LANJALLEY Paul

Né à Paris le 29 juin 1848 ; mort dans cette même ville fin juillet 1887 ; employé ; adhérent de l’AIT ; coauteur du premier ouvrage relatant l’histoire de la Commune de Paris.

Célibataire, puis marié en 1877. Petit employé au ministère des Finances à partir de 1863, Paul Lanjalley était à sa mort chef adjoint du cabinet du Ministre des Finances.
Membre de l’Internationale, il fut « de tous les clubs et des réunions depuis 1868 », mais sans doute ne participa-t-il pas à la Commune ; une note de police indique en effet à son sujet : « Il aurait quitté Paris au début de la Commune pour n’y rentrer qu’en juin ». Quoi qu’il en soit, Lanjalley se montra très actif après la proclamation de la République et, avec ses amis du Comité Central des vingt arrondissements auquel il appartenait, il présenta, le 15 septembre 1870, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter « de transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Voir Ch.-L. Chassin.

Selon un rapport de Lombard, officier de police chargé de la surveillance de l’Internationale, Lanjalley collabora à la Réforme, au Cri du Peuple, au Vengeur. Il fut, avec Berteault, rédacteur à la République des Travailleurs, 8 janvier-4 février 1871, organe de la section Batignolles et Ternes de l’Internationale.

En juillet-août 1871, l’ouvrage Histoire de la Révolution du 18 mars, qu’il avait coécrit avec Paul Corriez, paraissait en sept fascicules.

Après la Commune, il fut lié à Barberet et écrivit dans Le Corsaire. Il tint enfin la rubrique des questions ouvrières dans la République française, journal de Gambetta, qui parut à partir du 9 novembre 1871. Il y publia un compte rendu du congrès de La Haye de septembre 1872. Son engagement républicain ne devait pas se démentir jusqu’à sa disparition.

M. Vuilleumier, qui a publié la correspondance de Lanjalley avec le peintre Jeanneret (cf. Sources) l’a ainsi caractérisé : « Ce radical, qui semble avoir été membre de l’Internationale, était assurément acquis à bon nombre de ses idées. C’est ce que nous montrent très nettement ses lettres. Sans partager toutes les thèses des Jurassiens — sur l’abstentionnisme politique, par exemple — il n’en approuve pas moins vigoureusement leur lutte contre le Conseil général. Ses conceptions de l’organisation et son idéal social sont proches des leurs. Sans doute, l’adhésion de ce radical à l’AIT était-elle fondée sur pas mal d’équivoques ; elle n’en était pas moins sincère et témoigne une fois de plus de l’habileté politique de Guillaume [l’animateur de la Fédération jurassienne] qui réussit à réunir des éléments fort disparates. »
Les obsèques civiles de Paul Lanjalley se déroulèrent au cimetière Montmartre le 1er août 1887.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article63265, notice LANJALLEY Paul, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 4 décembre 2018.

ŒUVRE : Histoire de la Révolution du 18 mars (en collaboration avec P. Corriez), Paris, 1871, 571 p., Bibl. Nat. 8° Lb 57/1599.

SOURCES : Arch. PPo., B a/1140. — J. Guillaume, L’Internationale, op. cit., t. II, p. 334. — La Justice, 1er août 1887 (nécrologie). — J. Dautry, L. Scheler, Le Comité central républicain..., op. cit. — M Vuilleumier, « La correspondance du peintre Gustave Jeanneret », Le Mouvement social, n° 51, avril-juin 1965. — Note de Jean-Pierre Bonnet. — Note de Julien Chuzeville.

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