BLAIRET Pierre, Paul dit « Pierrot »

Par Pierre Vincent, complété par Bernard Thiery

Né le 9 décembre 1930 à Verdun (Meuse), mort le 8 janvier 2019 à Verdun ; ouvrier puis agent d’exploitation à la SNCF ; militant à la CGT ; militant communiste à partir de 1956, secrétaire de la section de Verdun, membre du bureau puis du secrétariat fédéral du PCF de la Meuse (1959-1961) ; militant associatif.

Pierre Blairet
Pierre Blairet

Pierre Blairet était fils et petit-fils de cheminot. De son premier mariage en février 1960 à Verdun avec Paulette, morte en 1968, sont nés une fille et Charles qui eut quatre enfants et cinq petits-enfants. En juin 1983 à Étain (Meuse), Pierre Blairet épousa Simone (décédée en 2007). Les « Blairet » forment une véritable dynastie de cheminots. Son grand-père était chef de gare dans une compagnie privée. Le père Alexandre travailla en gare de Verdun et militait à la CGTU puis à la CGT. Un rond-point porte son nom dans la commune de Belleville (Meuse), en hommage au conseiller juridique syndical qu’il fut. Pierre Blairet devint donc cheminot sur le site de Verdun ; après son certificat d’études primaires, il entra à l’âge de quatorze ans et demi comme apprenti au dépôt de la SNCF de la gare de Verdun où il obtint le CAP d’ajusteur. Il fut ensuite dirigé vers l’école supérieure de la SNCF. Ceux qui en sortaient étaient généralement nommés chefs de dépôt, ingénieurs ou cadres. Pas lui. Il se syndiqua à la CGT le 1er mai 1947. Il fit son service militaire en RFA d’octobre 1951 à octobre 1952. Il fut affecté à la gare de Verdun en 1953 et y acheva sa carrière en décembre 1985. Après le démantèlement du dépôt, il fut détaché au service Voies et Bâtiments puis à celui de l’Exploitation où il fut délégué à la sécurité. Il prit des responsabilités syndicales dès 1953, chez les cheminots mais aussi dans le mouvement interprofessionnel, à l’Union locale et à l’Union départementale. Il fut délégué aussi bien au comité mixte qu’au personnel et même au comité d’entreprise à la fin de sa carrière. Il fut aussi administrateur de la mutuelle des cheminots de la région de Metz. Après son départ en retraite, il devint secrétaire adjoint du syndicat des cheminots retraités de Verdun. Ayant adhéré au PCF le 2 janvier 1956, Pierre Blairet fut successivement, de 1957 à 1965, secrétaire de sa section à Verdun et membre du bureau puis du secrétariat fédéral du PCF de la Meuse. De 1956 à 1958, il fut le secrétaire à titre bénévole du député communiste de la Meuse André Savard puis secrétaire fédéral du PCF de la Meuse de 1959 à 1961. En 1961, il ne fut pas réélu au secrétariat fédéral mais resta au bureau fédéral jusqu’en mai 1964 et au comité fédéral jusqu’en janvier 1970. Il fut également candidat sans succès pour le PCF, aux élections municipales de mars 1965 à Verdun. Aux cantonales de septembre-octobre 1967, il obtint 20 % des voix face au ministre d’État du général de Gaulle, Louis Jacquinot. Pierre Blairet était un homme à multiples facettes. Sensible aux questions d’éducation, il devint délégué départemental de l’Éducation nationale. Il fut nommé chevalier des Palmes académiques. Sportif, il fut de 1955 à 1972, secrétaire de la société de gymnastique Persévérance-Avant-garde Verdunoise. Passionné par le cirque, il fut, en 1972, avec André Bister, Robert Bister et Georges Miltg, fondateur de l’école de cirque Persé-Circus à Thierville (arrondissement de Verdun). Secrétaire-trésorier depuis 1972, il l’était encore en 2001. Étant vraiment de la partie - il se fit acrobate, funambule, clown, magicien - il obtint les médailles de bronze et d’argent de la Jeunesse et des sports. Malvoyant, Il continua de militer notamment pour la création du Groupe d’entraide mutuelle (GEM) en Meuse, association d’usagers de la santé mentale. Il fut membre de son conseil d’administration départemental. Il fut également membre actif de l’association handisport d’Étain (Meuse) et participa notamment à l’organisation des olympiades du handicap en Meuse. En 1977, avec Pierre Mercurat, il fut à l’initiative de la création de l’association de défense de la gare de Verdun et de la ligne 5, de Metz à Châlons-sur-Marne (commune devenue Châlons-en-Champagne, département de la Marne) à Metz via Verdun. Il se mobilisa aussi pour la gare de Conflans-Jarny dans la commune de Conflans-Jarnisy (Meurthe-et-Moselle). Conservateur d’archives (coupures de presse, tracts, photos), Pierre Blairet constitua une soixantaine d’albums qui sont une mine de renseignements sur les luttes des cheminots de Verdun et plus généralement sur les problèmes sociaux de la région. En 1971, il écrivit une brochure éditée par le syndicat des cheminot CGT préfacée par Léon Mauvais de la CGT, Les cheminots de Verdun face au démembrement de la SNCF, (99 p.). En avril 1998, dans la collection « Ma Vie est mon métier », dirigée par Alphonse Boudard aux éditions du Rocher, parut Cheminot, en collaboration avec Alain-Gilles Minella (226 p.). Le 1er mai 2012, Bernard Thibault, secrétaire confédéral de la CGT lui remit une médaille en reconnaissance de ses 65 ans de syndicalisme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1015, notice BLAIRET Pierre, Paul dit « Pierrot » par Pierre Vincent, complété par Bernard Thiery, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 19 octobre 2020.

Par Pierre Vincent, complété par Bernard Thiery

Pierre Blairet
Pierre Blairet

SOURCES : Arch. comité national du PCF, comités fédéraux du PCF. — Est-Républicain, 1er juin 1980, 2 avril 1984, 11 janvier 1986, 9 avril 1989. — Renseignements communiqués par Pierre Blairet. — État civil de Verdun.
Mise à jour 15 octobre 2020 : Est-Républicain du 10 janvier 2019 ; Hommage rendu à Pierre Blairet le 11 janvier 2015 au cimetière de Verdun, intervention d’André Sonzogni, intervention de Michel Caille et de Michel Lefebvre, intervention de Jocelyne Casavecchia, interview d’André Sonzogni.

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