BOUIS André, Julien, Marcel

Par Jacques Girault

Né le 23 septembre 1894 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort à la Motte (Var), le 23 février 1956 ; viticulteur ; maire de La Motte (1925-1941, 1944-1956) ; président de la Chambre d’Agriculture du Var et de la Fédération des exploitants agricoles du Var.

Fils d’un assureur, indiqué "rentier" sur les, registres d’état civi, Bouis, après des études au lycée de Toulon (Var), obtint le baccalauréat. Il passa sa licence de droit à la Faculté de Droit de Paris et combattit, pendant toute la guerre, dans l’infanterie avec le grade de lieutenant. Après la guerre, à Paris jusqu’en 1923, il passa des examens pour le doctorat de sciences politiques et économiques. Il collabora à Paris-Midi, journal alors dirigé par son oncle et à L’œuvre, dans la rubrique internationale. Membre de mouvements de jeunesse pour la paix internationale, il effectua des tournées de propagande en Allemagne et dans les pays scandinaves. Il collabora en outre à des revues (La Grande Revue, L’Opinion) et publia un ouvrage avec de Florian. Il envoyait aussi au Petit Var une « chronique parisienne ».

Marié à Toulon en décembre 1914, père de trois enfants, Bouis en 1923 s’installa à La Motte à la tête du domaine de la Serre. Il assura jusqu’en 1939 la chronique agricole du Petit Var.

Bouis fut élu conseiller municipal de La Motte le 24 mai 1925 sur la « liste d’union républicaine socialiste » avec 149 voix sur 206 inscrits. Il devint maire le 31 mai et la préfecture le classait parmi les « républicains socialistes ». Réélu le 5 mai 1929, la préfecture le classait alors parmi les membres de la SFIO. Il n’avait pas été membre du Parti mais avait de solides amitiés parmi les élus socialistes SFIO, puis membres du Parti socialiste de France à partir de 1933. Il fut réélu le 5 mai 1935 avec 145 voix sur 192 inscrits.

Ancien adhérent du « Sillon », Bouis fut longtemps membre de la Jeune République.

Son activité s’exerçait surtout dans les milieux agricoles. Il était au début des années 1930 membre des conseils d’administration de la Confédération générale des vignerons, du syndicat des Vignerons du Var (il en devint le vice-président), de la Chambre d’agriculture. Il devait devenir le président de la Chambre d’agriculture et de la société d’agriculture, de commerce et d’industrie du Var en 1939. Il était aussi secrétaire général de la Fédération des associations syndicales forestières des Maures et de l’Estérel et membre du conseil d’administration de la Caisse départementale des assurances sociales. Fait significatif de ses options de gauche, lors d’une grève des vendangeurs en septembre 1938 à Solliès-Pont les patrons le récusèrent comme arbitre.

Mobilisé au début de la guerre, Bouis, attaqué par la légion, démissionna avec son conseil, le 30 janvier 1942. En contact avec les milieux de la Résistance, il accepta, en mars 1942, les fonctions de syndic régional de la Corporation paysanne. Aussi, membre des MUR depuis 1943, fut-il désigné, à la Libération, pour présider le Comité départemental d’action agricole.

Le Comité départemental de Libération le rétablit dans ses fonctions de maire de La Motte au titre du MLN. Élu maire en mai 1945, réélu en octobre 1947 et en 1953, Bouis était classé alors « divers gauche » par la Fédération du Var de la SFIO.

Bouis, à son décès, était le président de la Chambre d’agriculture du Var, de l’Union départementale de la CGA, de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles du Var, de la Caisse régionale de Crédit agricole du Var, du syndicat des Vignerons du Var. Il était vice-président des Caisses départementales de mutualité sociale agricole du Var et des Caisses de mutualité (incendie, accidents, bétail, grêle) du Var.

Bouis en outre exerçait des responsabilités nationales : membre du bureau de la Fédération des associations viticoles de France et d’Algérie, du conseil d’administration de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et de l’Institut des vins de consommation courante.
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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101559, notice BOUIS André, Julien, Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 18 septembre 2020.

Par Jacques Girault

 : Arch. Dép. Var, 2 M 7 30 2, 31 1, 32 1, 33 1,35.3, 35.4 ; 13 M 12 1 ; 14 M 7 2 ; 18 M 94. — Presse locale. —Renseignements fournis par P. Bouis, fils de l’intéressé — Notes de J-M Guillon.

Le catalogue de la BNF comportait en 2020 une référence : {Mémoires d’un jeune espagnol} suivis des Lettres à Madame de la Briche et à Boissy d’Anglas, introd. et notes de André Bouis et de Jean-Pierre Claris de Florian , 1923, Lorenz

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