ANDRÉ Alix [née COUEDOU Suzy, Alix]

Par Jean-Claude Lahaxe

Née le 4 novembre 1911 à Martigues (Bouches-du-Rhône), morte le 20 juin 2001 à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) ; ouvrière du textile ; secrétaire générale du syndicat CGT du textile ; membre du comité de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône.

La mère d’Alix Couedou exerçait le métier de repasseuse. Après avoir eu des activités artistiques dans un théâtre parisien, son père, Joseph, revint à Martigues pour y fonder le journal L’Echo de Martigues. Le couple donna naissance à deux enfants. Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, Alix Couedou poursuivit sa scolarité pendant deux ans au cours supérieur. Elle exerça par la suite divers métiers : apprêteuse dans l’industrie textile, femme de ménage, comptable à la SNCF. Le 2 mars 1932, à Marseille, elle épousa Pierre André. Alix André adhéra à la CGT en septembre 1937, devenant secrétaire générale du syndicat CGT des teinturières-blanchisseuses en novembre de la même année. Toujours en 1937, elle devint membre des AUS (Amis de l’Union soviétique) et du SPF (Secours populaire français). Elle rejoignit le Parti communiste en avril 1938.
Recherchée par la Gestapo, Alix André se replia sur Langogne où elle participa à la fabrication de faux papiers en compagnie de maître Grasset, un notaire qui appartenait à un mouvement de Résistance gaulliste. Après avoir aidé ce dernier à s’évader, elle gagna Lyon en compagnie de son époux Pierre. Alix André reprit contact avec le PCF en novembre 1941. Elle devint agent de liaison sous le pseudonyme de Jeanne en 1942, puis de Alix. Avec son mari, elle participa à la libération de Lyon.
Élue conseillère municipale sous l’étiquette CGT sur la liste résistante lors des élections municipales du 29 avril 1945, Alix André figura ensuite sur la liste d’Union républicaine et résistante présentée par le Parti communiste lors des élections municipales du 8 décembre 1946. Membre de la commission exécutive fédérale à partir de 1946, elle suivit, du 20 janvier au 15 février 1947, la formation dispensée par l’école centrale des cadres fédéraux. Elle participa aux actions engagées en novembre 1947. L’année suivante, Alix André accéda au conseil fédéral et fut candidate lors des élections prud’homales du 14 novembre. Elle fut présentée, sans succès, par le PCF dans la première circonscription de Marseille lors des élections législatives de juin 1951. Elle retrouva par contre son poste de conseillère prud’homme en février 1957. À cette époque, son époux militait au syndicat des transports marseillais tout en s’occupant de la gestion de la pompe à essence de l’Union départementale CGT.
Durant les années cinquante, Alix André demeura secrétaire du syndicat du textile, membre du bureau jusqu’en 1964 et du secrétariat de l’union départementale CGT jusqu’en 1962, elle siégea ensuite à la commission exécutive jusqu’au début des années 1970. Durant cette période, elle fut membre sans interruption du comité fédéral communiste des Bouches-du-Rhône. Responsable des femmes travailleuses, elle était devenue permanente. En avril 1954, elle avait reçu l’autorisation du secrétariat du PCF d’effectuer un voyage en Pologne.
Alix André se retira peu après à Saint-Michel de l’Observatoire dans les Alpes de Hautes-Provence. Elle ne mit pas fin pour autant à ses activités militantes puisqu’elle revenait régulièrement à Marseille pour servir de conseillère juridique aux travailleurs retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10046, notice ANDRÉ Alix [née COUEDOU Suzy, Alix] par Jean-Claude Lahaxe, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 18 octobre 2010.

Par Jean-Claude Lahaxe

ŒUVRE : Articles dans le Midi syndicaliste, notamment sur « Les femmes dans le mouvement syndical » (3 août 1945).

SOURCES : Arch. comité national du PCF et de la fédération des Bouches-du-Rhône. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 148 W 302, notes du 1er mai 1948 et du 2 mai 1952. — Arch. com. Marseille, n° 454 W 92. — La Marseillaise, 1949-1961. — Rouge-Midi, 21, 30 avril 1945. — Le Midi syndicaliste, n° 97 du 6 juillet 1946. — Si 47 m’était conté, Plaquette collective éditée par l’association Mémoires vivantes des 15e et 16e arrondissements de Marseille, 1997, page 22. — Témoignage de Jacques André, fils d’André Alix, 29 août 2003. — Notes de Slava Liszek. — État civil de Martigues.

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