BIANQUIS Geneviève

Par Rachel Mazuy, Claude Pennetier

Née le 15 septembre 1886 à Rouen (Seine-Inférieure/Maritime), morte le 24 mars 1972 à Antony (Hauts-de-Seine) ; professeure d’allemand à l’université de Dijon ; antifasciste.

Geneviève Bianquis était l’aînée d’une fratrie de six enfants d’une vieille famille protestante cévenole. Son père, Alfred, Barthélémi Bianquis (1853-1935), pasteur de l’Église réformée, était le fils de Jean, Alphrède Bianquis (1827-1882), lui-même pasteur au Vigan (Gard) puis à Rouen ; il avait épousé le 8 avril 1880 à Alais (Gard), Victoria, Lucy Dugas (1859-1939), fille d’un avocat de cette ville.

Geneviève Bianquis et sa sœur cadette, Alice (1887-1947), étaient très proches de leur père qui les emmenaient dans les assemblées pastorales. Cette sœur épousa le pasteur Alfred Escande et fut également pasteur à Rom (Deux-Sèvres). Elles s’écrivirent toute leur vie.

En 1897, leur père fut nommé adjoint d’Alfred Boegner au comité de la Société des missions. La famille déménagea à Paris où les sœurs firent leurs études au lycée Fénelon.

Étudiante à la Sorbonne auprès de Charles Andler et Henri Lichtenberger, Geneviève Bianquis fut admise à l’agrégation d’allemand en 1908, première des deux lauréates femmes. Elle soutint une thèse d’université en 1910, une thèse d’État en 1926, et fut nommée maître de conférences à la faculté des lettres de Dijon en 1930, première femme nommée à un tel poste dans une université de province, puis elle devint professeure de langue et littérature germaniques dans la même faculté, en 1936.

Elle milita à la SFIO et fut une familière de Léon Blum. Elle fit partie du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) de Dijon puis adhéra au Parti communiste en 1936.

Révoquée par le gouvernement de Vichy, résistante discrète, elle retrouva sa chaire en 1946. Elle fut alors cofondatrice de la revue « Études germaniques}.

Elle devait être, avec André Claudot, la déléguée fédérale (titulaire) au Congrès des peuples pour la paix de Vienne en 1952. Mais malade, elle ne partit pas et Claudot fut le seul délégué à Vienne.

Retraitée en 1956, elle mourut à Antony (Hauts-de-Seine) le 24 mars 1972 âgée de 85 ans. Elle était chevalier de la Légion d’honneur.

Elle a laissé une œuvre considérable : études et traductions.
Une rue de Dijon porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100007, notice BIANQUIS Geneviève par Rachel Mazuy, Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 18 novembre 2022.

Par Rachel Mazuy, Claude Pennetier

• ŒUVRE : Ouvrages :La Poésie autrichienne de Hofmannsthal à Rilke, PUF, 1926. — Nietzsche en France. L’influence de Nietzsche sur la pensée française, 1929. — Nietzsche, Éditions Rieder, 1933. — Faust à travers quatre siècles, 1935. — Histoire de la littérature allemande, 1936 ; Henri Heine. L’Homme et l’œuvre, 1948. — La Vie quotidienne en Allemagne à l’époque romantique (1795-1830), 1958. — Amours en Allemagne à l’époque romantique, Hachette, 1961.
• Traductions : Nietzsche, La volonté de puissance 1937 ; Hölderlin,Poèmes / Gedichte., Aubier, 1943 ; Novalis,Petits écrits / Kleine schriften, Aubier, éd. Montaigne, 1947 ; Nietzsche,Ainsi parlait Zarathoustra (Also spracht Zarathustra), Aubier-Montaigne, 1968.

SOURCES : : Evelyne Diebolt,Dictionnaire biographique. Militer au XXe siècle. Femmes, féminisme, Églises et société, Michel Houdiard, 2009. —La Bourgogne républicaine, 20 décembre 1952, CR du Congrès pacifiste du 30 novembre à la Salle des États et nomination comme délégué départemental pour Vienne d’André Claudot, suppléant et de « Melle Marquis [Bianquis], professeur agrégé d’allemand, titulaire ». — La Dépêche du Jura, 6 avril 1972. — Arch. Dép. Seine-Maritime, état civil. — Généalogie de la famille par Bourely (geneanet) ; Patrick Harismendy, biographie de son père, in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine -5 Les protestants, Beauchesne, 1993. — Notes d’Alain Dalançon.

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