BOULAN Auguste, Alexandre, Léon (dit La Dent) [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Né le 5 décembre 1887 à Bouillé-Ménard (Maine-et-Loire), mort à la maison de retraite des Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) le 20 août 1964 ; ouvrier fendeur d’ardoise ; militant syndicaliste révolutionnaire et libertaire.

Auguste Boulan (dans l’Entre-deux-guerres)
Auguste Boulan (dans l’Entre-deux-guerres)
Arch. Le Vraux/Boulan

Auguste Boulan, dont le père, ardoisier, s’était installé à Trélazé (Maine-et-Loire), apprit le métier de fendeur d’ardoise. Il travaillait aux ardoisières de Trélazé (Maine-et-Loire) lorsqu’il connut, en 1904, sa première grève ardoisière qui dura sept semaines. Six ans plus tard, nouvelle grève, longue et violente : Boulan, membre du comité de grève, fut arrêté au cours d’une bagarre avec les gendarmes et condamné à deux mois de prison et 25 F d’amende. La grève ayant échoué, Boulan fut renvoyé et, un peu plus tard, s’installa artisan photographe à Trélazé.

Il avait fondé, en 1908, les « Jeunesses syndicalistes de l’Ouest » et réussi à créer des sections à Trélazé, Noyant-la-Gravoyère, Renazé (Mayenne) qui organisaient des soirées éducatives et des sorties champêtres. La section Angers-Trélazé avait un groupe théâtral. Il prit également l’initiative de créer un groupe de « pupilles » à la coopérative « La Maraîchère » de Trélazé et, pendant de nombreuses années, il en ordonna les activités éducatives et sportives.

Boulan fut en outre à l’origine du Comité de défense sociale d’Angers-Trélazé qui, de 1909 à 1914, organisa régionalement les manifestations Ferrer, les campagnes en faveur de Durand, 1909-1910, de Rousset, 1912.

Militant antimilitariste et antinataliste, Boulan fut à différentes reprises inquiété au cours des années qui précédèrent la Première Guerre mondiale.

Auguste Boulan, qui avait été exempté en 1908 pour "bronchite bacillaire, fut rappelé lors de la mobilisation générale d’août 1914 et qui fut incorporé le 20 mars 1915 au 9ème Bataillon d’infirmiers (135ème régiment d’infanterie), finira la guerre en "sursis d’appel" (février 1918) à l’usine Thevenot à Arreau dans les Pyrénées où il participera aux luttes syndicales pour la journée de 8 heures.

La paix revenue, il reprit ses activités militantes, mais avec moins d’allant. Le 30 novembre 1919, il fut élu conseiller municipal de Trélazé. En désaccord avec la majorité communiste du conseil, il démissionna le 17 janvier 1921. De tendance libertaire et avant tout antimilitariste, il eut, durant l’entre deux guerres, une activité antifasciste et pacifiste. En 1921, il avait abandonné son milieu d’ardoisier et s’était installé photographe à Trélazé.

Il finit ses jours à la maison de retraite des Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), bénéficiant partiellement de la retraite des ouvriers mineurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101594, notice BOULAN Auguste, Alexandre, Léon (dit La Dent) [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 14 mai 2020.

Par Jean Maitron, notice complétée par Rolf Dupuy

Auguste Boulan (dans l'Entre-deux-guerres)
Auguste Boulan (dans l’Entre-deux-guerres)
Arch. Le Vraux/Boulan

SOURCES : Arch. Nat. F7/13607 (anarchistes à surveiller, 1913). — Renseignements recueillis par M. Poperen auprès de l’intéressé et de ses amis. — Notes de Denis Le Vraux.

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