FOMBERTAUX Eugène, dit FOMBERTAUX fils, ou FOMBERTEAUX Eugène, dit FOMBERTEAUX fils

Par Jean Risacher

Né le 17 janvier 1821 à Moulins (Allier), mort le 13 mars 1896 à Paris ; dessinateur en étoffes, puis typographe, journaliste ; communiste révolutionnaire, militant dès l’âge de 16 ans, blanquiste.

Fils d’Antoine Fombertaux et de Françoise Meissonnier, frère aîné de Léon Fombertaux, Eugène Fombertaux appartenait à une famille très engagée dans le militantisme révolutionnaire.

Il demeurait, en 1836, 40 rue de Lille (Xe arr. ancien, actuel VIe). Il devait comparaître devant un tribunal pour avoir adressé à Louis-Philippe une lettre, « la plus extraordinaire qui se puisse voir », selon l’expression d’un magistrat. Inculpé d’association illicite et de complot, il avait été écroué le 25 août 1836 à La Force. Il fut pourtant acquitté, la lettre n’ayant pas reçu de publicité, et fut libéré le 1er décembre, sur ordre du procureur, c’est-à-dire peut-être même sans procès. Il avait 16 ans. Peu après, dans la nuit du 7 au 8 août 1837, il fut arrêté, rue Beaubourg (VIIe arr. ancien, actuel IIIe), en compagnie de Joanini*, pour affichage d’une proclamation « séditieuse » intitulée Au Peuple, appelant les ouvriers à se lever pour proclamer la République et annonçant le Moniteur républicain. Jugés en assises avec Jean-Charles Bastel*, qui partageait le domicile de Fomberteaux, ils furent ainsi que Bastel acquittés du chef d’accusation de propagande républicaine égalitaire le 5 septembre 1837.

Le néobabouvisme d’Eugène Fombertaux se trouva confirmé peu après. Le premier numéro du Moniteur républicain, daté du 3 frimaire an XLVI, parut en novembre 1837. 7 numéros lui succédèrent jusqu’en juillet 1838. Fin septembre 1838 ou début octobre — il logeait bien, comme son père, rue Saint-Benoît —, il fut surpris en train d’imprimer le 4e numéro de L’Homme libre, qui succédait depuis août au Moniteur républicain. Le journal était préparé dans la loge de portier d’Antoine Fombertaux et le principal rédacteur en était Eugène Fomberteaux, assisté de Leconte Minor*, Jean-Baptiste Guillemin*, Claude Boudin*, ainsi que Pierre Joigneaux* et Gambin. Les cinq premiers furent condamnés le 12 juin 1839 à cinq ans de prison et cinq ans de surveillance par la cour d’assises de la Seine. Dans l’arrêt de la cour d’assises, son nom est orthographié par erreur Fombertaut. 

Incarcéré au Mont-Saint-Michel le 28 octobre 1839, il en fut extrait pour Doullens le 23 octobre 1842. Il fut sans doute libéré en 1844.

Militant parisien de 1848, membre de la Société républicaine centrale, il publia à Lyon, de décembre 1848 à mai 1849, une revue d’affinités proudhoniennes La Commune sociale avec son ami Gabriel Charavay et Joseph Benoît, autre communiste révolutionnaire. Il collabora aussi à L’Accusateur public d’Alphonse Esquiros. Proche d’Alphonse Blanqui, il fut l’un des 3 candidats des communistes révolutionnaires aux élections d’avril à Paris. Il fut arrêté le 26 mai avec Blanqui, Claude Feuillâtre*, Laroué*. Membre du Club des clubs, puis candidat à la Constituante, il fut signataire du Manifeste des Communistes Révolutionnaires en Juin 1849. Il était toujours militant sous le Second Empire.

En 1852, coinculpé avec Gabriel Charavay et Louis Combes dans l’affaire des bulletins du Comité central de résistance, il fut condamné à 5 ans de prison, 1000 francs d’amende, destruction des bulletins. Envoyé au bagne de Belle-Ile en février 1852, il y retrouva Barbès et Blanqui.

Frappé par la loi de Sûreté générale, Fombertaux fut recherché pendant deux jours par la police, avant d’être arrêté à son domicile, rue Campagne-Première (XIe arr., maintenant XIVe), le 24 février 1858. Il occupait un modeste emploi à l’imprimerie Dubuisson (Voir Nicolas David*). Mis en voiture cellulaire, il fut expédié à Marseille par chemin de fer, puis en Algérie, à Sidi-Bel-Abbès, sans avoir pu prévenir sa femme qui le croyait à Mazas. Rentré en France avec l’amnistie de 1859, il put reprendre son emploi à l’imprimerie Dubuisson.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article31024, notice FOMBERTAUX Eugène, dit FOMBERTAUX fils, ou FOMBERTEAUX Eugène, dit FOMBERTEAUX fils par Jean Risacher, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 29 novembre 2020.

Par Jean Risacher

ŒUVRE : La Commune sociale : journal mensuel des travailleurs, Paris, Lyon, n° 1 (5 décembre 1848)-n° 6 (5 mai 1849). La Solidarité, Paris, 1849, n° 1-3.

SOURCES : — Arch. Nat., BB 18 1398 2845 , CC 728. — Arch. Dép. Paris (Seine) DQ 19 / 607, n° 3684 ; registres d’écrou, DY4 33-3468. Bnf, Notice autorité 1, Notice autorité 2. — La Gazette des tribunaux, 6 septembre 1837, 26 mai 1839, 18 décembre 1839, 6 décembre 1849, 14 février 1852, 15 février 1852. L’Intelligence, n° 1, septembre 1837, p. 11. — Arrêt rendu par la cour d’assises de la Seine qui condamne les accusés Boudin, Fombertaut, Guillemin, Lecomte et Joigneau... Prononcé de l’arrêt, Paris, [1839]. — Lucien de La Hodde, Histoire des sociétés secrètes et du parti républicain de 1830 à 1848, Paris, Julien Lanier, 1850. — Eugène Ténot, Antonin Dubost, Les Suspects en 1858, Paris, A. Lechevalier, 1869. — Maurice Dommanget, Auguste Blanqui et la révolution de 1848, Paris, Mouton, 1972 — Claude Latta, Un républicain méconnu, Martin Bernard, 1808-1883, Saint-Étienne, Centre d’Études foréziennes, 1980. — Jean-Michel Paris, L’Humanitaire (1841) : naissance d’une presse anarchiste ?, Paris, L’Harmattan, 2014, 241 p. — Notice Wikipedia. — Notes de P.-J. Derainne, J. Grandjonc, A. Perrier, Pierre Baudrier, Gauthier Langlois.

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