BOIVIN Pierre

Né et mort à Paris : 28 avril 1906 — 12 août 1937 ; professeur ; militant socialiste.

P. Boivin était le fils d’Henri Boivin mort à Sceaux le 23 octobre 1951, compagnon et ami de Charles Péguy. Il fit ses études aux lycées d’Orléans et Lakanal puis en hypokhâgne et khâgne au lycée Louis-le-Grand (1923-1924). Il entra à l’École normale supérieure reçu 3e en 1925. Il fut reçu à l’agrégation de philosophie en 1929, 3e également. Marié, père d’un fils Jean-Loup, il fut professeur au lycée Vendôme (1931), à celui de Béziers (1932-1935), au lycée de Laon (1935) puis de Charlemagne (1936).

À Paris, il avait appartenu au groupe d’Études socialistes des Écoles normales supérieures, adhéra « la 5e section du Parti SFIO et aux Étudiants socialistes dont il fut secrétaire parisien et fut rédacteur en chef de L’Étudiant Socialiste.

Boursier de la Coopération, il fit un voyage d’études aux coopératives du Jura français à Saint-Claude et du Jura suisse à La Chaux-de-Fonds.

Il fut un des onze de la Révolution Constructive, titre adopté après referendum parmi les membres au début de 1932 et suggéré par G. Valois, premier éditeur, de Révolution Constructive, livre manifeste paru en mai 1932, qui se voulait « point de départ d’un effort de rénovation intellectuelle du Parti socialiste » (Le Mouvement Social, op. cit., p. 74). Le groupe initial des onze comprenait Pierre Boivin, Suzanne et Maurice Deixonne, les docteurs Jacques Godard et Ignace Cohen (Kohen), Max Grignon, Jean Itard, Claude Lévi-Strauss, Robert Marjolin, Émilie et Georges Lefranc. Trois noms seulement, par nécessités de l’édition, figurèrent sur la couverture de l’ouvrage, ceux de P. Boivin, de M. Deixonne et celui de G. Lefranc mais, a écrit ce dernier, ce fut « une œuvre collective » et « nous avons été onze à la concevoir, à l’écrire et à la réviser, dans une même communauté d’aspirations et de sentiments ». P. Boivin avait rédigé les chapitres sur l’expérience russe et sur l’action syndicale.

P. Boivin, qui avait été un des fondateurs du syndicat CGT des second et troisième degrés et candidat aux élections législatives dans la 1re circonscription du Ve arr. (Sorbonne — Jardin des Plantes) obtint 695 voix (5,6 % des 12 305 inscrits) sur 10 839 votants contre le député sortant et réélu Raoul Brandon, républicain socialiste. À Béziers, il fut, avec G. Lefranc, un des fondateurs du Collège du Travail. Il rédigea le cours de Philosophie par correspondance, collabora avec G. Lefranc à la rédaction d’un cours sur l’Histoire des doctrines sociales, fut enfin le candidat CGT au Conseil supérieur de l’Éducation nationale. Nommé à Laon, il assuma le cours oral de Philosophie du CCEO. En 1936, il devint chef adjoint du cabinet de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale de Léon Blum.

Membre du conseil fédéral de l’Hérault et du Parti socialiste SFIO en 1934-1935, il fut un des huit délégués de l’Hérault au congrès du Parti à Avignon en avril 1933 et y fit une intervention.

P. Boivin mourut à Paris en août 1937 d’un cancer dont il souffrait depuis l’automne 1936.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100796, notice BOIVIN Pierre , version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 25 mars 2012.

ŒUVRE : Outre ce qui a été noté ci-dessus, Choix d’Écrits, Paris, 1938.

SOURCES : Le Devoir socialiste, 1937. — L’Aube sociale, 1937. — Témoignage de A. Solié. — Compte rendu du congrès socialiste d’Avignon. — G. Lefranc, Essais sur les problèmes socialistes et syndicaux, Payot, Paris, 1970 et « Le courant planiste de 1933 à 1936 », Le Mouvement Social, janvier-mars 1966. — Notes de J. Raymond, Jean Sagnes et G. Lefranc.

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