ANGRAND Pierre, Max, Paul

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Né le 14 octobre 1906 à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 15 juillet 1990 aux Sables-d’Olonne (Vendée) ; professeur agrégé d’histoire ; militant communiste.

Fils d’un instituteur délégué du collège de Dieppe, directeur de l’école des pêches maritimes, professeur à l’école d’hydrographie, auteur d’ouvrages sur la marine marchande, décédé en 1924, Pierre Angrand, boursier, fréquenta le collège de Dieppe, obtint le baccalauréat. Élève de première supérieure au lycée Henri IV à Paris, admissible à l’École normale supérieure en 1927, il obtint une licence et un diplôme d’études supérieures d’histoire à la Sorbonne (1928). Il fut admissible à l’agrégation d’histoire à plusieurs reprises. Il l’obtint en 1937.

Pierre Angrand fut nommé professeur délégué au lycée de Bourges (Cher) en 1931. Il fit partie du petit noyau d’enseignants qui anima localement la grève du 12 février 1934 et qui créa le Comité de vigilance et d’action antifasciste le 17 juin 1934. Il se maria le 26 juin 1931 à Bourges avec Cécile Louis Joint, professeur agrégée de philosophie au lycée de jeunes filles qui partagea ses activités militantes. Ils eurent deux enfants. Angrand témoigna, le 13 décembre 1934, en faveur du dirigeant communiste de Bourges, Gaston Cornavin, accusé d’avoir menacé verbalement un commissaire spécial au cours d’une réunion publique.

Angrand et son épouse furent nommés à Reims (Marne) en 1935. Il apporta son soutien aux grèves du printemps 1936 et prit position contre la tendance « pacifiste » au CVIA. Il collabora à la revue marxiste La Pensée en 1939 et à Commune.

Angrand fut nommé professeur agrégé d’histoire au lycée d’Amiens (Somme) en 1937. Son épouse enseignait alors au lycée Jules Ferry à Paris où ils habitaient. Il fut mobilisé à l’École militaire dans l’administration du Génie (avril 1940-septembre 1940), en vue d’obtenir le grade d’officier.

Démobilisé, professeur à Paris au lycée Carnot (1940-1942) puis au lycée Rollin en 1942, Pirrre Angrand fut, sous le nom de Delpierre, un des animateurs du groupe de Résistants avec Georges Politzer, Jacques Solomon et Jacques Decourdemanche. Il rédigeait et diffusait le journal L’Université libre, l’Humanité clandestine, La Vie ouvrière. Menacé directement par l’arrestation (février 1942) de Politzer, Decour, Solomon, sauvé par leur mutisme, il reprit l’action clandestine avec Maurice Husson et s’occupa de la mise en sûreté de l’appareil technique du journal L’Université Libre. Il fut menacé d’arrestation fin mars 1943 quand Maurice Husson et ses amis furent pris et envoyés à la Santé ; il fut obligé de quitter le lycée pour se réfugier dans la clandestinité totale. Il reprit son poste en mai 1943 et continua à participer au réseau clandestin qui se développait dans l’Université (se trouve en contact avec M. Thiedot et Edmond Lablénie). Sous la direction de ce dernier, il organisa la diffusion de mots d’ordre de résistance (réunions clandestines) dans le cadre du Front National universitaire (fin juin 1944). Il participa à l’insurrection parisienne en portant aux journaux les renseignements nécessaires après l’occupation temporaire du ministre de l’Instruction publique. Il reçut la médaille de la Résistance.

Angrand quitta son établissement devenu lycée Jacques Decour pour le lycée Carnot en 1953. Membre du conseil intérieur en 1960-1961, il devint directeur de stage pour le CAPES et l’agrégation en 1964-1965.

Angrand, divorcé, se remaria le 9 juillet 1951 avec Huguette Rebour. Il signa, en mars 1980, le texte des Résistants communistes soutenant Georges Marchais.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10122, notice ANGRAND Pierre, Max, Paul par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 19 décembre 2017.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F17 29072, 72 AJ 57. — Claude Jamet, Notre Front populaire, journal d’un militant, 1934-1939, Paris, 1977. — G. Cogniot, Parti pris, op. cit.. — À Montmartre. Du collège Rollin au lycée Jacques-Decour. 1690-1867-1967, Paris, 1967, p. 74-75. — l’Humanité, 19 mars 1980. — Alb. Ouzoulias, Les Fils de la nuit, Grasset, Paris, 1975. — Témoignage de Pierre Angrand recueilli par Claude Pennetier en mai 1980.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément