ANCIER Charles [AKOUN Charles Chaloum, dit]

Par Gilles Morin, Nadia Ténine-Michel

Né le 10 juillet 1906 à Alger (Algérie), mort le 6 juin 1991 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ; avocat ; militant socialiste d’Alger, de la Seine-et-Oise, puis de Paris ; secrétaire adjoint de la fédération SFIO d’Algérie de 1932 à 1937 ; membre du bureau fédéral du PSU de la Seine.

Né dans une famille juive d’Algérie, Charles Ancier était fils d’Isaac Akoun et Esther Milloul, avocat à la Cour d’appel de Paris. Charles Akoun prêta serment d’avocat à Alger en 1929. Membre de la SFIO depuis 1923, il fut secrétaire adjoint de la fédération d’Algérie de 1932 à 1937, chargé de la propagande, et appartint à la commission coloniale de la SFIO de 1936 à 1939. Il dénonça "l’Algérie et les décrets lois" dans le Populaire du 24 novembre 1935. Le 3 janvier 1936, il présida le meeting antifasciste du cinéma mondial à Alger. Il fut délégué de la fédération d’Alger au Conseil national de novembre 1936. Il devint durant cette période avocat du Populaire. De février 1937 à février 1938, il fut encore rédacteur politique à Radio - Cité. Il vint s’installer à Paris et s’inscrivit à ce barreau le 26 avril 1938.

Bien que réformé depuis 1930 pour maladie (il avait été incorporé en octobre 1929 à Lyon), Ancier s’engagea en 1939 pour toute la durée de la guerre. Il quitta la France le 17 juin 1940, pour rejoindre les Forces françaises libres dans lesquelles il s’engagea sous le nom d’Ancier. Il fit la campagne d’Afrique et fut décoré de la croix de guerre 1940 - 1945 avec trois citations, de la médaille coloniale avec l’agrafe Libye et de la croix du combattant volontaire. Il fut fait chevalier de la Légion d’Honneur, le 14 avril 1945, et démobilisé avec le grade de lieutenant en juillet suivant.

Après la Libération, Ancier milita tout d’abord dans la banlieue en Seine-et-Oise. Il devint membre de la commission exécutive de la fédération SFIO de Seine-et-Oise en 1945 et en mai 1952 et était toujours membre de sa commission administrative lorsque sa candidature fut envisagée aux élections pour le Conseil de la République, après l’invalidation par le Sénat du communiste Auguste Chrétienne. Il devait être placé en deuxième position, derrière Pierre Commin - qui fut élu. Cette candidature fut refusée car il se présentait sous son nom de Résistance d’Ancier. Or, s’il avait déposé un dossier pour changement de nom et avait reçu un avis favorable du Conseil d’État le 24 mai 1949, il n’avait pas versé les droits de sceau (45 000 francs de l’époque). Le ministère de l’Intérieur estima donc qu’il ne pouvait pas se présenter sous ce nom et la fédération renonça à sa candidature. La liste fut complétée par Pierre Guérin, en dernière position. Il fut candidat sans succès au comité directeur lors des congrès de 1948, 1950 et 1952.

Charles Ancier membre de la 16e section de Paris dès 1952, pendant la guerre d’Algérie prit position contre la politique du gouvernement de Front républicain. Minoritaire depuis 1956, il fut signataire de la motion Depreux acceptant le principe de l’Indépendance au congrès de Toulouse, en juin 1957. Il fut par la suite membre du PSA puis du PSU. Délégué au congrès de Montrouge du PSA pour la fédération de la Seine en 1959 (il appartenait à la CEF de la Seine du PSA), il fut élu à la « délégation du congrès ». Il appartenait par ailleurs à la commission « Décolonisation et coopération ». Il fut candidat aux élections sénatoriales du 16 avril 1959 sur la liste présentée par l’Union des Forces démocratiques. Au PSU, il appartint à la Commission exécutive de l’Union départementale de la Seine en 1960 et au bureau fédéral de Paris en juillet 1961. Il figurait comme orateur du PSU en mai 1960.

Ancier qui s’était toujours présenté comme fidèle au marxisme fut membre du courant de Jean Poperen, il assista celui-ci lors de sa comparution devant la Commission nationale des conflits du PSU en décembre 1967.

Divorcé et remarié en 1939, il était père d’une fille née à Alger en 1937, qui vivait avec lui en 1952.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10041, notice ANCIER Charles [AKOUN Charles Chaloum, dit] par Gilles Morin, Nadia Ténine-Michel, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 27 mars 2010.

Par Gilles Morin, Nadia Ténine-Michel

SOURCES : Archives PPo., dossier Ancier, RG 318010. — Archives départementales de Seine-et-Oise et Yvelines : 1 W 951, 1104 W 134 et 138. — Alger socialiste, 10 janvier, 10 juillet et 24 octobre 1936. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 35 et 50. — Bulletin fédéral SFIO de Seine-et-Oise 1945. — Tribune socialiste, 4 juin 1960, 11 janvier 1968. — Arch. A. Seurat.

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