BOURGEOIS Louis

Par Claude Pennetier

Né et mort à Charenton-du-Cher (Cher) : 23 novembre 1852-1er septembre 1948 ; cordonnier ; militant pendant plus de soixante-dix ans des organisations socialistes puis communistes du sud du Cher ; maire de Charenton.

Louis Bourgeois était originaire d’une famille de l’Est de la France qui vint travailler aux Forges du Cher, vers 1805. Bourgeois devint cordonnier à Charenton. À quinze ans, il avait été influencé par un instituteur républicain avancé, et à dix-sept ans, il était partisan actif de Girault « un rouge à l’époque ». Membre d’un groupe républicain, il adhéra ensuite au CRC puis au PSR jusqu’à la réunification des organisations socialistes du Cher qui n’eut lieu qu’en 1906. Bourgeois fut membre du conseil municipal de Charenton de 1896 à 1900. Avec P. Hervier, il fonda les premiers syndicats carriers et bûcherons dans le sud du département. Coopérateur, il fut, avec Hervier, le fondateur de la « Tempérance », et il créa en 1897, la Société de secours mutuels de Charenton de la SFIO du Cher. Pendant la Première Guerre mondiale, le groupe de Charenton, unanime, approuva la politique d’union sacrée, mais un renversement de tendance eut lieu en 1919-1920, vraisemblablement avec l’adhésion de jeunes de retour du front, et le groupe entier, avec Bourgeois, adhéra au Parti communiste. Louis Bourgeois, candidat au conseil général à Charenton en juillet 1925, obtint au premier tour, 13,9 % des suffrages des électeurs inscrits et 26,6 % des suffrages exprimés. La même année, il fut élu conseiller municipal. En novembre 1928, à l’occasion d’élections municipales partielles, la liste Bloc ouvrier et paysan devint majoritaire au sein du conseil avec 15 sièges sur 16, et Bourgeois qui avait alors 78 ans, fut élu maire. La liste communiste fut battue aux élections de 1929. Louis Bourgeois acceptait mal la tactique électorale du Parti communiste et, au deuxième tour des élections cantonales d’octobre 1931, il fut favorable au désistement du communiste Télesphort en faveur du candidat socialiste. La cellule de Charenton partagea son point de vue et Télesphort refusa de se présenter au deuxième tour. Après une intervention du Bureau régional, les communistes de Charenton durent faire leur autocritique.

En décembre 1937, la cellule de Charenton fêta en présence de Louis Gatignon, secrétaire régional, et de Pierre Hervier « les 85 ans du père Bourgeois »... « et ses 70 ans de militantisme ». L’Émancipateur, hebdomadaire communiste régional, se glorifiait du passé de ce vieux militant : « Quel autre parti peut apporter une telle image, ces trois générations : celle de Bourgeois, celle de l’après-guerre, celle de nos jeunesses d’aujourd’hui ? » écrivait L. Gatignon dans le numéro du 24 décembre 1937.

Louis Bourgeois mourut le 1er septembre 1948 à l’âge de 96 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101780, notice BOURGEOIS Louis par Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 13 janvier 2022.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Cher, 25 M, 23 M 36. — L’Émancipateur, 1919-1937. — Claude Pennetier, thèse, op. cit.

ICONOGRAPHIE : Photographie dans L’Émancipateur, 24 décembre 1937.

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