ANJUBAULT André, Francis, Marcel, Claude

Par Jacques Cousin

Né le 26 mars 1923 à Saint-Aubin-du-Désert (Mayenne), mort le 7 septembre 2004 à Mayenne ; instituteur ; secrétaire général de la section de la Mayenne du SNI.

Fils d’un artisan charpentier, André Anjubault effectua ses études primaires à Saint-Aubin-du-Désert, puis fréquenta le collège de Sillé-le-Guillaume et un lycée public du Mans (Sarthe) où il obtint son baccalauréat. Toute sa carrière d’instituteur se déroula en Mayenne. Il commença par effectuer des suppléances en novembre 1946. Entré à l’École normale d’instituteurs de Laval en formation professionnelle en 1948, il fut nommé à Montsûrs en 1949, puis à Saint-Pierre-la-Cour (1950-1962) et enfin à Aron où il prit sa retraite en 1978.
Anjubault, désigné comme membre de la commission de défense laïque le 13 février 1947 bien que n’appartenant pas encore au conseil syndical, fut élu le 18 novembre 1952 sur la liste d’union présentée aux adhérents par la section mayennaise du Syndicat national des instituteurs. Chargé, par le conseil syndical, de présenter le rapport moral national lors de l’assemblée générale départementale du 24 juin 1954, il souligna notamment l’action énergique du bureau national pour lutter contre la tutelle des préfets, ainsi que sa solidarité vis-à-vis du monde ouvrier. Aux élections organisées pour le renouvellement du conseil syndical, le 22 novembre de la même année, il figurait alors sur la liste d’union regroupant les trois tendances. Réélu, il devint secrétaire de la commission pédagogique.
Le conseil syndical du 6 janvier 1955 le désigna pour représenter la section du SNI à la commission administrative de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale dont le secrétaire général était alors Jules Marcheteau. Lors de l’assemblée générale du 21 juin 1956, il vota contre le rapport moral national parce qu’il estimait que le bureau national n’avait pas mené une action syndicale assez active pour hâter la fin de la guerre d’Algérie. Il jugeait que l’on ne pouvait pas être à la fois favorable à l’émancipation en France et contre en Algérie. Réélu au conseil syndical en novembre 1956, il devint secrétaire de la commission d’éducation sociale.
Un différend à propos des statuts et de la souveraineté des assemblées générales opposa la tendance École émancipée et le secrétaire général André Quesne qui démissionna lors de l’AG du 6 juin 1957. On procéda alors à l’élection d’un nouveau secrétaire général au conseil syndical du 13 juin. Au deuxième tour de scrutin, Anjubault obtint neuf voix contre cinq à René Sauleau ; mais il refusa le poste. Après une longue discussion, il finit par accepter de travailler en doublette avec Émile Guichard comme secrétaire adjoint. Cependant, lors de la réunion du conseil syndical du 7 novembre 1957, il remit sa démission de secrétaire général en raison des difficultés qui résultaient de son éloignement de Laval.
Ses fortes positions contre la guerre d’Algérie (il reprochait notamment au bureau national de ne pas prendre sur ce sujet de positions assez radicales) pouvaient laisser croire à certains de ses collègues qu’Anjubault appartenait à la tendance de l’École émancipée. Dans son témoignage, il affirmait avoir toujours appartenu à la majorité, faisant figure, selon lui d’électron libre.
Les événements de mai 1958 provoquèrent, entre le 14 et le 23 mai, une grande effervescence dans les fédérations telles que la Fédération départementale des œuvres laïques, la Fédération départementale des comités de parents d’élèves, le comité départemental d’action laïque, et parmi les organisations syndicales ouvrières. Ferme défenseur de la démocratie, Anjubault fut à l’initiative, avec Lucien Sosson, Francis Robin, André Quesne et Jules Marcheteau de la création, le 23 mai 1958, du comité provisoire qui appelait les Mayennais à se regrouper pour constituer un futur comité de défense de la République et s’opposer à toute tentative de prise de pouvoir personnel.
En 1959, Anjubault fut réélu au conseil syndical sur la liste unique regroupant les trois tendances, travailla au sein de la commission d’action laïque et conserva le secrétariat de la commission d’action sociale. Au conseil syndical du 22 octobre 1959, il fit adopter à l’unanimité une motion contre la bombe atomique française qui fut adressée à tous les parlementaires mayennais.
André Anjubault participa, en 1960, à la création du comité départemental de défense des objecteurs de conscience, étendu ensuite à tout le mouvement pacifiste (contre la guerre, contre le nucléaire...). La même année, il réclama, en assemblée générale de la section départementale, une tribune libre sur le problème algérien dans le bulletin La Voix syndicale. Se jugeant trop éloigné de Laval, il démissionna par lettre de sa charge de correspondant du canton de Mayenne et décida de ne pas se représenter au conseil syndical.
Cependant, en mars 1965, la tendance École émancipée décida de présenter sa propre liste face aux deux autres tendances réunies. Elle obtint cinq sièges sur vingt-cinq à pourvoir. Anjubault figurait sur la liste en candidat de soutien en 18e position.
Lors du renouvellement du conseil syndical en mars 1967, chacune des trois tendances présenta sa propre liste et son propre programme. L’École émancipée n’obtint que trois des vingt-cinq sièges à pourvoir. André Anjubault se trouvait à nouveau sur la liste en 13e position.
André Anjubault, retraité, a habité Mayenne jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10127, notice ANJUBAULT André, Francis, Marcel, Claude par Jacques Cousin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 21 décembre 2017.

Par Jacques Cousin

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne. — Presse syndicale. — Arch. du SE (Syndicat des enseignants). — Renseignements fournis par l’intéressé.

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