BOUVARD Stéphanie

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Née le 27 mai 1872 à Lyon (Rhône), morte le 16 Juillet 1956 à Argenteuil (Val-d’Oise) ; fleuriste plumassière ; syndicaliste CGT de l’Habillement à Paris ; militante socialiste et féministe ; opposante à la Première Guerre mondiale.

Fille de la féministe et syndicaliste A. Bouvard (voir Dictionnaire, t. 11), Stéphanie Bouvard participa avec sa mère et sa sœur Marguerite à la création du syndicat des fleuristes-plumassières en 1896 (La Fronde, 11 novembre 1898). Elle fut membre du comité d’organisation du Congrès international des droits et de la condition des femmes, tenu à Paris du 5 au 8 septembre 1900.

Elle écrivit des articles dans L’Ouvrier de l’Habillement, notamment en janvier 1906 et août 1908. Dans ce dernier numéro, elle indiqua qu’elle était alors directrice de "La Fleur de Paris".

Elle suivit, en 1915, Louise Saumoneau qui, hostile au groupe féministe socialiste partisan de l’Union sacrée, avait créé un Comité d’action féminine pour la paix contre le chauvinisme, avec notamment Louise Couteaudier. Cette organisation participa à une conférence internationale socialiste des femmes, tenue à Berne à l’initiative de Clara Zetkin, en mars 1915.
Stéphanie Bouvard savait se faire écouter d’un auditoire en réclamant qu’« on fasse cesser cette danse des morts ». Faisant le compte rendu d’une assemblée socialiste de la Seine, Marcel Martinet écrivait à Pierre Monatte le 8 novembre 1915 : « Bouvard, la conseillère prud’homme, s’amène parler de ce qu’ont fait les femmes, de Saumoneau, et qu’à notre honte les bourgeoises de Berne ont plus fait que les femmes socialistes. Merr(heim), R(osmer) aussi m’avaient prévenu contre elle. Mais en tout cas aujourd’hui, extrêmement émue, elle a des paroles émouvantes et justes, et fait une bonne impression. » (Les Archives de Pierre Monatte, op. cit. p. 197). Un rapport de police du 11 décembre 1915 la présentait comme membre de la 2e section du Parti socialiste et gérante de la coopérative socialiste « La Solidarité » (73 rue Dulong, Paris XVIIe).

Militante du Comité pour la reprise des relations internationales, elle était en 1916 membre de sa commission. Elle y côtoya des militantes comme Hélène Brion et Léonie Kauffmann.

En 1924, Stéphanie Bouvard était membre du comité exécutif des Femmes socialistes (SFIO).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102035, notice BOUVARD Stéphanie par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 11 septembre 2016, dernière modification le 3 juillet 2020.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/12891, F7/13349, F7/13374, F7/13574. — Jean Rabaut, Histoire des féminismes français, Paris, 1978, p. 268. — Les Archives de Pierre Monatte, op. cit., p. 197.— L’Ouvrier de l’Habillement, organe de la Fédération nationale d’Industrie [CGT] des travailleurs de l’Habillement de France et des Colonies, janvier 1906, août 1908 (BNF Gallica). — Notes de Louis Botella. — Julien Chuzeville, Militants contre la guerre 1914-1918, Paris, Spartacus, 2014. — Marie Videbien, Notice sur Stéphanie Bouvard dans le Dictionnaire des féministes (en ligne).

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