BONDUES Désiré

Par Yves Le Maner

Né le 9 février 1869 à Verlinghem (Nord), mort le 22 mars 1931 à Lille (Nord) ; ébéniste, puis propriétaire-rentier ; militant syndicaliste et socialiste ; secrétaire de l’Union départementale des syndicats du Nord, adjoint au maire de Lille.

Artisan ébéniste, Désiré Bondues milita activement au sein des organisations syndicales et socialistes lilloises dès la dernière décennie du XIXe siècle et assista à de nombreux congrès nationaux. Délégué par les groupes du POF du Petit-Ronchin et du Grand-Ronchin et par le syndicat guesdiste des ouvriers ébénistes de Lille, il assista en 1900 au congrès de Paris, salle Wagram et participa, la même année, au congrès du POF à Ivry. Représentant de la Fédération locale des syndicats ouvriers de Lille, et, avec Arbogast, de divers syndicats de métiers, il assista au XIIe congrès national corporatif — 6e de la CGT — tenu à la Bourse du Travail de Lyon en septembre 1901. Il prit part également au XVe congrès (Amiens, 1906), au XVIe (Marseille, 1908) et au XVIIIe (Le Havre, 1912). Élu secrétaire adjoint de l’Union des syndicats du Nord, lors du congrès constitutif, tenu le 22 juin 1913, Bondues joua un rôle très important à la tête du mouvement ouvrier lillois, pendant la Première Guerre mondiale.

Devenu secrétaire par intérim de l’UD après le départ de Saint-Venant à Paris, il devint également secrétaire de la Bourse du Travail et secrétaire du syndicat du Bâtiment de Lille, fonctions qu’il conserva, respectivement, jusqu’en 1921 et 1922. Secrétaire de la Fédération CGT du Bâtiment du Nord au lendemain de la guerre, il succéda à Ch. Saint-Venant comme secrétaire de l’UD après l’élection de ce dernier à la députation, en 1919, assurant l’intérim jusqu’au prochain congrès départemental. Le IVe congrès de l’UD se tint à Lille les 1er et 2 août 1920 ; candidat des majoritaires, Désiré Bondues fut battu par Henri Lauridan, candidat des minoritaires, qui bénéficia de l’hostilité de nombreux majoritaires envers Bondues qu’ils accusaient de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche de secrétaire pendant les grandes grèves de 1920. Violemment hostile aux communistes, Bondues décida, en avril 1921, d’exclure plusieurs membres du syndicat du Bâtiment de Lille, adhérant au CSR ; il appliquait ainsi les motions de Georges Dumoulin adoptées par le CCN de la CGT. Élu conseiller municipal de Lille en 1901, il fut réélu en 1919, puis en 1925, date à laquelle R. Salengro le choisit comme adjoint aux travaux publics et le chargea de l’Office public d’habitations à bon marché. Accusé de mauvaise gestion, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat en 1929, préférant se consacrer à L’UD confédérée. Membre du bureau de la Fédération socialiste du Nord jusqu’à sa mort, D. Bondues en avait été le trésorier en 1929. Il se présenta à diverses élections notamment au conseil d’arrondissement en 1919.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100864, notice BONDUES Désiré par Yves Le Maner, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 9 septembre 2022.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Nat. F7/13610 et F7/13083. — Arch. Dép. Nord, M 154/175, M 595/38A. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 2372. — Compte rendu des congrès de la CGT et du POF. — La Bataille syndicaliste, 24 juin 1913. — Le Réveil du Nord, 27 août 1929, 23 et 28 mars 1931. — Arch. Mun. de Lille, dossier individuel. — Article de M. Demouveau, « La scission de la CGT à Lille-Roubaix-Tourcoing (1920-1922) », in Revue du Nord, n° 210, juillet-septembre 1971.

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