille d’un couple de marchands. Eugène et Françoise avaient eu quatre enfants nés à Moulins, Jean-Baptiste (1822-1825) et Jean (1823-1823) morts en bas âge, Eugène (1821-1896) et Léon (1831-1866) élevés dans le militantisme révolutionnaire.

À l’automne 1838, il était concierge 26 rue Saint Benoît, (il y avait à l’époque plusieurs rues de ce nom, l’une dans le VIe arr. ancien, maintenant emplacement de la rue Réaumur, IIIe, une autre dans le Xe arr. ancien, maintenant VIe). Ici se situe l’arrestation des imprimeurs du Moniteur Républicain et de L’Homme libre fin septembre ou octobre 1838, dont son fils, Eugène Fomberteaux. Le journal se préparait ou s’imprimait dans sa loge. Poursuivi en octobre 1838 pour attentat contre la sûreté de l’État et détention de poudre (?), il ne semble pas l’avoir été pour cette publication. Il perdit néanmoins sa place, qui servait d’imprimerie clandestine, et alla habiter 5 rue Bourg l’Abbé (VIe arr. ancien, maintenant IIIe). Il était membre de la Société des Saisons. Il travaillait alors chez le cordonnier républicain Simedard, rue Saint Marcel (XIIa arr. ancien, maintenant place des Gobelins, Ve et XIIIe). En avril 1839, il acheta le fonds du jeune cordonnier Lassault. En mai 1839, il était locataire 7 rue de la Cossonnerie (IVe arr. ancien, maintenant Ier). Accusé de participation aux journées insurrectionnelles de mai 1839, il fut arrêté en août 1839 puis relaxé. Le 12 septembre 1840, demeurant 4 rue Boucher (IVe arr. ancien, actuel Ier), il fut arrêté pour coalition et écroué à Sainte-Pélagie. Mais il fut libéré pour non lieu le 15 octobre.

Sa participation à la rédaction de L’Humanitaire semble poser quelques problèmes. Lorsque l’on cite un Fombertaux parmi les rédacteurs duMoniteur républicain et de L’Homme libre, qui soutenaient Meyer, dit Fresnoy dans sa tentative de créer Le Communautaire, ce ne peut être que lui, puisque le véritable rédacteur, son fils Eugène Fombertaux, était au Mont-Saint-Michel depuis près de deux ans. D’autre part, la Gazette des Tribunaux, indique bien la profession de cordonnier, parmi les membres du groupe de l’Humanitaire arrêtés le 12 septembre 1841, même si dans les documents du tribunal correctionnel, il est inscrit comme « teneur de livres ». Enfin, il fut condamné, en octobre 1841, à quatre jours de prison, pour cris séditieux.

Il était, en 1848, membre de la Société Républicaine Centrale et fut arrêté, le 3 juin, comme blanquiste, pour complot. Libéré le 21, il fut de nouveau arrêté le 23 et finalement libéré le 22 août. Il avait appartenu aussi au bureau d’autres clubs. Il fut de ceux qui récusèrent le document Taschereau dans sa totalité (Voir Auguste Blanqui).

Le 13 juin 1849, il figura à Paris dans le mouvement du conservatoire des Arts et Métiers.

En 1851 il demeurait avec son fils cadet 9 rue Pagevin, à Paris (IIIe arr., maintenant rue Hérold, Ier). Le 2 décembre 1851, il entraîna ses colocataires dans l’insurrection, et le 4, avec son fils cadet Léon Fombertaux, commença la barricade rue Pagevin, place des Victoires. Saisi par les hommes du parti de l’ordre et conduit au poste, il fut délivré par les émeutiers. Des coups de feu furent tirés sur la troupe, de la maison où il donnait refuge à des insurgés dont il cachait les armes. En fuite, il fut l’objet d’une décision « Algérie plus » et se réfugia avec son fils Léon à Jersey.

Ce fut lui qui signa à Jersey, avec Victor Hugo et Philippe Faure, la « Déclaration à propos de l’Empire » datée du 31 octobre 1852 et qui est adressée « Au Peuple ». (Pierre Angrand, op. cit., p. 63 et sq.). Le 21 octobre 1853 il était présent, avec son fils Léon Fombertaux, à l’assemblée générale des proscrits républicains résidant à Jersey, qui déclara le sieur Julien Hubert comme espion et agent provocateur de la police de Napoléon III. Lui et son fils firent partie des 36 proscrits qui signèrent, le 17 octobre 1855, la protestation rédigée par Victor Hugo contre l’expulsion de Jersey de Charles Ribeyrolles, du colonel Louis Pianciani et de Philippe Thomas. Cette signature leur valurent, comme tous les autres, l’expulsion de l’île.

Antoine et son fils Léon revinrent en France, sans doute après l’amnistie de 1859, et s’installèrent au 5, impasse Rébeval (XIXe arr.) où ils reprirent leur métier de cordonnier. C’est là que Léon décéda, en 1866, à l’âge de 34 ans.

Lorsqu’il écrivit Les Blouses en 1879, Jules Vallès mit en scène à Buzançais un personnage imaginaire qu’il appela Fombertot. C’était sans doute une réminiscence.

Antoine Fombertaux père mourut le 21 décembre 1878 à l’Hospice de Bicêtre (Gentilly). À son enterrement l’instituteur Clair-Adolphe Chardon prononça un discours devant plus de cinq cents personnes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31023, notice FOMBERTAUX Antoine, dit FOMBERTAUX père, ou FOMBERTEAUX Antoine, dit FOMBERTEAUX père , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 29 novembre 2020.

SOURCES : Arch. Nat. CC 728. — Arch. PPo., A a/426. — Arch. Min. Guerre, B 141. — Arch. Dép. Paris (Seine), registres d’écrou, DY8 21-2913. — Cour des Pairs, Affaire des 12 et 13 mai 1839. Rapport fait à la Cour par M. Mérilhou, Paris, Imprimerie royale, 1839-1840. — Gazette des Tribunaux, 11 novembre 1841. — Anhang zu Steins Socialismus und Communismus des heutigen Frankreichs, Leipzig et Vienne, 1848, in-8°, 251 p. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984, CC 728 n° 456. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Victor Hugo, « 1853-L’espion Hubert », Oeuvres inédites de Victor Hugo. Choses vues, 1888, p. 291-330. — Pierre Angrand, Victor Hugo raconté par les papiers d’État, Paris, 1961. — Jacques Grandjonc, Communisme/Kommunismus/Communism. Origine et développement international de la terminologie communautaire prémarxiste des utopistes aux néo-babouvistes, Trier, Karl Marx Haus, 1989, p. 497 et 501. — Jean-Michel Paris, L’Humanitaire (1841) ? Naissance d’une presse anarchiste ?, Paris, L’Harmattan, 2014. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Fombertaux - Antoine », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013. — Notes de P.-J. Derainne, J. Grandjonc, J. Risacher, Pierre Baudrier, Gauthier Langlois.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément