BOURCHET Alexandre, Jules

Par Biographie t. 11 complétée par Jacques Girault.

Né à Avignon (Vaucluse) le 11 septembre 1867, mort à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 23 octobre 1930. Ouvrier du cuivre ; militant syndicaliste, secrétaire de la Fédération du Cuivre, premier secrétaire de la Fédération des Métaux.

Fils d’un serrurier, ouvrier du cuivre, robinetier, Bourchet avait dix-neuf ans lorsqu’il s’engagea dans l’action blanquiste sous la direction d’Édouard Vaillant. Secrétaire du syndicat des travailleurs du cuivre à Lyon, il fonda la Fédération du Cuivre et en fut le secrétaire. Conseiller prud’homme, il ne négligea pas l’action politique, prit une part active au dreyfusisme, collabora au Peuple de Lyon, au Quotidien de Lyon.

Délégué au XIe congrès national corporatif — 5e de la CGT — tenu à la Bourse du Travail de Paris en septembre 1900, il y représentait divers syndicats. Il assista également au XIIe congrès, Lyon septembre 1901, et au XIIIe congrès, Montpellier, septembre 1902.

En 1900, à Paris, Bourchet s’exprima ainsi sur la grève générale : Je ne l’envisage pas " comme devant être passive [...]. Lorsque nous déclarerons la grève générale, il faudra que nous ayons le courage de descendre dans la rue ". Et il s’affirmait pour " une minorité consciente et convaincue " qui entraînera la masse (cf. c. rendu pp. 107-108).

L’année suivante, il suggéra de profiter de la grève des mineurs qui devait être déclenchée en novembre pour proclamer la grève générale. Sa proposition fut adoptée par le congrès, mais la grève des mineurs fut un échec.

Au congrès de Montpellier, septembre 1902, il présenta le rapport sur les statuts de la CGT et insista sur l’importance, dans le stade actuel du combat syndical, des Fédérations de métiers et d’industries, les Bourses du Travail, centres de l’activité sociale au lendemain de la révolution, n’ayant pas à exercer, aujourd’hui, une quelconque suprématie. Remarquable debater, il fut, avec Niel, le principal artisan de l’unité ouvrière.

Bourchet participa à la fusion en une seule des quatre Fédérations des métaux ; il en fut le premier secrétaire mais démissionna en 1904 laissant la place à Merrheim. Selon P. Monatte, le mouvement syndical ne sut pas faire à des hommes comme Bourchet et Niel la place qu’ils méritaient et il les perdit.

Bourchet s’installa alors à Marseille et poursuivit la propagande socialiste. Il participa en 1916 à l’action minoritaire contre la guerre puis, découragé, l’abandonna.

Devenu industriel, il gagna quelque argent et possédait une propriété à Carqueiranne (Var), quartier des Salettes. Il présidait le cercle de la Concorde républicaine et socialiste en 1921. Le 19 juin 1921, un banquet inaugura la tentative de regroupement des forces de gauche. André Mailloux pouvait écrire dans Le Var rouge, le 11 mai 1924, qu’il avait eu l’initiative " de la première manifestation de l’union des Rouges [...]. Socialiste révolutionnaire, il n’a pas de carte, mais il une opinion et un but ". La première action d’envergure qu’il mena fut la présidence du comité qui soutenait la candidature du mutin de la Mer Noire, Henri Alquier en mai 1922 et qui associait toutes les forces de gauche du canton. Il présida quelques mois après le comité de soutien à la candidature André Marty, baptisé " comité d’amnistie contre le Bloc national ". Cette lutte pour l’amnistie et pour le regroupement des forces socialistes et républicaines suscita un grand intérêt. Lors de la proclamation de la victoire du candidat de gauche au conseil général, en octobre 1923, il publia dans la presse une mise au point de non-candidature aux élections législatives de 1924, « Je ne fais pas de cette politique là ».

En tant que président du comité d’amnistie, Bourchet intervint au rassemblement de Saint-Raphaël, le 13 mai 1923. Lors de l’assemblée générale constitutive de la Fédération des cercles rouges à Toulon, il fut désigné comme membre du bureau provisoire. Le 14 février, lors d’une réunion avec la SFIO, il exposa le point de vue des cercles rouges et fit partie de la sous-commission d’organisation de la campagne électorale. Il collabora régulièrement à tous les numéros de l’hebdomadaire Le Var rouge en tant que secrétaire général de la Fédération des cercles rouges. Secrétaire de la Commission exécutive du comité général pour l’élection rouge, il eut un rôle central au congrès du Luc, le 9 mars 1924. Dans un premier temps, le congrès avait écarté Auguste Reynaud. Sa colère éclata. Pierre Renaudel eut un entretien avec lui. Puis, l’ancien député du Var alla voir Emile Herpe qui venait d’être désigné pour qu’il retire sa candidature.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101699, notice BOURCHET Alexandre, Jules par Biographie t. 11 complétée par Jacques Girault., version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 21 septembre 2020.

Par Biographie t. 11 complétée par Jacques Girault.

ŒUVRE : Collaboration à l’Action directe, juillet 1903, février 1905, à La Voix du Peuple (Bourchet est l’un des premiers sinon le premier à avoir usé de l’expression « Le Parti du Travail » pour désigner la CGT cf. La Voix du Peuple, 20-28 décembre 1902). — Au lendemain de la grève générale. La société future. Rapport présenté au nom de la Fédération du Cuivre au congrès de Montpellier, 1902, 16 p.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021. — Arch. Dép. Var, 3 Z 2.9 ; 3 Z 2.10. — Presse locale. — Comptes rendus des congrès. — Le Bloc des Rouges, 13 octobre 1923. — P. Monatte, Trois scissions syndicales, Paris, 1958, p. 105.

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