KAHN Maurice, dit DALLYS Jacques

Né vers 1875, mort en 1928 ; licencié ès lettres ; animateur du mouvement des Universités populaires et directeur de Pages libres.

Maurice Kahn naquit vers 1875 d’une famille israélite. Il poursuivit des études supérieures et devint licencié ès lettres. Dreyfusard, il participa au mouvement des universités populaires. En 1899, il versa 15 f en deux fois à la souscription ouverte par la « Coopération des Idées », ce qui laisse supposer qu’il n’était pas très fortuné. C’est peut-être à cette époque qu’il fit la connaissance de Charles Guieysse et accepta de collaborer avec lui à la publication de l’Écho de la Semaine pendant l’année 1900. Il en fut le secrétaire de rédaction et rédigea la chronique théâtrale sous le pseudonyme de Jacques Dallys. Il définit alors l’UP comme une « association libre en vue de développer la vie sociale de tous les individus sans distinction de classes » dont le but était « d’aider la Démocratie à se conquérir elle-même, rendre l’individu plus complet, plus libre, plus humain, achever l’œuvre de la Révolution française en réalisant la société de liberté et de justice, dont la Révolution n’avait jusqu’ici fait triompher que la théorie ». Il défendit le théâtre d’idées, la tendance représentée par l’Avenir dramatique et s’intéressa aux tentatives d’Antoine. Peut-être accompagna-t-il Guieysse en juillet dans son voyage en Belgique. Il écrivit dans l’Écho un article en faveur de la coopération et à la gloire d’Édouard Anseele.

En décembre, il fut l’un des fondateurs, avec Guébin, inspecteur principal du dessin dans les écoles de la Ville de Paris, du « Foyer du Peuple » du XVIIe arr. (UP des Ternes). Cette UP s’assura dès le début le soutien de la chambre syndicale des ouvriers en Voiture et de son secrétaire, Mignon. Elle possédait deux conseils : un conseil d’administration et un conseil général formé par Daniel Halévy, Maurice Kahn, Gaston Moch et Mignon.

En 1901, Maurice Kahn se joignit à Guieysse pour fonder Pages libres. Il aida à en composer les numéros et s’occupa, quoique non exclusivement, de la partie théâtrale. Il suivit une évolution politique parallèle à celle de son ami. Amédée Dunois* écrira dans la Révolution prolétarienne (n° 65, 1er octobre 1928) :

« Il s’intéressait moins directement que Charles Guieysse aux réalités du mouvement ouvrier. Dans Pages libres, il s’était réservé le rayon littéraire, qu’il dirigeait avec un goût très droit, très sûr. Mais je témoigne que le syndicalisme-révolutionnaire, le socialisme ouvrier trouvaient en lui un observateur intelligent et sympathique. » Il fut particulièrement attiré par les expériences de théâtre populaire (Bussang, Belleville...).

En février 1903, il se rendit en Grèce et donna à son retour les « Courriers de Macédoine » aux Cahiers de la Quinzaine (IV, 22). En mai 1904, il participa au premier congrès des UP de France où il présenta la pièce de Maurice Pottecher*, Liberté. Il rédigea un compte rendu de cette manifestation dans la Revue socialiste (n° 235, juillet 1904). Après le retrait de Charles Guieysse en 1907, il prit la direction effective de Pages libres et permit la publication des Réflexions sur la Violence de Georges Sorel en 1908. Après l’absorption de Pages libres l’année suivante, il continua à écrire dans la partie qui lui fut réservée dans la Grande Revue.

En 1925, il publia une plaquette intitulée Le Père d’Anatole France*, Noël France-Thibault (Paris, librairie H. Leclerc) et une étude sur Anatole France* et Émile Zola aux éditions Lemayet dont il était l’un des directeurs. Il mourut en 1928.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article97200, notice KAHN Maurice, dit DALLYS Jacques, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

SOURCE : Claire Arnould, Mémoire de Maîtrise, Pages libres, 1972, Paris I.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément