BONIN Isidore [BONIN Louis, Isidore]

Par Madeleine Rebérioux

Né le 17 juin 1865 à Island (Yonne) ; bûcheron ; militant syndicaliste et socialiste.

Les parents d’Isidore Bonin étaient petits propriétaires à la Courcelle, hameau de la commune d’Island en pays d’Othe. Lui-même devint bûcheron à l’époque (1891-1894) où le syndicalisme connaissait chez les « gens des bois » des poussées fiévreuses, mais passagères. La forêt d’Othe cependant eut, pendant ces années, un comportement autonome sur lequel nous renseignent en partie les articles de Jobert (sous le pseudonyme de Trébo) publiés en 1894 dans Le Mandat impératif.

En tout cas, Bonin fut de ceux qui prirent à cœur la syndicalisation du milieu bûcheron dans l’Avallonais, cette « petite Suisse », mais aussi cette « petite Vendée ». Aucun socialiste sans doute ne fit plus que lui dans cette région difficile, dépourvue des traditions libre-penseuses bourguignonnes. Très bon orateur, ce « tribun dont l’éloquence rude et imagée jaillit comme une source vive d’une montagne sauvage » (G. Hervé) devint au début du siècle secrétaire du syndicat des bûcherons de Bussières-en-Avallonais. C’est à ce titre qu’il fut délégué par onze communes au 2e congrès de la fédération nationale des Bûcherons qui se tint à Nevers le 30 août 1903, puis au 3e congrès qui, sur sa proposition, se tint à Auxerre. Fort hostile aux radicaux en qui il voyait des politiciens qui avaient contribué à désorganiser à des fins électorales le syndicalisme bûcheron, il pensait, comme les guesdistes, qu’il fallait à tout prix présenter aux élections des candidatures de classe. Cela le rapprocha des groupes du Tonnerrois et à partir de janvier 1902, il collabora à leur organe, Le Paysan.

Au congrès d’unité socialiste de l’Yonne, le 18 juin 1905, il entra au comité fédéral SFIO pour y représenter la circonscription d’Avallon. Il y resta jusqu’à la guerre. Gustave Hervé eut beau insister pour que la fédération ne présente pas, aux élections législatives, de candidat contre le député radical Gallot, directeur de l’Yonne, il ne fut pas suivi. Mais le nombre de voix obtenues par Bonin fut dérisoire : 120 en 1906, 44 en 1910.

Après la guerre, Isidore Bonin opta pour la IIIe Internationale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article100909, notice BONIN Isidore [BONIN Louis, Isidore] par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Dép. Yonne III M 1/301. — Le Paysan.Le Travailleur socialiste de l’Yonne. — D. Delagneau, « Associations corporatives d’ouvriers des bois », Annuaire historique du département de l’Yonne, 1901.

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