BOIX Michel

Par André Balent

Michel Boix, patron boulanger à Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) en 1922 est sans doute la même personne que Michel Boix boulanger à Prades (Pyrénées-Orientales) à la fin des années 1920 et pendant les années 1930.

Michel Boix semble avoir dirigé le Parti communiste à Villefrance-de-Conflent en 1922 avec Clair Durand. Il assista au congrès de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales (Villefranche-de-Conflent, 23 septembre 1922) que présidait Garchery, conseiller municipal de Paris). Michel Boix contribua à animer les débats de ce congrès. En 1922, il distribua les cartes aux adhérents du Parti communiste de la commune de Villefranche-de-Conflent. Plus tard, Michel Boix, exclu du Parti communiste (alors qu’il résidait à Prades) adhéra au Parti socialiste SFIO. En 1932, alors que le Parti communiste pratiquait, notamment au plan électoral, la politique « classe contre classe » et refusait de se désister pour les candidats de la SFIO mieux placés que les siens au premier tour de scrutin, fut fondée à Prades, à l’occasion des élections législatives, une organisation qui s’était fixé pour but, au niveau de la circonscription de Prades, la réalisation du front unique des organisations de la classe ouvrière. De cette organisation, « l’Avant-Garde », Michel Boix fut un des principaux artisans avec Marius Fabre et Jean Font,, deux autres militants de Prades. L’Avant-Garde, avec ses cercles répartis dans plusieurs communes de la circonscription, son journal (qui portait également le nom d’Avant-Garde permit la victoire du socialiste Joseph Rous aux élections législatives de 1932. Jusqu’en décembre 1933, Michel Boix fut le directeur de l’Avant-Garde. On lui retira ces fonctions, en même temps qu’on l’exclut du « Cercle d’Avant-Garde » de Prades, à l’issue d’une crise qui secoua cette organisation. Le député SFIO Joseph Rous et Michel Boix furent les principaux protagonistes de cette crise. Ces deux militants poursuivaient des objectifs bien différents. Michel Boix, comme d’ailleurs Jean Font ou Marius Fabre, désiraient, semble-t-il, conserver à l’Avant-Garde son caractère unitaire. Joseph Rous songeait plutôt à la transformer en annexe de la SFIO pradéenne, transformation qui devint effective dès 1934. Le numéro de juin 1935 de l’Avant-Garde donne la version de Joseph Rous de la crise qui s’était produite un an et demi plus tôt. Aucune analyse politique n’en est faite. Michel Boix fait figure d’accusé. Tout est présenté comme un règlement de compte entre deux personnages, Michel Boix et Joseph Rous. Le « Cercle d’Avant-garde » de Prades aurait, en octobre 1933, demandé des explications (à propos de quoi ?) à Michel Boix. Appelé à l’assemblée générale du cercle, le 21 décembre 1933 il se serait « dérobé ». Convoqué, le 29 décembre 1933, devant un jury d’honneur du Cercle d’Avant-garde, il aurait refusé de se présenter. À cette date on lui retira ses fonctions de directeur du journal l’Avant-Garde et on l’exclut du Cercle. Le 20 mai 1935, toujours d’après le numéro de juin 1935 de l’Avant-garde il aurait frappé le député Joseph Rous qui sortait des locaux de la préfecture à Perpignan après l’avoir injurié. Marius Fabre et un conseiller municipal de Prades auraient également participé à cette agression.

D’après M. Jean Font, de Prades, fondateur de « l’Avant-Garde » avec Michel Boix, ce dernier, homme « droit et comme il faut », n’aurait pas été exclu du Cercle mais l’aurait quitté après avoir eu un différend avec Joseph Rous. Pour lui, les torts seraient plutôt du côté du député de Prades.

À une époque où le mouvement ouvrier était divisé, le principal mérite de Michel Boix fut d’impulser, avec quelques militants, pradéens, une organisation qui se proposait de réaliser très concrètement le front unique. Même au moment de la « troisième période », alors que le Parti communiste attaquait sans relâche la social-démocratie, les militants communistes locaux (Voir notamment : Roca Jean) ou les proches sympathisants du Parti communiste ne furent pas insensibles à la tentative de l’« Avant-garde » (du moins telle qu’elle subsista jusqu’en octobre-décembre 1933).

Michel Boix mourut après 1944 âgé de 47 ans (témoignage de M. Jean Font).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100797, notice BOIX Michel par André Balent, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 19 janvier 2014.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, versement du cabinet du préfet (16 septembre 1959), liasse 111 (PC et CGTU, 1921-1924), rapport du commissaire spécial de Bourg-Madame au préfet des Pyrénées-Orientales, 25 septembre 1922. — L’Avant-Garde, Prades (1932-1933, et numéro 49 de juin 1935). — Interview de M. Jean Font militant du Parti socialiste à Prades.

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