BOURGEOIS Georges, Albert

Né le 15 août 1905 à Paris (XXe arr.) ; militant communiste de Rouen ; secrétaire du syndicat CGT du bâtiment de Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Fils d’un employé, ouvrier couvreur de Rouen (Seine-Inférieure), frère de Roger Bourgeois, marié à Rouen (Seine-Inférieure) le 6 juin 1931 avec Geneviève Brulin.

Georges Bourgeois, inscrit aux Jeunesses communistes de Rouen depuis 1925, fut élu secrétaire en 1927 et 1928. La même année, il fut élu à la tête de la section couverture du syndicat du Bâtiment unitaire de Rouen. Il s’imposa rapidement comme le principal adjoint d’Émile Boutin. Le 20 septembre 1927, il participa à la Conférence nationale des jeunes, convoquée parallèlement au Congrès de la CGTU à Bordeaux (Gironde). Il y prit la parole pour défendre les intérêts des pupilles de l’Assistance publique, "honteusement exploités".

Membre du comité régional du PC en 1928, il effectua un long séjour en Russie ; peu après son retour à Rouen, il fut élu en décembre membre de la commission exécutive de la 19e U.R. et le 30 août 1929, secrétaire adjoint du Bâtiment unitaire. Élu secrétaire général l’année suivante, il tenta de reconstituer sans succès une puissante organisation ; découragé par son échec, sévèrement critiqué, il dut laisser la direction du syndicat au « vieux Boutin » puis à son jeune frère Roger qui dirigeait la section des Maçons.

En mai 1932, Georges Bourgeois fut candidat communiste aux élections législatives, dans la 1ère circonscription de Rouen. Avec 1208 voix, il devança le candidat socialiste Albert Morel qui obtint 804 voix, mais arriva en 3e position derrière le candidat radical socialiste arrivé en tête avec 9158 voix.

En 1936, il dirigea les pourparlers avec les confédérés et fut élu (après le congrès de fusion de Toulouse du 2 au 5 mars 1936) secrétaire adjoint du Bâtiment de Rouen.

Participant activement aux grèves de 1936, il s’imposa à la tête du syndicat l’année suivante, conserva son poste de secrétaire jusqu’à la guerre et fut secrétaire de l’Union locale de Rouen en 1938-1939.

Conseiller prud’homme de Rouen, il fut sous le coup d’une déchéance de son mandat en application du décret du 29 novembre 1939 qui excluait de cette fonction les membres des organisations interdites. A la différence de son frère Roger, qui était conseiller prud’homme à Darnétal, Georges Bourgeois se sépara officiellement du Parti au début de 1940 et n’eut pas d’activité officielle durant la guerre.

Dans une lettre du 10 mars 1940 à Georges Métayer, député-maire de Rouen, il évrivait : "Conformément à la conversation que nous avions le jeudi 29 février dans votre cabinet et en présence de M. Le Batteux 1er adjoint, et conseiller général de mon canton, j’ai l’honneur par écrit de vous faire savoir que depuis l’invasion de la Pologne par la Russie, j’ai décidé de rompre avec ceux qui en France, conservent encore des attaches avec la 3e Internationale et qui s’efforcent de justifier cette agression comme de défendre l’attaque inqualifiable dont est l’objet l’héroïque Finlande." Il était alors mobilisé dans le 403e régiment d’artillerie, dans une batterie de DCA.

Le commissaire central de Rouen considéra que cette démarche tardive était "dictée par l’intérêt" et que, s’appuyant sur les résultats d’une perquisition, Bourgeois était toujours toujours en rapport avec des communistes. Il demanda qu’il soit écarté du Conseil des prud’hommes de Rouen, mais Georges Bourgeois fut temporairement maintenu.

Mais en 1941, le commissaire ré intervint auprès du préfet, à l’occasion du retour de Georges Bourgeois à Rouen suite à sa démobilisation de son unité repliée en zone libre, pour lui dire qu’à ses yeux “il n’y a pas lieu de le maintenir au sein de la juridiction prud’homale”. Cette fois-ci, un courrier du Secrétariat d’État au travail et à la main d’œuvre, au Préfet, en date du 3 avril 1941, se termina par un ajout à propos de Georges Bourgeois : “conformément aux renseignements que vous m’avez fourni dans votre rapport du 11 mars 1941, concernant Georges Bourgois (…), je soumets à M. le Garde des Seaux (…) un projet d’arrêté relevant de ses fonctions le conseiller prud’homme en cause”. Georges Bourgeois fut donc finalement révoqué.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101776, notice BOURGEOIS Georges, Albert, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 22 juin 2018.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-Inférieure, 1 MP 242 et 1 MP 535, 1 M 313. — Arch. Mun. Rouen, 7 F 3 et 2 I 10. — Stéphane Courtois, thèse, op. cit.. — IHS CGT, Congrès — Notes de Gilles Pichavant.

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