BIRON Octave, Émile

Par Maurice Moissonnier, Christian Henrisey

Né le 19 août 1876 à Avignon (Vaucluse), mort le 28 avril 1951 ; commis des PTT. Secrétaire de l’Association générale des agents à Lyon, lors des grèves postales de 1909 ; conseiller municipal socialiste et maire adjoint de Lyon en 1919-1925, conseiller général SFIO du Rhône (1914-1931).

Fils de Antoine Émile Biron et de Honorine Thérèse Cabrol. Surnuméraire des Postes à Marseille en octobre 1894, il s’engagea volontairement pour 3 ans, le 2 septembre 1895 au 4e régiment d’Infanterie de marine à la mairie du 2e arrondissement de Paris, il arrivait au corps, à Toulon, le 8 septembre 1895. Soldat de 1re classe le 16 juin 1896, passé au 13e régiment d’Infanterie de marine le 25 juin 1896, il fut affecté au Bataillon de la Réunion le 1er août 1896. Il effectua alors un temps de service enregistré : « campagne à Madagascar en guerre » du 25 juin 1896 au 12 août 1898. Envoyé en disponibilité le 25 août 1898 avec un certificat de bonne conduite, il fut « affecté spécial à la télégraphie militaire » dans la réserve de la 14e région militaire.
Commis des PTT à Lyon-Perrache à partir 25 janvier 1899, le tableau d’avancement de grade des « commis ordinaires » pour l’année 1907 le place au 2471e rang sur 2928… Est-ce le reflet sanction de son militantisme ? Il fut en effet délégué de son département aux congrès de l’Association générale (AG) des agents des PTT en 1906, 1907, 1908 et 1909. Puis, il prit part activement à Lyon, en tant que secrétaire de l’AG, aux grèves postales de mars et mai 1909. Enfin sa fiche matricule militaire mentionnait « révoqué le 13 mai 1909 ». Le 14 mai, à Paris, il intervint au meeting des grévistes parisiens, tenu à l’Hippodrome, pour fustiger longuement l’attitude du secrétaire d’État aux PTT, Simyan, « bien connu des Lyonnais ». Il concluait son discours en affirmant : « le prolétariat postal conquerra ses libertés ». Il n’était pas réintégré en octobre 1909 date à laquelle les autorités militaires l’enregistrèrent : « agent commercial en résidence à Toulouse ».
Réintégré le 13 septembre 1910 comme commis des postes à Valence (Drôme), il fut réaffecté à Lyon le 5 juin 1913.
Militant socialiste lyonnais, il fut élu le 21 juin 1914 conseiller général du 10e canton de Lyon qui venait d’être créé. Il fut réélu dans ce canton en 1925. Il était président de la commission départementale du conseil général du Rhône, quand il fut désigné par la SFIO, candidat à une élection sénatoriale partielle le 3 mai 1931. Il obtint 198 voix sur 799 suffrages exprimés et se désista au second tour pour le candidat radical Émile Bender, qui fut élu. Il ne fut pas élu lors du renouvellement cantonal d’octobre 1931. Adjoint socialiste du VIIe arrondissement au maire de Lyon Édouard Herriot depuis le 30 novembre 1919, et entra en conflit en février 1920 avec le groupe socialiste au conseil municipal qui refusait une augmentation des tarifs des transports en commun. Il démissionna, solidaire d’Herriot, avec deux autres adjoints socialistes Emmanuel Lévy et Marro. Tandis que le socialiste Cuminal assurait l’intérim du maire. Le 18 mars Herriot fut réélu et Biron reprit son poste d’adjoint qu’il conserva jusqu’au 3 mai 1925. Exclu momentanément de la SFIO, il adhéra au cercle Jean-Jaurès présidé par Marius Moutet, qui groupait alors dans cet organisme tous les éléments réformistes, décidés à refuser l’adhésion à la IIIe Internationale.
Il fit partie des 14 « camarades » grévistes, croqués par leur collègue [Denis Morer], pour une série de 14 cartes postales intitulées « Grève des PTT », éditées et vendues en 1909, en soutien aux quelques 700 postiers révoqués à la suite de la grève du mois de mai.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100217, notice BIRON Octave, Émile par Maurice Moissonnier, Christian Henrisey, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 10 février 2021.

Par Maurice Moissonnier, Christian Henrisey

SOURCES : Fiche matricule militaire 1616, classe 1894, canton d’Avignon Sud, Vaucluse.Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit. — Le Progrès, mars-avril 1920. — Renseignements fournis par la mairie de Lyon le 21 octobre 1980. — Annexe au Bulletin mensuel des Postes et Télégraphes, année 1907, p. 326. — L’Humanité, 15 mai 1909. — Bulletin de l’AG des agents, 1906-1909. – Circulaire du Comité de secours des PTT, novembre 1909 - Délibérations du Conseil général du Rhône, 1914, 1925 – Hubert Rouger, Encyclopédie socialiste, Les fédérations socialistes, vol 2, 1921, pp. 509-510. – Le Salut public, journal de Lyon, 17 février 1920. — Le Populaire, 6 avril, 4 mai 1931.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, p. 509.

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